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le blog lintegral

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Contre les lycéens, des fusils à pompe

Publié par medisma sur 29 Octobre 2010, 20:57pm

Catégories : #lintegral

manifestation-lyceens-2720766xrutd.jpgLe 21 octobre 2010, à Lyon, la place Bellecour s’est transformée en souricière. Tous ceux qui s’y trouvaient par hasard ou s’étaient donné rendez vous pour participer à la manifestation syndicale de l’après midi ont été retenus plusieurs heures par les forces de l’ordre qui bloquaient toutes les issues. Durant l’après midi, seules les personnes les plus âgées seront autorisées au compte goutte à franchir le dispositif, et les jeunes qui tenteront de sortir du piège seront refoulés à coup de gaz lacrymogène ou de canon à eau. Une petite escouade du GIPN, le Groupe d’Intervention de la Police Nationale, faisait partie du dispositif. Parmi ces hommes, deux étaient armés de fusils à pompe. --- Non contents d’enfermer plusieurs heures les manifestants dans une place sans aucune issue, ce qui est contraire à toutes les règles du maintien de l’ordre, les autorités en charge ce jour là ont choisi d’engager le GIPN, dont la mission est de maitriser des forcenés ou des terroristes. Ces policiers n’ont aucune vocation à assurer des tâches de maintien de l’ordre, ni aucun savoir faire en la matière. Rien ne peut justifier le déploiement d’hommes équipés d’armes de guerre à proximité d’une manifestation et à fortiori lorsque les participants ont été délibérément encerclés. Rien, si ce n’est une volonté d’ « affichage », où la symbolique prend le pas sur l’exercice réel des missions de l’Etat, en une « stratégie de la tension » qui a pris le risque insensé de placer ces fonctionnaires en situation d’avoir à faire usage de leurs armes de dotation. Soyons justes. Il convient aussi d’évoquer l’hypothèse d’une incompétence crasse. Mais la chronique des évènements montre désormais à loisir que l’une n’exclut pas l’autre (CI).

 

 Témoignage d’un Lyonnais

manif-lyceen1.jpgJe suis un étudiant en phi­lo­so­phie et je vis à Lyon. Aujourd’hui, jeudi 21 octo­bre, alors que je me diri­geais de l’hôtel de ville en direc­tion de ma faculté, j’ai du emprun­ter la place Bellecour ; à savoir le chemin logi­que et normal.

En arri­vant à l’entrée de la place Bellecour à 14H30, je vis de nom­breux CRS pré­sents tout autours de la place, néan­moins aucun réel bar­rage n’était en place et les forces de l’ordre ne m’ont abso­lu­ment rien dit en me voyant arri­ver et se sont même sépa­rées dou­ce­ment pour me lais­ser passer. Je m’engage donc tran­quille­ment sur la place. Cependant, à l’autre extré­mité, je fais face à une ordre de CRS en posi­tion de blo­cage. Je décide de faire demi-tours, cons­ta­tant que l’ensem­ble des sor­ties de la place sont blo­quées de la même façon. Arrivant par là où j’étais entré sur la place, je cons­tate qu’un bar­rage de CRS vient d’être mis en place. Ceux-ci me refu­sent le pas­sage sous pré­texte des ordres du préfet alors même que quel­ques minu­tes avant ils venaient de me faire péné­trer sur la place.

fusil-a-pompe.jpgC’est alors que com­mence une déten­tion avec plu­sieurs cen­tai­nes de per­son­nes sur la place, sans aucune raison.

Pire encore, durant cette déten­tion, je décou­vre que cer­tai­nes per­son­nes sont enfer­mées depuis 13H15, donc les forces de police m’ont laissé ren­trer en sachant par­fai­te­ment qu’il s’agis­sait d’un piège.

Pendant ma déten­tion, sachez que toutes les per­son­nes âgées, ou même non-jeunes pour être précis, ont pu partir sous pré­texte qu’elles « habi­taient la rue juste à côté ». Un véri­ta­ble fil­trage a opéré pen­dant cette période, afin que nous ne finis­sions qu’entre « jeunes », favo­ri­sant ainsi l’amal­game entre lycéens révol­tés et cas­seurs. Les forces de police ont été bru­ta­les, insul­tan­tes, face à des per­son­nes pro­fon­dé­ment calmes,

cher­chant juste à com­pren­dre ce qu’il se pas­sait. C’est fina­le­ment après 5 heures que je pus sortir par le « Check-Point » mis en place à l’une des sor­ties. Là, sachez que je fus vic­time d’un contrôle d’iden­tité abusif, allant même jusqu’à pren­dre une pho­to­gra­phie de mon visage. Je sortis à 19H30, sans aucune autre expli­ca­tion. Enfin, durant les 5 heures d’enfer­me­ment, seule une ving­taine de per­son­nes ont osé se révolté, résul­tant d’une répres­sion aux gaz lacry­mo­gè­nes et tirs de jets d’eau à haute pres­sion. Qui, enfermé pen­dant 5 heures sans raison, insulté et dégradé par des forces de police, ne devien­drait pas fou ? L’état cher­che à engen­drer une haine chez les jeunes en les enfer­mant volon­tai­re­ment et en les pous­sant à bout. Ainsi, les diri­geants pour­ront, preu­ves à l’appui, dis­cré­di­ter au yeux de son peuple, soumis et cré­dule, l’enga­ge­ment des jeunes dans cette réforme (CI).

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