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le blog lintegral

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Cas MegaUpload : dictature numérique et guerre virtuelle

Publié par medisma sur 22 Janvier 2012, 22:27pm

Catégories : #lintegral

Vers une restriction des libertés d'expression et d'information ?

Megaupload-ferme-les-anonymous-repliquent_image_ar-copie-1.jpgJeudi  19 janvier  au soir,  sur décision de la cour de Virginie (USA), la justice américaine ordonnait la fermeture de dix-huit sites internet, dont celle du mastodonte du téléchargement illégal, Megaupload.  Accusés de "la plus grande violation de la propriété intellectuelle de tous les temps", ses fondateurs, arrêtés en Nouvelle-Zélande, risquent jusqu'à vingt ans de prison. 

 Le manque à gagner occasionné par l'existence de megaupload serait, aux dires des enquêteurs, proche de 500 millions de dollars, soit l'équivalent de 388,2 millions d'euros. Le dixième de la somme a d'ores et déjà été saisi par la justice américaine, sur des comptes bancaires originaires de Washington, de Nouvelle-Zélande ou encore du Canada. 

Le but officiel, selon un communiqué (inaccessible au moment de l'écriture de l'article, puisque le site est tombé sous une attaque DDOS des Anonymous) du bureau fédéral, est une enquête visant "une organisation criminelle internationale accusée de piratage massif de nombreuses œuvres soumises au droit d’auteur".

Toute cette histoire arrive au moment où le projet de loi SOPA-PIPA vient d'être plus ou moins enterré, et juste après un black-out de 70.000 sites web à travers le monde, ainsi qu'une prise de position contre ce projet de loi des plus importants réseaux du web : Google, Facebook, Twitter et d'autres.

 But non avoué de la manoeuvre :’ montrer qui sont les patrons’.

Car ce qui arrive là, n'est pas autre chose que l'application de ce projet de loi. Selon "Libération", "l’acte d’accusation de la justice américaine vise le fondateur de Megaupload,  Kim Schmitz (alias Kim Dotcom et Kim Tim Jim Vestor), âgé de 37 ans, qui réside à Hong Kong et en Nouvelle Zélande, où il a été arrêté par la police locale ainsi que trois autres personnes, deux Allemands (Finn Batato, responsable du marketing ; Sven Echternach, responsable du développement) et un Néerlandais (Bram van der Kolk, programmeur)."

Exactement ce que permettait la SOPA.

canardecrasepc.jpg Sans aucune preuve réelle, sans autre chose qu'un simple acte d'accusation, les USA, ou plutôt les lobbies des ayant-droits, producteurs et vendeurs de reboot à la sauvette ont eu exactement ce qu'ils voulaient : un contrôle total et absolu sur le trafic internet mondial.

Maintenant, que faire ?

 Irons-nous tous payer pour voir une pub sur internet, une bande annonce, un film, et payer le prix qu'on nous fixera ? Et  le moindre gamin qui voudra revoir son épisode de "Pokémon" parce qu'il l'aura raté, devra-t-il passer à la caisse ?

 Maintenant, les FAI (fournisseurs d'accès à internet, NLDLR), et les fournisseurs de contenus ont-ils les mains libres pour nous  menotter à nos claviers et nous obliger à payer encore et toujours plus : des services premiums, des services minimum, le simple accès à la bande passante, tout, absolument tout ?

Pas si sûr !!

Les alternatives existent

Dans les faits, la disparition de MegaUpload n’est qu’un micro phénomène. Elle ne va rien bouleverser. Un site disparait, d’autres vont apparaître....

D’autres sites  proposent en effet des fichiers en téléchargement ou en streaming.  Et bon nombre d’internautes se rabattent déjà sur ces plateformes permettant de télécharger gratuitement n'importe quel contenu en quelques minutes, notamment Zippyshare, 4shared, Rapidshare,  Mirorii,  Filesonic ou encore Fileserve  proposent exactement les mêmes services de téléchargement de fichiers légaux et illégaux.

Et le boycott est aussi à votre portée !

 Maintenant, imaginons un seul instant qu'un quart, un simple quart de la population web rende son modem, que feront-ils, ces mêmes ayant-droits ? Que feront-ils ces FAI ? C'est sur notre argent qu'ils roulent, ne l'oubliez pas, nous pouvons encore faire bouger les lignes, il faut les boycotter.

