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Election présidentielle, climat de populisme et Sarko qui refuse de s'expliquer sur les affaires révélées durant son quinquennat

Publié par medisma sur 10 Avril 2012, 20:53pm

Catégories : #lintegral

 

  

I- L’élection française et son impact sur la géopolitique globale

Selon le communiqué public GEAB 64 du 15 avril, François Hollande emportera l'élection présidentielle française,

Une élection française 2012 beaucoup plus importante géopolitiquement que l'élection US 2012

« En effet,  la victoire de François Hollande va déclencher une série de bouleversements stratégiques qui vont affecter fortement l'Europe et accélérer considérablement les transitions géopolitiques en cours au niveau mondial depuis le début de la crise globale en 2008. En cela, les résultats et les conséquences de l'élection présidentielle française ont beaucoup plus d'importance que ceux de la prochaine élection présidentielle américaine en Novembre 2012. En effet, la France, bien qu'étant un pays beaucoup moins puissant que les Etats-Unis, occupe une position stratégique tant en Europe qu'au niveau mondial...

. Et l'élection de François Hollande, qui possède une vraie réflexion sur l'Europe et le rôle de la France en Europe et a clairement affirmé son intention d'explorer activement les possibilités de partenariat avec les nouvelles puissances émergentes (BRICS), va consacrer une rupture majeure avec l'absence de vision et de stratégie européenne des cinq ans de présidence de Nicolas Sarkozy marqués essentiellement par une inféodation sans précédent dans l'Histoire récente du pays à la puissance dominante américaine et son intégration sans conditions à un axe Washington/TelAviv sur l'essentiel des grands problèmes géopolitiques. La France avait disparu dans le monde depuis cinq ans, elle s'apprête à faire un retour fracassant  au-delà même de la personnalité du futur président.

 

L'impact de l'élection de François Hollande sur la transition géopolitique globale (2012-2015)

En matière globale, deux tendances marquantes qui vont caractériser les deux premières années du nouveau pouvoir français :
. l'affirmation par la France d'une politique européo-gaullienne (ou mitterando-gaullienne), c'est-à-dire faisant de l'indépendance de la politique extérieure européenne une priorité stratégique
. l'exploration à vitesse accélérée des relations possibles avec les BRICS, notamment dans un contexte de futur partenariat Euro-BRICS.

François Hollande est resté très discret en matière de politique étrangère car, d'une part, elle n'est pas au cœur des préoccupations des Français pour cette élection 2012 et car, d'autre part, on n'annonce pas à l'avance des changements importants dans ce domaine.

Les arguments pour de tels changements étant pléthore et leur mise en œuvre ne risquant pas de générer de difficultés dans l'opinion publique qui, d'une manière générale, s'est sentie trahie par l'inféodation américaniste de la période sarkozienne, il n'y a en effet aucune raison de se précipiter. Comme il l'a annoncé pour la question de la réintégration de la France dans l'organisation militaire intégrée de l'OTAN, il s'appuiera sur une évaluation objective des avantages et inconvénients de cette décision. Le résultat est connu d'avance puisque le président sortant n'a rien négocié (et donc rien obtenu) en échange du retour de la France dans cette organisation militaire. Il y aura donc une action en deux temps : l'exigence d'un certain nombre de contreparties en terme de positions militaires clés pour la France au sein de l'OTAN et de la mise en place d'ici 2015 au plus tard d'un pilier européen de défense hors OTAN mais relié à l'OTAN. La France pourra compter sur le soutien de la plupart des pays européens continentaux que les aventures libyenne et afghane ont définitivement convaincus de la nécessité de changements radicaux au sein de l'Alliance atlantique. Moyennant une prise en charge budgétaire accrue de la part des Européens des coûts de leur propre défense, les Etats-Unis, faisant face à des réductions drastiques de leur budget militaire, accepteront bon gré-mal gré. Et seul le Royaume-Uni s'opposera à cette évolution avant de s'y rallier puisqu'il n'a plus les moyens financiers, militaires et diplomatiques de sa politique.

