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Inflation, Déflation, Désinflation, Stagflation, Dépression, Récession : termes ‘in’ à remémorer !

Publié par medisma sur 19 Janvier 2013, 21:15pm

Catégories : #lintegral

 

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Inflation

L’inflation est une hausse générale, durable et auto-entretenue du niveau général des prix.

S’il s’agit d’un phénomène ancien (au XVIe siècle, l’arrivée des métaux précieux des Amériques avait provoqué en Europe une hausse spectaculaire des prix), et si l’époque moderne, et en particulier les années 1950-1960, a semblé caractérisée par une inflation assez importante conjuguée à un chômage peu important dans les économies développées, la maîtrise de l’inflation constitue depuis la fin des années 1970 un objectif prioritaire de la politique économique, la stabilité des prix étant censée créer le meilleur environnement pour le développement de l’activité économique.

 En fonction du critère du rythme de la hausse des prix, on distingue l’inflation « rampante » (avec un taux d’inflation de 4 à 9 % par an), l’inflation « galopante » (à 2 chiffres), ou encore un régime de « basse inflation » (moins de 3 % par an).

L’inflation peut être décrite comme « importée » si les tensions inflationnistes résultent de la hausse des prix des produits importés (souvent les matières premières), mais on parle également d’une inflation « de croissance » ou de prospérité, dont la constatation est somme toute logique (cas de la période de prospérité des « trente glorieuses » après la deuxième guerre mondiale).

 Les deux grandes causes traditionnelles de l’inflation sont l’inflation par les coûts et l’inflation par la demande. La hausse des coûts peut aussi résulter de la hausse des prix des matières premières (énergie, etc.) que de la hausse des salaires.

L’inflation par la demande correspond à une situation de marché classique dans laquelle l’offre de biens et de services est inférieure à la demande de biens et de service (cas de l’après - deuxième guerre mondiale au XXe siècle).

Une loi économique dégagée par l’économiste M. Friedman (« Inflation et système monétaire » - 1976) semble attester que « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » (progression trop rapide de la création monétaire par rapport à l’accroissement de la production).

Des politiques monétaires (réduction de la croissance de la masse monétaire, augmentation des taux d’intérêt directeurs), mais aussi budgétaires ou encore axées sur l’augmentation de la concurrence, semblent en tout cas avoir eu raison de l’inflation du début des années 1980 jusqu’à aujourd’hui. La Banque centrale européenne (BCE) vise pour sa part un taux d’inflation proche de 2 % par an au sein de la zone euro.

 

Déflation

 

La déflation désigne une baisse absolue du niveau général des prix, un taux d’inflation annuel négatif.

Les principaux facteurs de ce phénomène de baisse sont traditionnellement les gains de productivité et une structure de marché de plus en plus concurrentielle.

Mais les gains de productivité, qui portent toujours conséquence de baisse des prix de certains produits seulement, n’entraînent pas spécifiquement une baisse de la demande (ou de la consommation), et ce facteur n’est donc pas structurel.

De même l’influence de la mondialisation contemporaine sur les prix, dans son aspect d’augmentation de la concurrence mondiale, est peut-être sur le point de se modifier : on avait d’abord imaginé la mondialisation déflationniste (course aux prix les plus bas entre acteurs économiques concurrents), mais elle pourrait devenir inflationniste du fait de l’évolution des modes de vie dans les pays émergents comme la Russie ou la Chine (forte croissance de la consommation alimentaire ou d’énergie).

 Le « cercle vicieux » de la déflation a généralement le principe suivant : pourquoi acheter aujourd’hui ce qui sera moins cher demain ?

Une baisse de la demande globale, ou plutôt une baisse de la demande anticipée par les entreprises conduit à une diminution de l’investissement, puis à une baisse de la production. Ainsi une situation de récession ou de crise est-elle en quelque sorte associée à une situation déflationniste prolongée.

Ce fut le cas au début des années 1930 aux Etats-Unis lors de la « Grande dépression », et beaucoup plus récemment au Japon entre 1998 et 2002, période au cours de laquelle le taux d’inflation annuel sur le marché japonais a toujours été négatif, et cela à la suite de l’éclatement de bulles spéculatives précédemment formées.

Ainsi l’effondrement des cours des actifs financiers et immobiliers peut-il clairement être cause de déflation.

