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le blog lintegral

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Commémoration du Printemps arabe

Publié par medisma sur 16 Décembre 2011, 20:50pm

Catégories : #lintegral

Il y a un an, en Tunisie, naissait le Printemps arabe

 

Le 17 décembre 2010, l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant à Sidi Bouzid, déclenche un mouvement de contestation qui s’étend à toute la Tunisie puis à tout le monde arabe.

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 © KEYSTONE | Des opposants tunisiens portent en effigie le poster de Bouazizi, le jeune homme qui s'était immolé le 17 décembre 2010 et dont la mort a déclenché le Printemps arabe.

En un an, le monde arabe a connu plus de bouleversements qu'en des décennies: premiers à chasser leurs despotes Ben Ali et Moubarak, les Tunisiens et les Egyptiens viennent d'organiser les premières élections libres de leur histoire. Les Libyens découvrent la liberté depuis la chute dans le sang du régime Kadhafi après plusieurs mois de combats.

Les Yéménites sont sur le point de tourner la page d'un régime autocratique alors qu'en Syrie, l'insurrection contre le régime du président Bachar al-Assad ne faiblit pas et reçoit le soutien de la Ligue Arabe et de la communauté internationale. "Ces soulèvements ont mis fin à une longue période de despotisme et d'immobilisme, et j'espère qu'ils ouvriront la voie à un développement démocratique et pluraliste", affirme l'influent penseur syrien Sadek Jalal al-Azm.

Un avis partagé par Ziad Majed, chargé de cours sur le Moyen-Orient contemporain à l'Université américaine de Paris, pour lequel "le processus démocratique est irréversible, et il n'y a plus de retour aux coups d'Etat et au despotisme".

Les islamistes recueillent les fruits

Mais si les jeunes arabes qui ont brisé en 2011 le mythe du "despotisme oriental" n'étaient pas dominés par les islamistes, ce sont ces derniers qui commencent à cueillir par les urnes les premiers fruits du "printemps arabe". En Tunisie, les islamistes se sont imposés comme la première force politique du pays au cours des élections d'octobre, alors qu'en Egypte, la surprise est venue du score des salafistes à la première phase des élections, où l'ensemble des islamistes ont raflé 65% des voix.

"Les islamistes enregistrent actuellement des gains conjoncturels, du fait de la rente paradoxale héritée de la dictature: la propagande négative déversée durant des années de despotisme les sert aujourd'hui auprès des populations", explique Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po à Paris. "Les différents dictateurs, en se posant en seul rempart contre l'islamisme, ont largement construit le crédit des partis islamistes comme alternative de gouvernement", ajoute-t-il.

Ziad Majed souligne pour sa part que "la victoire de courants islamistes aux élections ne signifie pas la fin des espoirs de démocratie soulevés par ces révolutions, car les islamistes parviennent au pouvoir à travers les urnes et non par la violence ou le jihad". La véritable question est de savoir si ces mouvements islamistes qui n'ont pas une expérience de gouvernement pourront se maintenir au pouvoir ou le céder s'ils sont battus demain aux élections.

Pour Jean-Pierre Filiu, auteur de "La Révolution arabe: dix leçons sur le soulèvement démocratique", les islamistes "peineront à consolider cet avantage du fait de l'indigence de leur programme sur la question sociale, sans doute un des défis majeurs du monde arabe au cours de la prochaine décennie".

Le modèle turc en exemple

Sadek Jalal al-Azm, auteur de la "critique de la pensée religieuse", qui avait soulevé un tollé dans les milieux islamistes à la fin des années 1960, souligne lui aussi que les islamistes "ne semblent pas avoir de véritable programme pour régler les problèmes" en Egypte. Mais il estime que "si les islamistes, notamment en Egypte et en Tunisie, parviennent à imiter le modèle turc, et réaliser même 50% des acquis de leurs homologues turcs", le processus démocratique se poursuivra.

Par contre, s'ils "s'accrochent au pouvoir" et refusent de passer dans l'opposition, "nous reviendrons au despotisme", dit-il. Il craint moins pour la Syrie, dont "la diversité ethnique, confessionnelle et religieuse devrait permettre un équilibre démocratique plus important" en cas de chute du régime de Bachar al-Assad qu'en Egypte ou en Tunisie.

Dans le reste du monde arabe, les monarchies pourraient échapper à la fièvre révolutionnaire mais devront introduire de profondes réformes, un processus qui a déjà commencé au Maroc, alors que les pays du Golfe redistribuent la manne pétrolière pour calmer toute contestation. "Les dirigeants de ces monarchies ne pourront pas échapper aux répercussions du cataclysme arabe et ignorer les revendications de réforme", estime Ziad Majed.

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LA REVOLTE EN TUNISIE

Le 17 décembre 2010, l’immolation par le feu d’un vendeur ambulant à Sidi Bouzid (centre-ouest) déclenche un mouvement de contestation qui s’étend à tout le pays (300 morts). Le 14 janvier, le président Zine El Abidine Ben Ali se réfugie en Arabie saoudite après 23 ans de règne.

Le 12 décembre, Moncef Marzouki, farouche opposant de gauche au régime de Ben Ali, est élu à la présidence par l’Assemblée constituante élue le 23 octobre et où dominent les islamistes d’Ennahda. Le numéro 2 de ce parti, Hamadi Jebali, est chargé de former le gouvernement.

