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La crise s'emballera en Europe...et ailleurs

Publié par medisma sur 15 Janvier 2013, 18:51pm

Catégories : #lintegral

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I- Un regard sur la crise à ce jour4000124898324...La politique d’austérité implacable adoptée par l’élite politique européenne a provoqué une hausse du chômage à des niveaux record à travers tout le continent comme le montrent les données publiées mardi 8 janvier, par l’agence de statistiques Eurostat.

Dans les 17 pays européens formant la zone euro, le chômage a grimpé en novembre à 11,8% et le nombre de travailleurs sans emploi a atteint 18,8 millions. C’est le chiffre le plus élevé depuis l’introduction de la monnaie unique en 1999.

Dans la zone euro, le chômage a augmenté de 0,1% par rapport au mois précédent, soit une hausse de 1,2% depuis novembre 2011. Dans les 27 Etats membres de l’Union européenne, le chômage s’est établi à 10,7% en atteignant pour la première fois 26 millions.

La plus forte augmentation du chômage a eu lieu dans les pays européens qui ont été sélectionnés par le Fonds monétaire internationale (FMI) et l’Union européenne pour subir un traitement de choc économique. En Grèce, le chômage a grimpé en flèche à 26% en septembre soit une hausse de plus de 7% depuis septembre 2011. Le chef de file européen du chômage est toutefois la quatrième économie du continent, l’Espagne, où 26,6% de la main-d’œuvre étaient inscrits au chômage en novembre.

En commentant les plus récentes statistiques européennes, Graeme Leach, chef économiste de l'Institut Britannique des Directeurs, un groupe patronal, a dit, "Il est évident que l’implosion économique de plusieurs Etats membres continue à un rythme préoccupant… Les chiffres clés sont une mauvaise nouvelle et ceci est exacerbé par l’impact politique et humain des niveaux effrayants du chômage des jeunes en Espagne, en Grèce et en Italie."

Selon les chiffres d’Eurostat, le chômage des jeunes se situe actuellement aux environs de 50 pour cent en Grèce et en Espagne, et arrive à 30 pour cent en Italie. Tous les principaux indicateurs économiques signalent une aggravation de la situation économique en Europe et une nouvelle hausse du chômage en 2013.

Les chiffres de statistiques ne révèlent pas la souffrance et le désespoir énorme qui frappent des dizaines de millions de familles à travers tout le continent. La conséquence inévitable de niveaux de chômage record est, dans certaines des économies les plus développées en Europe, un niveau de pauvreté jamais vus depuis les années 1930.

Dans un récent rapport, l’organisme caritatif Oxfam a averti que les mesures d’austérité introduites à la fin de l’année dernière par le gouvernement espagnol et qui comprennent des réductions sévères des allocations de chômage pourraient faire passer, au cours des dix prochaines années, à 18 millions, soit 40% de la population, le nombre de personnes considérées comme vivant dans la pauvreté.

Selon les estimations officielles, plus d’un tiers de la population vit actuellement sous le seuil de pauvreté en Grèce. Les soupes populaires sont maintenant devenues chose courante dans les grandes villes et des marchés de troc sont organisés dans certaines parties du pays pour permettre aux personnes pauvres sans revenus d’échanger des produits.

Fin janvier, une série de réductions des revenus des retraités et des fonctionnaires entrera en vigueur en tant que partie intégrante du dernier plan de coupes approuvé par le gouvernement à Athènes. Les revenus d’un grand nombre de travailleurs qui ont déjà diminué de 40% ces dernières années, baisseront encore d'avantage.

Aliki Mouriki, sociologue au Centre national pour la Recherche sociale (CNRS), a mis en garde contre les conséquences politiques de la politique d’austérité imposée par l’UE et le FMI : "Le chômage continuera d’augmenter, la récession s’aggravera, d'avantage d’entreprises fermeront leurs portes. La grande question est la suivante : Qui survivra ?... La colère et le désespoir s’accumulent… Cela va exploser si les peuples ne voient pas un moyen de sortir de cette situation déplorable."

En fait, le chômage de masse et la pauvreté généralisée ont été pris en compte par l’élite dirigeante européenne lors de l’élaboration des plans qu’un commentateur économique a qualifié d’austérité permanente...