Hadopi, Loppsi, Acta, Pipa, Sopa... autant d'acronymes, autant de lois liberticides, autant de moyens de pressions et de contrôle. Il y a un mot pour cela : DICTATURE. 

Les Réactions

Au sujet de la fermeture brutale de MegaUpload, la commissaire européenne Neelie Kroes a d'ailleurs déclaré sur Twitter que « la régulation d'Internet doit être efficace, proportionnée et préserver les bénéfices d'un réseau ouvert », en faisant cette analogie : « Les excès de vitesse sont illégaux, mais on ne place pas des ralentisseurs sur une autoroute ».

arton6017-09c89.jpgGlobalement, à l'exception notable de Nicolas Sarkozy, qui a immédiatement réagi, comme à son habitude d’ailleurs  et  en pleine nuit, pour approuver sans réserve  cette action de coup de poing,  et des lobbies des industries dites « culturelles », la réprobation est unanime, au moins sur la forme.

 

Nul besoin de lois d'exception pour « réguler Internet »

Et  Pierre Col,  directeur marketing d'Antidot  d’expliquer :          

« Imaginons que demain les diffuseurs et consommateurs de fichiers contrefaits se mettent à utiliser Box, DropBox, Google Docs ou tout autre service de partage de fichiers pour échanger massivement des contrefaçons : admettrait-on que ces services puissent aussi être brutalement coupés, et pour tous leurs utilisateurs dans le monde ? Bien sûr que non !

En l'espèce, il aurait fallu conserver en état de fonctionnement les serveurs MegaUpload et en retirer tous les fichiers piratés qu'ils hébergeaient, laissant accessibles les fichiers qui étaient légalement partagés par leurs propriétaires légitimes. Et j'espère que cette douloureuse expérience fera comprendre aux utilisateurs de MegaUpload combien il est dangereux de confier ses données à un système fortement centralisé, a fortiori s'il n'a pas mis en place une politique efficace de sauvegarde des données sur un site externe sécurisé.

Les lois actuelles suffisent, nul besoin de lois d'exception pour « réguler Internet »

On notera que cette action contre MegaUpload n'a pas eu besoin des lois SOPA ou PIPA en cours de préparation aux USA, ni du traité international ACTA : ce sont les lois existantes contre la contrefaçon et les accords internationaux de coopération policière déjà en vigueur qui ont permis d'arrêter MegaUpload. Il n'est donc pas nécessaire d'aller plus loin dans des lois de contrôle d'Internet, sauf précisément si l'on veut restreindre la liberté d'expression et d'information des citoyens.

Car cette procédure brutale montre que la liberté d'expression peut être mise en danger, et je vais l'illustrer d'un exemple.  Imaginons qu'arrive au pouvoir aux USA une majorité républicaine ultra-conservatrice et que, sous l'impulsion de son aile la plus extrémiste qui croit au créationnisme, cette majorité vote une loi qui en fait un dogme intangible et interdit toute mention de la théorie de l'évolution des espèces de Darwin. Alors cette page de Wikipedia, disponible dans plus de 40 langues, deviendrait illégale aux USA, et sa diffusion tomberait sous le coup de la loi états-unienne.

Dès lors le FBI pourrait, comme il l'a fait avec MegaUpload, tenter de procéder à une saisie de tous les serveurs de Wikipedia sur le territoire des USA et même de faire arrêter les responsables de Wikipedia.

En synthèse, ma position est la suivante : les lois générales doivent être respectées par les ressortissants des pays qui les ont démocratiquement votées. Et même si nul ne doit échapper à « sa loi », l'application de la loi doit demeurer proportionnée et ne doit en aucun cas restreindre la liberté d'expression en s'appliquant « à distance » à des citoyens d'autres pays que celui qui est concerné. Ainsi la loi d'un pays A ne s'applique pas à un serveur installé dans le pays B, appartenant à une société ou à une personne du pays C et consulté par des internautes du pays D.

Riposte des Anonymous

Et Pierre Col d’ajouter :

Les Anonymous sont une vraie force qui dispose d'armes puissantes.

20_01_Anonymous_pirate_hacker_930_620_scalewidth_630.jpgAutre enseignement de cette semaine agitée, qui vient de la riposte des Anonymous, aussi vigoureuse que rapide. Quelques heures après la fermeture de MegaUpload, les sites du département américain de la Justice, du FBI, de la RIAA (industrie musicale), de la MPAA (industrie du film) et même de la HADOPI ont été l'objet d'attaques DDOS qui les rendaient inaccessibles.