LA REVOLTE EN EGYPTE

Le 25 janvier 2011 marque le début des manifestations qui vont mobiliser des centaines de milliers de personnes, notamment place Tahrir au Caire. Le 11 février, Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans, remet le pouvoir à l’armée. Près de 850 civils tués. L’ancien président est jugé depuis le 3 août pour la répression de la révolte et corruption. Le pays est engagé ans un processus d’élections législatives devant durer plusieurs mois et dont la première phase a été marquée par une forte domination des islamistes.

LA REVOLTE EN LIBYE

 Des protestations contre le régime de Mouammar Kadhafi éclatent à la mi-février dans l’Est. La contestation, violemment réprimée, se transforme en guerre civile. En mars, une opération est lancée par Washington, Paris et Londres sous mandat de l’ONU, avant que l’Otan n’en prenne les commandes. Les rebelles s’emparent de Tripoli en août. Le leader déchu est tué le 20 octobre lors de la bataille de Syrte, son dernier bastion. Le conflit a fait plus de 30.000 morts (Conseil national de transition). Un gouvernement de transition est formé en novembre, mais des protestataires reprochent au CNT un manque de transparence sur ses activités et sa composition.

LA REVOLTE AU YEMEN

Début le 27 janvier de la contestation pour réclamer le départ d’Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978. M. Saleh signe le 23 novembre un accord élaboré par les monarchies du Golfe qui prévoit son départ dans les trois mois. Une présidentielle anticipée est fixée au 21 février et un cabinet d’entente nationale prend ses fonctions le 10 décembre. Le vice-président Abed Rabbo Mansour Hadi est chargé de la période intérimaire. La répression a fait plusieurs centaines de morts.

LA REVOLTE EN SYRIE

 Début le 15 mars d’une révolte populaire contre le régime du président Bachar al-Assad qui la réprime dans le sang. Plus de 5.000 personnes ont été tuées, selon l’ONU. En dépit des sanctions des pays occidentaux et arabes, la répression se poursuit sans relâche. Des accrochages se multiplient par ailleurs entre des déserteurs appartenant à l’Armée syrienne libre (ASL) et les forces gouvernementales.
A l’étranger, un Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l’opposition, est créé début octobre.

LA REVOLTE AU BAHREIN

 Le pays connaît en février-mars des manifestations animées par les chiites, majoritaires dans la population et qui réclament une véritable monarchie constitutionnelle dans ce pays gouverné depuis des siècles par la dynastie sunnite des Al-Khalifa. Des troupes essentiellement saoudiennes sont déployées pour aider la monarchie sunnite à contenir la révolte. En novembre, une commission d’enquête indépendante dénonce un "usage excessif et injustifié de la force" de la part des autorités, qui disent accepter ses conclusions.

LA REVOLTE EN JORDANIE

La Jordanie fait face depuis janvier à un mouvement de protestation réclamant des réformes politiques et économiques et la fin de la corruption, sans remettre en cause la monarchie.

LA REVOLTE AU MAROC

Le pays a été le théâtre depuis février de manifestations pour réclamer des réformes politiques. Après une révision de la Constitution, les islamistes modérés du Parti justice et développement (PJD) remportent en novembre les législatives et leur chef Abdelilah Benkirane est nommé Premier ministre.

AFP | 16.12.2011

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lejournaldepersonne 29/12/2011 16:50


Les 4 printemps

Vous voulez vraiment m'interroger sur le printemps arabe, savoir s'il s'agit d'une énorme machination ou d'une révolution selon la norme  si je puis dire?
C'est difficile... parce que je ne voudrai pas rajouter de la bêtise à la bêtise. Certains auteurs s'accordent à dire qu'il s'agit d'une conspiration, d'une révolution programmée pour ne pas dire
annoncée, et à vrai dire je ne suis pas loin de leur emboiter le pas mais je dis attention tout de même ! La paranoïa n'est pas bien loin!
Et je préfère pour ma part, parler d'opportunisme plutôt que de conspiration, de récupération plutôt que de complot, de calculs  plutôt que de scénario... parce qu'il y a pas plus complexe
que les choses simples. Le printemps arabe comporte les 4 saisons !

http://www.lejournaldepersonne.com/2011/12/les-4-printemps/

Lintegral 29/12/2011 20:53



Nous partageons entièrement votre point de vue. Il s'agit bien d'une révolution mutante : D'un soulévement strictement  populaire  et exclusivement autochtone, l'événement
s'est  transformé en actions de récupération faisant appel à un amalgame de forces de tous bords, mélant étrangers et nationaux, services et armées, terroristes et non terroristes,
intérêts partisans et combinaisons vengeresses......Bref, les participants à ces actions sanglantes qui n'ont jamais épargné les populations civiles, ont des intentions parfois diaboliques
et des objectifs multiformes et contradictoires. L'ensemble de ces forces, malfaisantes ou non, ont évidelmment agi dans un "élan de totale solidarité avec des peuples menacés
par leurs tyrans"..... Mon oeil ! 


Que conclure ? A notre avis l'affaire est loin d'être finie. La région connaîtra sans doute de grands soubresauts, et ce pour une longue et trés longue période....



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