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le blog lintegral

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Cherchez la guerre, vous découvrerez le désastre!

Publié par medisma sur 13 Janvier 2012, 22:01pm

Catégories : #lintegral

 

En Iran, les néoconservateurs repartent à l’offensive

Les néoconservateurs « frappent aujourd’hui à coups redoublés sur les tambours de guerre pour attaquer l’Iran, » avertit Ralph Nader, qui détaille ici quelques rappels sur un dossier iranien bien plus complexe que la présentation binaire trop souvent en vigueur. Les fauteurs de guerre « ne doivent pas jeter notre pays dans une nouvelle frénésie médiatique, à l’image de celle qui a accompagné la propagande » en faveur de l’invasion de l’Irak, conclut-il.

Par Ralph Nader, Common Dreams

nader-site.jpgLes mêmes néoconservateurs qui avaient convaincu George W. Bush et son équipe - comme le dit Ron Paul dans son style inimitable - de « mentir à leur façon pour envahir l’Irak » en 2003, frappent aujourd’hui à coups redoublés sur les tambours de guerre pour attaquer l’Iran. On peut noter que parmi ces fauteurs de guerre nombreux ont échappé à la conscription et avaient préféré que ce soient d’autres qu’eux qui aillent combattre au Vietnam.

À l’exception de Ron Paul, qui connait réellement l’histoire des relations américano-iraniennes, les prétendants républicain à la présidentielle se sont déclarés en état de belligérance envers les responsables iraniens qu’ils accusent de vouloir l’arme nucléaire.

Le gouvernement iranien conteste cette accusation, affirmant qu’il souhaite développer les technologies de l’énergie nucléaire et de son usage dans le secteur médical.

Les équipes d’inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) qui surveillent le respect du traité de la non-prolifération nucléaire que Téhéran a signé, sont allés en Iran à de nombreuses reprises et, bien qu’aux aguets, n’ont pas été en mesure de prouver que ce pays s’était engagé sur le chemin menant à la bombe.

Alors que de nombreux pays occidentaux et certains pays arabes de la région du Golfe ont condamné la quête présumée l’Iran vers l’arme nucléaire, Israël détient quelques 200 armes nucléaires et a refusé de signer le traité de non-prolifération, évitant ainsi les inspections de l’AIEA.

Les Israéliens informés ont des idées sur la question. Répondant au journaliste de PBS Charlie Rose qui lui demandait : « si vous étiez l’Iran ne voudriez-vous pas une arme nucléaire ? » le Ministre de la Défense, Ehud Barak, a déclaré :

« Probablement, probablement. Je ne me leurre pas sur le fait qu’ils le feraient juste en raison d’Israël. Ils ont une histoire de 4000 ans. Ils observent autour d’eux et voient que les Indiens ont le nucléaire. Les Chinois ont le nucléaire, le Pakistan a le nucléaire, ainsi que la Corée du Nord, sans parler des Russes. »

Le gouvernement de l’Iran - dont le PIB est inférieur à celui du Massachusetts - est terrifié. Il est entouré par des adversaires puissants, y compris les militaires américains, sur trois de ses frontières. Le président George W. Bush avait classé l’Iran, avec l’Irak et la Corée du Nord, dans l’« axe du mal ». Téhéran se souvient de ce qui s’est passé en Irak après les déclarations de la Maison Blanche. Ils savent aussi que la Corée du Nord s’est protégée contre une invasion en procédant à des essais de bombes nucléaires. Et tous les Iraniens se rappellent que les Etats-Unis ont renversé le très populaire Premier ministre Mohammad Mosaddegh en 1953 et installé la dictature du Shah qui a régné tyranniquement durant 27 ans.

L’Iran a été victime récemment d’un mystérieux sabotage informatique, de violations de son espace aérien par des drones, de meurtres de ses scientifiques nucléaires et du sabotage de ses sites militaires, y compris une installation majeure de missiles. Les responsables israéliens et américains ne font que peu d’efforts pour dissimuler l’existence de cette guerre de basse intensité.

Stephen-J_-Sniegoski.pngLe stratège et historien militaire israélien Martin van Creveld a déclaré en 2004 que les Iraniens « seraient fous de ne pas construire des armes nucléaires compte tenu des menaces de sécurité auxquels ils font face. » Trois ans plus tard, il affirmait que « le monde doit maintenant apprendre à vivre avec un Iran nucléaire, à la façon dont nous avons appris à vivre avec une Union soviétique nucléaire, et une Chine nucléaire .... Nous, Israéliens, avons ce qu’il faut pour dissuader une attaque iranienne. Nous ne sommes pas du tout en danger de voir une arme nucléaire iranienne tomber sur nous ... grâce à la menace iranienne, nous recevons des armes des États-Unis et de l’Allemagne. »

Le général américain John Abizaid est un des nombreux militaires qui déclarent que le monde peut tolérer un Iran nucléaire - qui, comme les autres pays, ne veut pas se suicider.

