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le blog lintegral

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L'échec de l'euro

Publié par medisma sur 22 Octobre 2011, 20:18pm

Catégories : #lintegral

Causes et conséquences de l’échec de l’euro

L’échec de l’euro

3910962486.jpg Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Enfin, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence” (Arthur Schopenhauer)

 

L’euro, une monnaie fiduciaire de papier, artificielle parce que non émise par un Etat souverain ou gagée par un actif réel comme l’or, ayant été créée dans une zone monétaire non optimale, a échoué. Étant donné que son but effectif n’était pas -contrairement à ce qui a été faussement avancé par les européistes- de permettre une amélioration de la situation économique des États-membres qui allaient l’adopter, mais de pousser -dans la dissimulation- à une intégration institutionnelle forcée et supposée irréversible du plus grand nombre possible d’Etats-Nations dans une Union politique à l’échelle du continent européen, dont les peuples ne voulaient pas. L’échec de la double manœuvre initiale mégalomaniaque décidée par quelques technocrates et politiciens coupés des réalités, à savoir la création ex nihilo d’une Union monétaire devant conduire à une Union politique (ce qui n’a jamais fonctionné dans l’histoire) comme la dissimulation volontaire de cet objectif final aux citoyens des Nations européennes (qui n’étaient pas prêts à se lancer dans une aventure supra-nationale puisque la Nation est le seul cadre connu dans lequel puisse se mettre en place la démocratie représentative), est la raison principale du désastre actuel.

 

Viennent ensuite toutes sortes de dysfonctionnements qui tiennent à l’incapacité des politiciens, fonctionnaires et banquiers centraux qui ont eu à appliquer le plan initial de se conformer à toute discipline, comme à l’impossibilité de faire fonctionner une « usine à gaz » aussi complexe que l’organisation des pouvoirs au sein de la zone euro. D’abord systématiquement sur-évalué par rapport au dollar US, en raison de taux d’intérêt trop élevés pour combattre une imaginaire inflation, l’euro est directement responsable de la faiblesse structurelle de la croissance économique de la zone dans laquelle il a été instauré. D’autant qu’il a accru les divergences économiques, commerciales, sociales et budgétaires entre les Etats européens qui ont continué à pratiquer des politiques nationales non coordonnées pour répondre aux exigences intérieures différentes auxquelles chacun d’eux était confronté, puisque les traités européens n’ont pas fondé une fédération avec un gouvernement unique mais une Union d’Etats-Nations indépendants. L’euro a ensuite conduit au sur-endettement de la plupart des Etats qui l’ont adopté, étant donné le laxisme de la BCE et de la Commission européenne qui ont laissé les États-membres de la zone s’exonérer des critères de Maastricht selon lesquels il devait être géré. Supposé être adossé à la puissante Allemagne, qui avait abandonné son deutschemark à son profit et donc semblait assurer que l’achat de dettes des États-membres de la zone euro ne représentait pas de risque, il a conduit à la faillite la plupart d’entre eux qui ont recouru à l’emprunt massif sans avoir les moyens d’en rembourser ultérieurement les intérêts ou le capital puisque l’Allemagne n’a jamais formellement consenti à une « Europe des transferts » qui aurait abouti à une mutualisation des dettes des 17 États-membres de la zone. Tout en fragilisant fortement les grandes banques privées européennes, qui doivent être dorénavant recapitalisées pour avoir elles-aussi bêtement crû à la solidité des obligations émises par les divers Etats européens qu’elles ont achetées en masse, la plupart des dits Etats n’étant plus en mesure d’en rembourser les intérêts ou le principal. Ce qui a contraint la BCE, en violation de ses propres statuts comme des traités européens, à se porter acquéreur de ces obligations pour finalement se retrouver en situation de faillite virtuelle -avec un bilan dont le passif dépasse de beaucoup l’actif- puisqu’elle n’a pas le droit ni les moyens d’agir en qualité de préteur en dernier ressort. Sans compter que l’euro n’est pas parvenu à détrôner le « roi dollar », qui est demeuré la monnaie de réserve mondiale dans laquelle restent cotées les matières premières et placées la plupart des réserves de change des Etats émergents comme des fonds souverains.

 

Quand un mécanisme monétaire ou économique a échoué, il faut purement et simplement l’abandonner au lieu de s’accrocher par tous les moyens possibles à le perpétuer. Cet « acharnement thérapeutique » à vouloir sauver l’euro entrainera dans cette zone un chômage encore plus massif qu’actuellement, un endettement public encore accru puis, inévitablement, le double éclatement du « Grand marché » et de la construction politique européenne, les peuples refusant de subir la chute irrémédiable de leur niveau de vie (comme de celui de leurs descendants) au nom de la préservation de la monnaie unique européenne, un dogme sacro-saint sans autre justification que d’éviter à presque toute la classe politique européenne de reconnaitre qu’elle s’est trompée.

 

euro-chute

 

En effet, les politiques dites « de rigueur » consistant à écraser d’impôts et de taxes les classes moyennes et le reste des  populations européennes déjà appauvries, se traduiront par une chute brutale de leur consommation c’est-à-dire par la récession dans tout le continent. La restructuration des énormes dettes des PIIGS -qu’ils ne peuvent honorer faute de croissance économique supplémentaire- et la recapitalisation des grandes banques privées européennes -bourrées d’obligations d’Etats européens ayant perdu plus de la moitié de leur valeur- nécessitant des sommes considérables, le sur-endettement déjà extrême des Etats ne pourra qu’augmenter pendant que ces grandes banques cesseront de prêter. Le « Grand marché » composé de 27 États-membres, dont seulement 17 ont adopté l’euro, éclatera par suite des écarts croissants de compétitivité entre ces deux groupes. Quant à la construction politique européenne, elle ne survivra pas à des niveaux différents d’intégration entre les 27 et à la révolte des peuples qui n’accepteront pas de passer au stade fédéral, c’est-à-dire au Super-État européen de nature à broyer leurs identités nationales ou locales comme leurs libertés.