En matière globale, à la suite de l'Allemagne déjà bien engagée dans le processus de coopération diplomatique avec les BRICS, la France engagera une approche plus stratégique, avec une logique européenne (eurolandaise) commune, qui visera à formuler des axes communs d'action Euro-BRICS au niveau des organisations internationales (réformes du FMI, du Conseil de Sécurité de l'ONU, …) et surtout de réforme fondamentale du système monétaire international (question du remplacement du Dollar US comme pilier du système). Le sommet du G20 à Moscou au premier semestre 2013 marquera la première concrétisation de cette évolution.

En stimulant ces deux seuls changements (et on peut supposer qu'il y en aura d'autres), le nouveau pouvoir français, avec une approche européenne exemplaire, aura ainsi contribué de manière décisive à l'évolution de la gouvernance mondiale
.... »

Cette semaine, sur Mediapart, Didier Porte s'en prend «au climat de populisme revanchard» qui termine cette campagne.


 

III- Les 10 questions de Mediapart à Nicolas Sarkozy

Mediapart avait invité Nicolas Sarkozy à une émission exceptionnelle, en direct et en vidéo-streaming sur notre site, à la date de son choix avant le premier tour de l’élection. Le président-candidat a refusé. Pourtant, parmi les nombreuses questions que nous souhaitions lui poser, il en est 10 que nous estimons particulièrement importantes pour que les citoyens puissent voter et correctement informés. Nous nous permettons donc d’insister en posant publiquement ces questions et en publiant nos échanges de courriels avec l’équipe du candidat UMP.

 

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1. Vous avez déclaré avoir acquis un appartement sur l’île de la Jatte en 1997 grâce à des prêts contractés auprès de l’Assemblée nationale. Selon votre présentation du montage financier, ils se seraient élevés à 3.530.000 francs. Or l’Assemblée nationale affirme que vous n’avez pris qu’un seul emprunt immobilier à cette époque, de 1.680.000 francs. Avez-vous réellement payés les 1,85 millions de francs manquants ? Si oui, comment ?

2. Dans son journal intime, à la date du 26 avril 2007, le photographe François-Marie Banier prête ses propos à Liliane Bettencourt : « De Maistre me dit que Sarkozy demande encore de l’argent ». Le même jour, 400.000 euros sont retirés en espèces des comptes suisses cachés de la milliardaire. Avez-vous demandé de l’argent aux époux Bettencourt dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2007 ?

3. L’enquête judiciaire menée à Bordeaux dans le cadre de l’affaire Bettencourt a permis d’établir que le 18 janvier 2007, le gestionnaire de fortune M. de Maistre a reçu 150.000 euros en liquide, la veille d’une rencontre avec Eric Woerth, le trésorier de votre campagne présidentielle de 2007. Le 5 février de la même année, 400.000 euros ont été débités en liquide de l’un des comptes suisses des époux Bettencourt, deux jours avant une nouvelle rencontre entre MM. Woerth et de Maistre près de votre siège de campagne. M. Woerth, mis en examen dans ce dossier, a-t-il pu financer à votre insu par des fonds en espèces votre campagne présidentielle ?

4. Les enregistrements du majordome de Liliane Bettencourt font apparaître que l’héritière de L’Oréal a signé, le 4 mars 2010, un chèque à votre ordre. Quel est le montant et l’objet de cette contribution, qui ne peut être un financement politique puisque vous êtes à cette date président de la République depuis presque trois ans ?

5. Votre ancien collaborateur Thierry Gaubert, mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » dans l’affaire Takieddine, a-t-il pris en charge durant les années 1990 vos vacances à Venise et à Miami, comme l’indiquent des témoignages recueillis par la justice ?

6. Votre directeur de cabinet Claude Guéant a noué d’importantes relations à partir de 2003 avec le marchand d’armes Ziad Takieddine, en le mandatant auprès de dirigeants libyens, syriens et saoudiens pour des opérations de diplomatie parallèle et des ventes de matériels de sécurité, alors que vous étiez ministre de l’intérieur. Avez-vous cautionné ces contacts occultes, généralement prohibés par l’administration ?