L’utilisation de la « menace iranienne », a servi le Premier ministre israélien Netanyahu qui, lors de son premier mandat en 1996, s’adressant à une assemblée plénière du Congrès, avait marqué des points en évoquant une future bombe iranienne.

D’une certaine manière, les Iraniens, qui furent envahis en 1980 par Saddam Hussein soutenu par les États-Unis - conflit qui a provoqué un million de victimes - et n’ont envahi personne depuis 250 ans, se donnent beaucoup de temps pour développer une capacité de production de bombes atomiques, mais beaucoup moins des armes réelles.

À la mi-2011, Meir Dagan, le dirigeant du renseignement israélien qui venait de prendre sa retraite, a répété son opposition à une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes, ajoutant qu’elle embraserait la région, déclenchant une guerre conventionnelle.

Il a en outre critiqué le gouvernement israélien pour n’avoir pas « développé une vision », notant qu’ « Israël doit présenter une initiative pour les Palestiniens et adopter la proposition saoudienne de paix de 2002, réitérée depuis lors, qui ouvrirait des relations diplomatiques complètes avec deux douzaines de pays arabes et islamiques en échange d’un retrait israélien aux frontières de 1967 et la reconnaissance d’un Etat palestinien. »

Les fauteurs de guerre contre l’Iran ont souvent déformé les déclarations iraniennes en fonction de leurs objectifs, et ils ont omis de mentionner plusieurs initiatives accommodantes faites par les iraniens au gouvernement de George W. Bush.

Flynt L. Leverett, aujourd’hui membre de la Brookings Institution et auparavant fonctionnaire au Département d’Etat et à la CIA, a énuméré trois initiatives qui ont été rejetées. Juste après attentats du 11 septembre, l’Iran a offert d’aider Washington à renverser les talibans. Les Etats-Unis ont décliné l’offre. Deuxièmement, au printemps 2003, de hauts responsables iraniens ont transmis à la Maison Blanche une proposition détaillée pour mener des négociations globales afin de résoudre les questions concernant ses programmes d’armement, les relations avec le Hezbollah et le Hamas et l’accord de paix des Palestiniens avec Israël. Cette proposition a été repoussée et ignorée.

Troisièmement, en Octobre 2003, des fonctionnaires européens avaient obtenu l’accord de l’Iran pour suspendre l’enrichissement d’uranium et mener des discussions dont M. Leverett disait qu’elles « pouvaient conduire à un accord économique, nucléaires et stratégique. » L’administration Bush « a refusé de se joindre à l’initiative européenne, veillant à ce que les pourparlers échouent », précisait-il.

Voila quelques jours, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a déclaré que l’Iran développait la capacité de fabriquer un jour des armes nucléaires mais ne construisait pas encore une bombe. Pourquoi donc le gouvernement Obama parle-t-il d’un boycott occidental des exportations de pétrole iraniennes, si cruciales pour son économie chancelante, déjà en proie à des sanctions ? Ces nouvelles sanctions sont-elles destinées à mettre la société iranienne sous pression et provoquer la chute du régime ? Elles pourraient fort bien être contre-productives et provoquer un soutien accru au gouvernement.

Acculer ainsi le régime iranien, c’est courir le risque de mesures de rétorsion qui pourraient perturber l’énorme flot de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz. Si cela devait se produire, il faut s’attendre à ce que le prix de l’essence, la facture de chauffage et d’autres produits connexes s’envolent - entre autres conséquences.

N’est-il pas temps pour un Congrès qui a abdiqué de se ressaisir de ses responsabilités constitutionnelles ? Il doit au peuple américain de conduire des auditions publiques au Sénat et à la Chambre, permettant à des témoignages informés sur ces questions et son historique de bénéficier d’une large couverture médiatique.

Les tambours de la guerre ne doivent pas jeter notre pays dans une nouvelle frénésie médiatique, à l’image de celle qui a accompagné la propagande et aidé la cause de l’invasion de l’Irak - et de tous les massacres perpétrés dans ce pays, de tous les retours de bâtons préjudiciables aux intérêts nationaux des États-Unis

Il est grand temps que les citoyens américains se réveillent et affirment que l’Iran ne sera pas un Irak redux !

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