 

Ludwig von Mises écrivait « Il n’y a aucun moyen de soutenir un boom économique résultant d’une expansion à crédit. L’alternative est ou bien d’aboutir à une crise plus tôt par arrêt volontaire de la création monétaire ou bien plus tard avec l’effondrement de la monnaie qui est en cause ». Nous y sommes ! Toutes les fausses recettes de l’ingénierie financière (appels répétés au FMI lui-même désargenté, création d’un Fonds européen dit de « stabilité » puis d’un Fonds monétaire européen, reprise des créances pourries des PIIGS ou des grandes banques privées par la BCE, etc.) ne solutionneront plus la crise sans fin de la zone euro à 17 qui doit être au plus vite démantelée.

 

Soit en en faisant sortir tous les Etats qui ne peuvent pas se conformer à une stricte discipline, lesquels reviendront alors à leurs anciennes monnaies nationales et organiseront le défaut sur leurs dettes souveraines converties dans ces monnaies qu’ils laisseront se dévaluer, ce qui rétablira aussi leur compétitivité économique. Soit en en faisant sortir l’Allemagne et les deux ou trois autres Etats économiquement compatibles avec elle, capables de s’imposer la discipline nécessaire à la gestion d’une monnaie unique de papier entre eux. Faute d’adopter l’une ou l’autre de ces solutions, ce sont les forces du marché qui auront raison de l’euro en faisant monter à des niveaux stratosphériques les taux d’intérêt applicables aux dettes des 17 Etats les uns après les autres. Et tous les Etats européens, l’Allemagne et les deux ou trois autres Etats précités aussi, risquent de finir ruinés parce que les montants nécessaires au sauvetage de la zone euro actuelle comme de ses grandes banques privées sont impossibles à réunir tant en cash que sous forme de garanties, la BCE n’ayant pas le droit de les imprimer. Quant au traitement de la crise des dettes souveraines européennes, ouverte il y a près de deux ans avec le défaut virtuel de la Grèce, il a été calamiteux en raison de l’activisme brouillon du président français et de la mollesse de la chancelière allemande qui n’ont rien compris à l’importance de l’enjeu lequel n’est autre que le sursaut ou la décadence irrémédiable de la civilisation européenne ! Quand les historiens dans l’avenir étudieront l’histoire de l’Europe, ils resteront confondus que l’on ait pu tenter d’y créer une monnaie unique de papier dont on n’avait aucun besoin et que l’on ait persisté si longtemps à tenter de la conserver pour des motifs purement idéologiques au prix de la ruine du continent tout entier !

 

Commentaire stratégique de la semaine

 

A la lumière des évènements qui se sont produits pendant les deux dernières semaines, notre scénario de l’implosion de l’euro décrit ci-dessus pourrait paradoxalement, dans sa phase initiale, ne pas se dérouler sous la forme d’une chute de cette monnaie mais, au contraire, de sa hausse -mortelle pour la faible croissance et l’exportation européennes- puisque les achats massifs d’euros tant de la part de la BCE que de la part de la BNS comme les rapatriements en euros d’actifs étrangers vendus par les grandes banques privées pour consolider leurs bilans devraient empêcher toute baisse supplémentaire de l’euro/dollar US pour un certain temps. Sans compter que les USA ont repris en sous-main la création monétaire à tout-va, puisque eux non plus ne veulent pas de la poursuite de la hausse du dollar US, l’une des raisons pour laquelle le dollar US/yen japonais atteint cette semaine son plus bas historique....

A notre avis, le franc suisse s’appréciera particulièrement contre le dollar US. Et qui dit rechute du dollar US et reprise du franc suisse, dit aussi hausse des métaux précieux (argent-métal et or -sur lesquels nous restons très haussier-). C’est sous la forme de la poursuite de la chute des obligations d’Etat européennes -qu’il ne faut surtout pas conserver si l’on en a encore- que va vraisemblablement se produire le scénario de l’implosion de l’euro....

Beaucoup va dépendre des réunions des dirigeants européens et internationaux du G20 des jours à venir dont personne ne peut savoir si elles déboucheront sur un nouveau compromis boiteux ou sur un clash, mais ce qui est évident c’est qu’elles ne régleront rien effectivement et durablement faute de s’engager dans la réforme radicale de tout le Système monétaire international, et européen en particulier. Raison pour laquelle nous restons long argent-métal et or car nous restons d’avis que leur potentiel reste à la hausse, même si leur stabilisation peut encore durer quelques temps.

 Le risque de clash  conduisant au krach boursier mondial existe bel et bien, en dépit des stratégies actuelles des grands manipulateurs des marchés d’actions qui sont en train d’acheter les actions US et européennes mais simultanément de massacrer les actions chinoises (ce qui a aussi une visée géostratégique à savoir soulager l’Occident tout en mettant les BRIC sous pression afin de leur soutirer de nouveaux subsides). De telle sorte que ce pourrait être de Shanghai et non pas de Wall Street que viendrait la grande secousse! (FMG - Samedi 22 octobre)

            

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