7. Selon les notes de Ziad Takieddine saisies par la justice, une réunion s’est tenue le 16 mai 2009 à l’Elysée en présence de Claude Guéant et de votre avocat personnel, Thierry Herzog, afin de « mettre de côté » le mandat d’arrêt visant M. Abdallah Senoussi, l’un des patrons des services de renseignement libyens, condamné en France à une peine de perpétuité par contumace, dans l’attentat terroriste du DC10 UTA, en 1989. Vous êtes-vous engagé auprès du colonel Kadhafi à blanchir judiciairement M. Senoussi, aujourd’hui réclamé par la Cour pénale internationale ?

8. Selon des documents saisis en France et au Luxembourg, vous avez autorisé, alors que vous étiez ministre du budget, la création de la société Heine, par où ont transité, le 7 février 1995, 20,3 millions d’euros. Cette société basée au Luxembourg était chargée de distribuer pour le compte de l’entreprise d’Etat DCN des commissions occultes à deux hommes d’affaires (MM. Ziad Takieddine et Abdul Rahman El Assir) actuellement mis en examen dans l’affaire des ventes d’armes du gouvernement français au Pakistan et à l’Arabie saoudite. Vous avez également validé, au sein de l’organisme de garantie d’Etat Coface, le montant de ces commissions accordées tant par la DCN que la Sofresa à ces intermédiaires. Pouvez-vous soutenir n’être pas impliqué personnellement dans cette affaire ?

9. Au lendemain de la sentence arbitrale, le 7 juillet 2008, qui a octroyé 403 millions d’euros d’argent public à Bernard Tapie, l’Etat aurait pu faire annuler cette décision prise par cette justice privée. En novembre 2008, la ministre des finances, Christine Lagarde a été informée que l’un des trois arbitres n’avait pas respecté l’obligation de « révélations étendues » à laquelle il était astreint, et n'avait pas déclaré qu'il avait déjà participé par trois fois à des arbitrages auxquels étaient partie Me Maurice Lantourne, l’avocat de Bernard Tapie. Christine Lagarde pouvait donc suspendre le versement de cette somme. Pourquoi ne lui avez-vous pas donné des instructions en ce sens ? Pourquoi, au contraire, ce fait a-t-il été caché au Parlement ?

10. Selon des documents et témoignages réunis par Mediapart, des sommes importantes — jusqu’à 50 millions d’euros — auraient été versées en 2007 à votre entourage par le régime de Mouammar Kadhafi, ce que l’ancien dirigeant de la Libye, son fils Saïf al-Islam et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services secrets libyens, avaient affirmé publiquement. Seriez-vous favorable à l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur ces soupçons ? 

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Après avoir reçu dans le cadre de notre émission Mediapart 2012 quatre candidats à la présidentielle (François Bayrou, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande), Mediapart a proposé à Nicolas Sarkozy un grand entretien diffusé en direct et en vidéo-streaming sur notre site. Edwy Plenel en a fait la demande, dès le 6 mars, auprès du conseiller presse de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier. Voici le verbatim de cette demande :

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Le jour même, Franck Louvrier accusait réception en ces termes : « Merci pour votre invitation. Je prends en compte votre demande et vous tiens au courant.
Bien cordialement»

Après trois semaines d'attente, Edwy Plenel relancait Franck Louvrier, le 30 mars:

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Franck Louvrier répondait le jour même: «A ce jour, je ne vois pas d'opportunité pour faire un entretien. Je vous tiens au courant,
Merci»

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L'opportunité ne signifie pas l'occasion, en français, mais ce qui apparaît opportun. Tout était donc dit... A défaut d'un Nicolas Sarkozy faisant le choix de s'expliquer en direct devant une presse indépendante, nous venons d'adresser par écrit à son équipe nos dix questions. Il nous semble impératif que le président sortant daigne s'expliquer sur ces affaires révélées durant son quinquennat mais dont on s'aperçoit qu'elles ont accompagné une bonne partie de sa vie politique.

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