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Jerôme Kerviel : L'homme, le trader et le bouc émissaire (un rappel et des interrogations)

Publié par medisma sur 14 Juin 2010, 17:01pm

Catégories : #lintegral

Jérôme Kerviel : l’homme, le trader et le bouc émissaire

 

h-20-2058586-1272882273.jpg           Il est né le 11 janvier 1977 à Pont-Labbé, une petite Bourgade bretonne de 8000 habitants, dans un coquet pavillon en granit. D’un père enseignant en chaudronnerie dans un centre d’apprentissage professionnel et d’une mère gérante d’un salon de coiffure ‘Chez Marie Jo’, les Kerviel forment une famille aisée, soudée et catholiques pratiquants.

 

           Jérôme, comme son frère Olivier, pratiquent dans leur enfance le football et le voile. A la fois charmant, discret et sérieux, il s’impose vite à ses copains et devient capitaine de l’équipe poussins locale. A la même époque, il décroche la ceinture marron de Judo. Son père qu’il aimait tant, décède d’un cancer fin 2005.

 

           Le souvenir de Jérôme que retiennent les habitants de Pont-Labbé, est celui d’un jeune ‘ bien élevé et bon élève ‘. En effet, bon élève, il l’était au Lycée Laennec de la petite ville. Il passe son bac ES en 1995, s’inscrit à la fac de Quimper en première année de Deug économie gestion, rejoint celle de Nantes l’année suivante, obtient une licence de finance, puis achève ses études de Lyon II où il décroche un DESS de finance de marché avec mention assez bien. Cette université prépare ses étudiants aux métiers du middle et du back-office au sein des salles de marché.

 

            Recruté par la Société Générale en août 2000, il est affecté au middle office en tant que chargé de contrôle. Deux années plus tard, il est promu assistant trader. Et en 2004, il devient trader au front-office, là où exercent majoritairement des matheux genre polytechniciens.

 

            Son ascension exceptionnelle dénote de ses qualités professionnelles indéniables et de la confiance que lui portent ses directeurs hiérarchiques. Ce qui rend jaloux ses collègues traders qui le considèrent comme un intrus en raison de son cursus universitaire et du fait qu’il est le seul dans ce cas. En effet, le système français privilégie les diplômes initiaux davantage que la compétence et la méritocratie.

 

            Qu’à cela ne tienne ! Jérôme Kerviel est au-dessus de la mêlée. Sérieux, assidu, calme, surdoué, confiant et discret, il continue d’évoluer avec succès. Beau comme un ange, le Tom cruiser de la finance, n’est ni dépensier, ni frimeur, ni extravagant. Tout le sépare de ses collègues traders.

 

             A Neuilly où il réside, ses voisins le décrivent comme ‘ un jeune homme charmant, n’ayant nullement l’air stressé’. Et pour l’anecdote, J.K louait un coquet petit appartement de 50 m2 juste au-dessus d’une petite boutique de produits discount au nom étonnamment ‘prémonitoire’ « la descente aux enfers » et on rapporte que parfois, c’est Olivier Besançonnot, ce postier, leader politique et ex-candidat à la présidentielle, qui distribue son courrier.

 

   Et inopinément, ce jeune et talentueux trader va essuyer un lynchage inouï sans précédent de la part de certains médias pour « être l’unique responsable  » d’une perte financière gigantesque de 48,2 milliards d’euros, subie par son employeur la Société Générale sur les marchés à terme des produits dérivés.

 

  fraude-societe-generale.jpg          Sur J.K pleuvent désormais d’horribles qualificatifs : fraudeur, perfide, saigneur, sous-fifre, voleur, tricheur, trader fou, rogue trader, Albert Spagari de la Finance. Et en ce jour même, interrogé comme témoin devant le tribunal de Paris, Christophe Mianné, le responsable des activités de marchés de la banque, a qualifié de criminel l'ancien trader de la SocGen.

 

            Quant à la Générale, elle n’a fait qu’exciter le sentiment de compassion de ces médias qui partagent le chagrin de cette institution financière modèle, ébranlée jusque dans ses fondements par ce « criminel, terroriste et escroc qui s’était enfuit pour échapper aux poursuites », selon les déclarations mêmes de son ex-PDG « modèle ».

 

             Or, notre « criminel, terroriste et escroc » n’a tué personne, n’a aucunement pris la fuite puisqu’il était sous la protection de sa Banque et s’était présenté de plein gré à la police quand celle-ci cherchait à l’auditionner. Il n’a procédé non plus à aucun détournement, ni volé, ne serait-ce qu’un centime à la Générale.

            Jérôme Kerviel n’est pas riche : Il ne percevait guère de dividende et ni de stock-options  à l’instar de ses grands patrons. C’est un salarié qui ne vivait que de son salaire et éventuellement de ses bonus. Seul son labeur lui procurait les moyens d’une existence décente.

                       Cet acharnement  médiatique n’aura qu’un effet contraire :

      Les autorités de l’Etat, à qui la Banque avait caché la vérité plusieurs jours durant, ne s’étaient à aucun moment prises à Jérôme.

     Et les jeunes et moins jeunes du monde entier, dans un élan spontané, se sont majoritairement solidarisés avec J.K. Des millions de messages de soutien fusaient et fusent de partout : De la France à l’Argentine, du Canada à la Russie, de la Chine au Japon, de la Pologne à l’Afrique du Sud….

                         Star du Net, héros de la Toile, J.K est devenu une icône !

 

38101_dirigeants-societe-generale.jpg En fait, il n’est que le bouc émissaire d’une banque versée dans la spéculation à outrance,  ayant participé à l’ébranlement du système financier mondial à l’origine de la grave crise actuelle ! Avec de forts engagements irraisonnés : actifs pourris (subprimes et autres), dettes souveraines, investissements spéculatifs…., La Société Générale vient récemment d’être dénoncée par le journaliste français Charles Dereepem de totaliser une dette apocalyptique d’un montant de 1054milliards d’euros contre à peine 43 milliards de capitaux propres.

Ahurissant !

 La gouvernance de la Soc Gen en général et les responsables des activités de marchés, de la gestion financière et du contrôle en particulier, doivent en premier lieu répondre de la déroute de cette institution qui se targuait et se vantait avec emphase naguère de disposer du meilleur système de contrôle du monde de la Finance !

 Et la question qui se pose à présent est la suivante :

La Société Générale n’a-t-elle pas utilisé Jérôme Kerviel  pour dissimuler tout simplement ses pertes colossales dues à ses engagements extravagants tout en usant d'accrobaties malicieuses pour brouiller les cartes et détourner ainsi l’attention de l’opinion publique de ses hasardeuses entreprises et de ses laisser-aller injustifiés, sujets aussi à poursuites, davantage peut-être que l’assignation du jeune trader ?

 

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