 

Désinflation

La désinflation est un ralentissement du rythme de l’inflation, et elle peut être le fruit d’une politique économique « de déflation » menée par un gouvernement.

Tel fut en particulier le cas du Royaume-Uni au sortir de la 1ère Guerre Mondiale, qui établit une double rigueur budgétaire et monétaire (contraction de la masse monétaire), au prix d’un chômage de masse et d’un effondrement du PIB, dans la seule intention de rétablir la parité-or de la livre sterling à son niveau de 1913.

Une désinflation, puis une franche déflation furent les conséquences directes de cette politique.

Une politique économique nationale peut cependant développer la pratique d’une désinflation « compétitive », ou plutôt d’un contrôle de l’inflation dans le but faire baisser celle-ci en dessous de celle de ses partenaires commerciaux, afin d’augmenter la compétitivité de la production nationale.

 Dans quasiment tous les pays du monde, la fin de l’année 2008 et le début de l’année 2009 ont vu l’inflation poussée à la baisse par deux effets : la nette décrue des prix des matières premières d’une part, qui a notamment réduit les prix de l’énergie et par conséquent les coûts de production ; la compression des marges des industriels et des distributeurs d’autre part, qui a été liée au recul de la demande.

 

Stagflation

Le mot « stagflation » est un néologisme qui fut employé pour la première fois par le Chancelier de l’Echiquier (ministre des finances et du trésor) britannique en 1965.

Il désigne, ainsi que l’indique la contraction que ce mot réalise entre la notion d’inflation et celle de stagnation, la situation d’une économie qui souffre simultanément d’inflation (c’est-à-dire d’une hausse générale des prix) et d’un ralentissement, voire d’une stagnation de sa croissance économique.

Ce phénomène a touché les pays développés à partir du milieu des années 1960 et jusqu’au début des années 1980, particulièrement le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France.

On en a attribué la cause aux politiques keynésiennes par trop « mécaniques » ou par trop simplistes de relance ou plus généralement de soutien de la demande mises en œuvre par les gouvernements concernés pendant cette période, dans un contexte de ralentissement des gains de productivité.

Comment en effet permettre une nette augmentation des salaires (facteur d’inflation) sans réduire peu ou prou la part du capital dans la répartition de la valeur ajoutée, c’est-à-dire sans comprimer la rentabilité du capital, et par là même, décourager les investissements (et donc la croissance) ?

 A partir du milieu des années 1970 en particulier, la théorie néo-keynésienne selon laquelle le chômage et l’inflation évoluent dans des sens opposés (« Courbe de Phillips ») fut clairement infirmée par l’expérience de la stagflation.

Sous l’impulsion de M. Friedman, les économistes monétaristes furent entendus des principales autorités gouvernementales et des grandes banques centrales : aux Etats-Unis, la politique de hausse continue des taux d’intérêt menée par le gouverneur de la Réserve Fédérale, Paul Volcker, permit une baisse rapide de l’inflation, même si cette hausse des taux d’intérêt contribua à sa façon à la survenue du krach boursier de 1987 ; au Royaume-Uni, la politique d’austérité (des dépenses publiques) menée par Mme Thatcher à partir de 1979 provoqua d’abord une dégradation supplémentaire de l’activité, puis une décrue progressive de l’inflation et du chômage ; en France le gouvernement ne se résolut à la « rigueur » qu’en 1983.

La période de stagflation mondiale eu pour conséquence la définition de la lutte contre l’inflation comme élément prioritaire des politiques économiques des Etats et des grandes banques centrales, celles-ci gagnant progressivement en indépendance dans leurs relations aux gouvernements des Etats.

 

Dépression

Synonyme de « contraction économique », la dépression est une phase de la conjoncture et des cycles économiques qui est marquée par une tendance à la baisse de la production et ainsi du PIB (Produit Intérieur Brut) et du revenu national des économies, baisse généralisée de l’activité qui est caractérisée par une augmentation du chômage.

Le processus de dépression peut prendre fin par un retournement spontané de la tendance : la simple usure des machines peut par exemple inciter les industriels à renouveler leurs outils de production, et ces nouvelles commandes sont alors le point de départ d’un effet de multiplication, puis d’accélération. la dépression prendra fin et sera dès lors suivie d’une nouvelle phase des cycles économiques : la « reprise ».

