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Cette mine russe de diamants qui pourrait bouleverser le marché mondial

Publié par medisma sur 19 Septembre 2012, 21:29pm

Catégories : #lintegral

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Durant quarante ans, une mine de diamants de plusieurs milliards de carats existait en Russie depuis 1970 mais en secret. Les autorités du pays viennent de révéler son existence. Cette mine sibérienne multiplie par 110 les réserves mondiales de diamants, et pourrait provoquer "une révolution industrielle", selon les experts.

Le 16 septembre était un grand jour pour les scientifiques de l’institut de géologie et de minéralogie de la branche sibérienne de l’Académie russe des sciences. En effet, ils ont fait une révélation inattendue après 40 ans de silence. Roulement de tambour... suspense... une mine, recelant des milliards et des milliards de diamants susceptibles de provoquer "une révolution industrielle" dans le monde selon les experts, existe depuis des décennies.

Le gisement de Popigaï a été découvert au début des années 1970 dans une zone inhabitée de Sibérie orientale, à 400 km de la première localité, Khantiga, et à 2.000 km au nord de Krasnoïarsk, le chef-lieu de la région. Guerre froide oblige, le gisement a aussitôt été considéré comme "réserve stratégique" de l'URSS et son existence entourée du plus grand secret.

Chute d'un astéroïde il y a 35 millions d'années

L'Institut de Géologie et de Minéraux Sobolev à Novossibirsk (Sibérie) a publié cette semaine quelques rares informations concernant cette mine située dans un cratère d'un diamètre d'une centaine de kilomètres formé par la chute d'un astéroïde il y a 35 millions d'années.

Les ondes de choc de l'impact avaient transformé instantanément le graphite du sol sibérien en minuscules diamants dans un rayon d'une dizaine de km autour du point de chute. Ces diamants "industriels", qui ont généralement un diamètre de 0,5 à 2 millimètres, se présentent sous forme de graines grises, bleues ou jaunes ressemblant à de la poussière, a déclaré à l'AFP Nikolaï Pokhilenko, directeur de l'Institut Sobolev.

Multiplie par 110 les réserves mondiales de diamants

Les réserves en carats des diamants du type de Popigaï, très utilisés pour les instruments de forage et des pièces d'aéronautique, sont 110 fois supérieures aux réserves mondiales de diamants, affirment les experts de l'institut. En outre, les diamants de Popigaï sont deux fois plus résistants que les diamants industriels traditionnels, explique M. Pokhilenko.

 En effet, c’est en étudiant de près les diamants, les scientifiques russes se sont aperçus que ceux-ci étaient dotés de caractéristiques pour le moins inhabituelles. Les pierres présentent notamment une extrême dureté qui est deux fois plus importantes que celle des diamants traditionnels. Même leur structure est inédite et n'a jamais été retrouvée sur aucune autre pierre. Ces particularités font d'ailleurs penser à certains experts que l’origine de ces diamants pourrait ne pas être terrestre. De plus, la quantité de pierres contenues dans les roches est dix fois plus importante que celle des autres réserves connues. Ici, il est question de "billions de carats" (soit mille milliards de carats), souligne Nikolaï Pokhilenko.

Les experts soviétiques savaient que les diamants de Popigaï étaient donc bien plus résistants que les diamants fabriqués en usine, mais à l'époque, l'URSS "préférait construire des usines de diamants synthétiques et la mine a été laissée en l'état", raconte M. Pokhilenko.

En outre, Mettre sur le marché de véritables diamants aurait aussi mis en péril une partie de l’économie russe. D’autre part les diamants découverts en Russie présentent des caractéristiques exceptionnelles susceptibles de révolutionner l'industrie et la recherche. De quoi provoquer un "retournement total du marché des diamants", comme le souligne le directeur de l’institut à l’origine de la découverte, Nikolaï Pokhilenko.

Le gisement de Popigaï fut donc abandonné et oublié pendant près de 30 ans jusqu'à ce qu'en 2009, l'institut Sobolev décide de s'y intéresser à nouveau. Dans le chaos économique et idéologique qui a suivi le démembrement de l'URSS fin 1991, l'annonce de l'existence de la mine est passée quasiment inaperçue. A ce jour, "les 0,3% du cratère explorés donnent déjà 147 milliards de carats, alors que les réserves mondiales de diamants sont estimées à 5 milliards de carats", souligne le directeur de l'institut Sobolev.

"3.000 ans d'approvisionnement"

"Au rythme actuel d'utilisation des diamants industriels, les réserves de Popigaï correspondent à 3.000 ans d'approvisionnement" et pourraient entraîner "une révolution industrielle dans le monde", notamment dans la construction des avions et des automobiles, affirme le scientifique. "Le cratère de Popigaï peut bouleverser la situation sur le marché des diamants. Et il est impossible de dire ce que deviendraient les prix", s'inquiète Guennadi Nikitine, directeur-adjoint de Iakoutnipromalmaz, une entreprise de Iakoutie (Sibérie orientale) spécialisée dans l'industrie du diamant.

 Néanmoins, du fait de leur spécificité, ces diamants ne seront pas utilisés en joaillerie. Ils serviront plutôt à mettre au point des technologies scientifiques de pointe, où la demande en matériau de ce type va très certainement exploser. Selon les scientifiques, ceci pourrait même mener à une révolution technologique. De quoi réjouir la Russie qui a aujourd'hui le monopole sur l’approvisionnement de cette matière unique au monde.

Le hic, c’est que  l'exploration des réserves de Popigaï pourrait se révéler trop coûteuse, estiment des experts, le gisement étant situé dans une zone de permafrost, éloignée de toute route ou voie de chemin de fer. "Le gisement est très isolé, situé à près de 200 kilomètres de la côte arctique et à plus de 400 kilomètres de la localité la plus proche", observe Nikolaï Toutchkov, expert à l'Institut Sobolev. L'exploration de la mine de Popigaï pourrait être associée à celle d'autres gisements de minéraux à proximité, ce qui permettrait de réduire les coûts, relève-t-il cependant.

Sources : atlantico/ l’express/l’expansion

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