J'ai découvert que ces attaques étaient menées par quelques milliers de personnes seulement : 5.000 au début de l'opération, selon les Anonymous eux-même qui ont revendiqué l'opération sur Twitter, et 27.000 au plus fort des attaques selon SoftPedia.

 Ces activistes numériques ont à leur disposition un vaste arsenal de logiciels, parmi lesquels LOIC, acronyme de Low Orbital Ion Cannon. Disponible sous Windows, il peut fonctionner sous MacOS ou Linux et il existe même pour les terminaux mobiles sous Android.

a4c249024f1bca4cFacile à installer et simple à utiliser, LOIC constitue à l'évidence un outil redoutable entre des mains plus ou moins bien intentionnées, et n'est pas à utiliser pour faire n'importe quoi : il est illégal de l'employer pour autre chose que des tests techniques de vulnérabilité d'une plateforme, et juridiquement, en France, une attaque en déni de service est une entrave au fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données et est passible d'une sanction de 5 ans d'emprisonnement et 75.000 € d'amende.

Pour autant, ce logiciel et d'autres pourraient devenir un moyen d'action pour les citoyens qui voudraient « entrer en résistance » face à un pouvoir qui abuserait de sa force pour imposer des lois arbitraires et attentatoires à la liberté. Aujourd'hui l'utilisation de LOIC est illégale en France si l'on s'en sert pour attaquer des serveurs en déni de service, tout comme l'était l'utilisation des armes par les maquisards qui, il y a 70 ans, se sont légitimement révoltés face au pouvoir de Vichy et à l'occupation allemande. La preuve est désormais faite qu'aucun site web n'est invulnérable, même les sites officiels de la première puissance mondiale.

J'ai découvert que ces attaques étaient menées par quelques milliers de personnes seulement : 5.000 au début de l'opération, selon les Anonymous eux-même qui ont revendiqué l'opération sur Twitter, et 27.000 au plus fort des attaques selon SoftPedia.

Ces activistes numériques ont à leur disposition un vaste arsenal de logiciels, parmi lesquels LOIC, acronyme de Low Orbital Ion Cannon. Disponible sous Windows, il peut fonctionner sous MacOS ou Linux et il existe même pour les terminaux mobiles sous Android.

Facile à installer et simple à utiliser, LOIC constitue à l'évidence un outil redoutable entre des mains plus ou moins bien intentionnées, et n'est pas à utiliser pour faire n'importe quoi : il est illégal de l'employer pour autre chose que des tests techniques de vulnérabilité d'une plateforme, et juridiquement, en France, une attaque en déni de service est une entrave au fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données et est passible d'une sanction de 5 ans d'emprisonnement et 75.000 € d'amende.

Pour autant, ce logiciel et d'autres pourraient devenir un moyen d'action pour les citoyens qui voudraient « entrer en résistance » face à un pouvoir qui abuserait de sa force pour imposer des lois arbitraires et attentatoires à la liberté. Aujourd'hui l'utilisation de LOIC est illégale en France si l'on s'en sert pour attaquer des serveurs en déni de service, tout comme l'était l'utilisation des armes par les maquisards qui, il y a 70 ans, se sont légitimement révoltés face au pouvoir de Vichy et à l'occupation allemande. La preuve est désormais faite qu'aucun site web n'est invulnérable, même les sites officiels de la première puissance mondiale. »

Sources : AFP / zdnet / Nouvel Obs

Anonymous Opération MegaUpload

Dans les heures qui ont suivi cette décision, plusieurs sites officiels se sont retrouvés saturés. Les sites du FBI et du ministère de la Justice américain ont notamment été bloqués, tout comme ceux de la maison de disque Universal Music et de l'association professionnelle du disque RIAA.

Cette mise hors service n’a pas tardé à être revendiquée : le collectif de hackers Anonymous a annoncé sur Twitter être derrière cette vague d’assauts informatiques. Et ce n'est que le début puisque la nouvelle n'est tombée que tardivement : d'autres collectifs européens pourraient prendre le relais, une fois les hackers américains couchés. Cette vaste opération à déjà un nom : "OpMegaupload", pour "opération Megaupload".

 

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