Le propre gouvernement de Merkel est en train d’établir des plans pour introduire dès 2014, en Allemagne après les élections fédérales de cet automne, des mesures d’austérité drastiques. La récente adoption du frein à l’endettement allemand visant à strictement limiter le niveau de la dette obligera tous les autres pays de la zone euro à emprunter la même voie.

A l’extérieur de la zone euro, le premier ministre britannique David Cameron a clairement fait comprendre que le gouvernement de Londres entendait bien maintenir son propre programme de coupes budgétaires au moins jusqu’en 2018. Figure notamment parmi les coupes prévues cette année par la coalition gouvernementale entre les conservateurs et les libéraux démocrates, l’introduction d’un plafond pour les prestations sociales ce qui signifiera une réduction massive des revenus des couches les plus pauvres de la société...

 

II- Et l'Europe en 2013 ?

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L’Europe reste donc enlisée dans la crise économique et sociale la plus profonde depuis la Seconde Guerre mondiale.

"En 2012, d'innombrables personnes ont perdu leur emploi qu’à aucune autre année de ces deux dernières décennies," a déclaré le commissaire européen responsable de l’emploi, László Andor, à l’occasion de la présentation du rapport 2012 "Evolutions de l’emploi et de la situation sociale en Europe". "Ceux qui ont un emploi ont moins d’argent en poche et le risque de sombrer dans la pauvreté est en train d’augmenter inexorablement," a-t-il fait remarquer.

"Il est improbable", a ajouté Andor, "que la situation socio-économique s’améliore... en 2013."

La situation est tout particulièrement catastrophique dans les pays du Sud et de l’Est de l’Europe. Jusqu'ici, seules des guerres ont dévasté de façon aussi radicale et en si peu de temps des économies nationales comme l’ont fait les mesures d’austérité imposées par l’Union Européenne.

En Grèce et en Espagne, 1 personne sur 4 est officiellement au chômage et plus de la moitié des jeunes sont sans emploi. Le revenu moyen des ménages a chuté de 17% en Grèce au cours de ces 3 dernières années et de 8% en Espagne. Les soins de santé, les retraites et les systèmes de sécurité sociale sont au bord de l'effondrement.

Mais, malgré la catastrophe sociale qu’ils ont provoquée avec leur politique d’austérité, les gouvernements européens sont déterminés à resserrer les vis du dispositif budgétaire. Ils ne se contentent plus de se limiter à la périphérie de la zone euro mais ils s’attaquent de plus en plus férocement à la classe ouvrière des principaux pays au coeur de l'Europe.

C’est ce que confirment les nouveaux plans d’austérité prévus pour l’Italie, la France et l’Allemagne ainsi que la fermeture d’usines automobiles en Europe. Dans son message de Nouvel An adressé à la nation, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré que la situation économique ne "sera pas plus facile l’année prochaine, au contraire, elle sera encore plus difficile." Il s’agit-là d’un avertissement clair et net.

En Grande-Bretagne, où près du quart de la population vit déjà dans la pauvreté, le gouvernement Cameron est en train de démanteler systématiquement le système public de santé, d’éducation nationale et de protection sociale.

Il n’est pas un parti parmi les partis politiques traditionnels qui propose une issue de sortie du cercle vicieux de l’austérité, de la récession et du délabrement social. La soi-disant gauche, tout comme la droite, sont d’accord pour dire qu’il n’y a pas d’alternative à la consolidation budgétaire et à la satisfaction des exigences des marchés financiers aux dépens des services sociaux, de l’éducation et des soins de santé. Lors des élections prévues cette année en Italie et en Allemagne, l'unique question posée est de savoir quelle coalition ou quel parti est le plus approprié pour appliquer les dictats de l’oligarchie financière.

En Italie, trois camps se présentent aux élections : le camp de Silvio Berlusconi qui unit les éléments les plus criminels de la bourgeoisie avec la Ligue du Nord  ouvertement raciste ; le camp de Mario Monti, l’homme choisi par les banques internationales et qui a mis en œuvre l’année passée les coupes les plus rigoureuses dans les dépenses sociales de toute l’histoire du pays; et le camp de Pier Luigi Bersani, jusqu'ici l’allié le plus fiable de Monti et dont l’unique point fort est d’être mieux placé pour intégrer les syndicats et la soi-disant gauche dans le processus d’application de la politique gouvernementale.