La fin de la dépression est cependant bien souvent le fait de politiques économiques de relance menées par les gouvernements, notamment grâce à l’outil de la politique budgétaire. L’état de « dépression » économique implique en général une déflation, c’est-à-dire une baisse généralisée du niveau des prix.

 Au XIXe siècle, l’analyse des cycles économiques d’une durée moyenne de 6 à 10 ans avait conduit l’économiste français C. Juglar à mettre en avant une régularité selon laquelle l’activité économique serait caractérisée par une alternance entre phases d’expansion d’une durée de 3 à 5 ans et phases de dépression de même durée.

Au début du XXe siècle, l’économiste russe Kondratieff isola des phases plus longues (20 à 30 ans) d’expansion relative qui seraient suivies de phases de stagnation, voire de recul.

Si l’exemple historique le plus connu d’une dépression économique de grande ampleur est celui de la « Grande dépression » des années 1930 aux Etats-Unis (recul prolongé de la production, forte croissance du chômage), les analystes hésitent à employer ce terme dans le cadre du recul attendu de l’activité économique et des PIB de certains pays, lui préférant celui de « récession » dans l'attente d'une  reprise 'probable' de l'économie.

 

Récession

Le terme « récession » désigne par convention une phase de deux trimestres consécutifs de baisse absolue du PIB (Produit Intérieur Brut) d’une économie nationale, et plus généralement l’idée d’une baisse ponctuelle de l’activité économique.

Dans le cadre d’une économie de marché issue d’un capitalisme industriel, tel que peut encore être qualifié le capitalisme mondial du début du XXIe siècle (au-delà du phénomène structurel de la croissance exponentielle des services et de la baisse de la part de la production strictement industrielle dans les économies développées), le phénomène de récession s’inscrit dans la dimension cyclique de l’activité économique, qui voit se succéder des périodes d’expansion et de croissance, de crise (c’est-à-dire de ralentissement puis d’inversion), de récession puis de reprise.

Traditionnellement, lorsque l’activité économique commence à progresser, les chefs d’entreprise anticipent une demande soutenue, procèdent à des investissement et à des embauches, et dès lors la demande progresse effectivement et la croissance s’accélère.

Lorsque les investissements sont devenus opérationnels, l’investissement et l’embauche ralentissent, puis stagnent.

A la phase de progression de la production succède ainsi une phase de déclin dite de « récession », récession qui a tendance à s’auto-entretenir puisqu’à la diminution des investissements vient s’ajouter la diminution des revenus – salaires aussi bien que profits – dont pâtissent les salariés et les entreprises aux ventes déclinantes.

Aux yeux des économistes de toutes les époques, le phénomène de récession n’a rien d’éternel, soit parce que les équipements usés devront bien être remplacés un jour, soit parce que les anticipations des agents économiques se modifient parfois brutalement dans le sens d’un plus grand optimisme, soit encore parce que des innovations viennent régulièrement stimuler une demande jusqu’alors déclinante.

La financiarisation de l’économie mondiale, cause de crises purement financières impliquant ensuite des crises bancaires puis des crises de l’ensemble de l’activité de production des économies (à la suite de la baisse du crédit notamment, mais aussi de la baisse des actifs cotés en Bourse), a quelque peu modifié les données de cette analyse structurelle de la récession des économies industrielles.

 Au quatrième trimestre 2008, le recul de l’activité des économies dites « avancées » a été de l’ordre de – 1,8 %, et il s’est établi à – 1,2 % en France. Le premier trimestre 2009, qui a enregistré un recul de – 1,7 % de l’activité des économies avancées et de – 1,5 % de l’activité de l’économie française, marque donc un temps de récession, le recul anticipé du PIB français sur l’ensemble de l’année 2009 s’établissant à – 2,9 %.

Les indicateurs de la situation de récession sont clairs : chute de la construction immobilière, repli de la production industrielle dans des secteurs-clés (automobile), baisse du commerce mondial, réduction des stocks et des investissements des entreprises, baisse de la consommation des ménages, celle-ci devant cependant croître légèrement en France compte tenu de la faible inflation et des mesures de « relance ».

Les plans de relance décidés aussi bien par la France que par la majorité de ses partenaires laissent présager un certain optimiste qui ne se concrétise pas.

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