En Allemagne, le Parti social-démocrate (SPD) et les Verts s’efforcent de remplacer la coalition formée entre les conservateurs et les libéraux et dirigée par Merkel afin d’imposer plus efficacement l’austérité et les coupes dans les services sociaux. Durant le mandat de la coalition gouvernementale rouge-verte dirigée par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, ces partis avaient fait la preuve de leurs qualifications pour cette tâche.

Un rôle tout particulièrement insidieux est joué partout en Europe par les partis se disant de gauche. Ils considèrent que leur tâche principale consiste à garder le contrôle sur la lutte des classes et à empêcher le développement d’un mouvement indépendant de la classe ouvrière. A cette fin, ils critiquent de vive voix l’austérité tout en s’efforçant de canaliser l’opposition sociale derrière les syndicats qui soutiennent le programme d’austérité de la bourgeoisie en collaborant à sa mise en œuvre. Dans le même temps, les partis pseudo-gauches fournissent aux gouvernements les majorités parlementaires requises à l’application des attaques de ces derniers contre la classe ouvrière, voire appliquent eux-mêmes ces attaques.

Au Danemark, l’alliance rouge-verte, un assortiment de sociaux-démocrates de  gauche, de staliniens, de maoïstes et de pablistes, a dernièrement voté en faveur du budget du gouvernement dirigé par la social-démocratie et qui poursuit sans interruption la politique d’austérité du gouvernement conservateur précédent.

En Grèce, la Coalition de la Gauche radicale (SYRIZA) est prête à remplacer la coalition gouvernementale instable du premier ministre Antonis Samaras. SYRIZA a, à maintes reprises, garanti aux banques sa volonté de rembourser la dette du gouvernement grec et de maintenir le pays dans l’Union européenne.

En Italie, tant la Gauche, écologie et liberté (Sinistra, ecologia e libertà) que Refondation communiste (Refundazione comunista) sont prêts à soutenir un gouvernement mené aussi bien par Bersani que Monti, comme ils l’avaient fait précédemment avec le gouvernement de Romano Prodi. Et, en Allemagne, le parti La Gauche (Die Linke) est prêt à procurer la majorité parlementaire requise à un gouvernement fédéral SPD-Verts, comme le parti l’avait déjà fait au niveau régional des Länder.

Ces partis sont de gauche uniquement par le nom. Ils représentent une couche aisée de la classe moyenne qui est en train de virer de plus en plus à droite au fur et à mesure que la lutte des classes s’intensifie. Ils ont totalement intégré le camp bourgeois.

Dans un contexte où une quelconque solution à la crise est impossible à concrétiser au moyen des structures politiques existantes, inévitablement les conflits sociaux ne peuvent que prendre des formes de plus en plus ouvertes. Des luttes des classes intenses sont à l’ordre du jour à travers toute l’Europe. Celles-ci ont déjà été annoncées par les protestations de masse qui ont eu lieu l’année dernière en Grèce, en Espagne et au Portugal. Il est inconcevable que des centaines de millions de travailleurs européens acceptent la destruction de leurs moyens d’existence sans coup férir.

L’intensification de la lutte des classes ne règle cependant pas automatiquement la question de la perspective politique. Au contraire, cette question se pose avec encore plus d'acuité.

Si une solution progressiste à la crise reste entravée par le rôle joué par les partis pseudo-gauches, alors les organisations d’extrême-droite peuvent tirer profit de l’accroissement de la misère sociale et du désespoir. Telle est la dure leçon du siècle passé. Le même danger peut être observé de nos jours avec l’essor d’organisations d’extrême-droite et fascistes telles que l'Aube dorée en Grèce, le Front National en France et Jobbik en Hongrie.

Les travailleurs doivent rompre avec les syndicats et les organisations pseudo-gauches qui cherchent à les enchaîner au système capitaliste décrépit. En insistant pour dire qu’il n’y a pas d’alternative à de nouvelles coupes sociales et à l’appauvrissement de vastes sections de la population, la classe dirigeante reconnaît de fait la faillite du capitalisme.

L’unique alternative à une rechute dans la pauvreté de masse et la barbarie est un programme social. Les banques et les grands groupes doivent être nationalisés et placés sous contrôle démocratique. ‘L’activité économique doit être orientée et réorganisée de façon à satisfaire les besoins de la population dans sa globalité et non servir les intérêts de profit des spéculateurs et des parasites financiers’...

Sources : WSWS

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