Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

le blog lintegral

actualités, économie et finance, nouvelle technologie, entrepreneuriat, histoire et colonisation...


Le choc électoral de 2012

Publié par medisma sur 13 Mars 2011, 20:21pm

Catégories : #lintegral

Caricatures-Nicolas-Sarkozy-Crise.jpgSelon LEAP, les élections françaises de 2012 (élection présidentielle suivie d'élections législatives) seront le théâtre  d’un choc  majeur qui bouleversera les rapports de force politique dans le pays.

Ce choc résultera de l’annonce probable qui  résonnera comme un coup de tonnerre au soir des élections présidentielles françaises: le Front National devancera l’UMP.

Ce résultat constituera un tremblement de terre dans le paysage politique de la France.

Ainsi,  le parti du président actuel, maître complet du jeu politique depuis 2007 avec son contrôle intégral des institutions de la République, se retrouvera derrière un parti considéré comme extrémiste et ultra-populiste ; un parti que le président Sarkozy s’était flatté d’avoir réduit à néant ou presque électoralement lors de son élection en 2007.

L'année 2010 a vu la prise de conscience croissante dans l'opinion publique d'un triple échec de la stratégie de l'UMP et de son leader, Nicolas Sarkozy, qui est à des niveaux d'impopularité présidentielle sans équivalent depuis les débuts de la V° République en 1958, et qui déterminent le choc électoral de 2012 :

1- l'incapacité à tenir les principales promesses électorales en matière de croissance, d'emploi et de revenu (résumées dans le fameux slogan de la campagne présidentielle “Travailler plus pour gagner plus”). En effet, la crise mondiale a mis un terme à tout espoir de réduction du chômage (c'est le contraire qui s'est imposé) tandis que l'austérité mise en place pèse lourdement sur les classes moyennes et défavorisées.

2- une méthode de gouvernement qui a heurté durablement une grande majorité de Français tout en prouvant son inefficacité opérationnelle. Trois exemples illustrent parfaitement ces tendances :

- en matière de politique extérieure : le retour de la France dans l'OTAN, l'engagement militaire français croissant en Afghanistan et l'alignement quasi-complet de la diplomatie française sur celle de Washington. Ces décisions ont été prises sans avoir été mentionnées dans la campagne présidentielle (c'est même le contraire que Nicolas Sarkozy avait annoncé en ce qui concerne l'Afghanistan) et sans aucune consultation démocratique ultérieure. Elles ont donc choqué une grande partie de l'opinion et en particulier une proportion significative de l'électorat UMP traditionnel, attaché à l'héritage gaulliste en matière d'indépendance nationale. C'est d'ailleurs cet électorat-là qui facilite la candidature  dissidente pour 2012 de Dominique de Villepin, ancien Premier Ministre de Jacques Chirac, à la manoeuvre lors du refus français de soutenir l'invasion américano-britannique de l'Irak.

- en matière de politique économique, fiscale et sociale : le traitement du dossier des retraites sans aucun dialogue social et le “bouclier fiscal”  ont renforcé le sentiment général (ces thèmes génèrent des oppositions de larges majorités de Français y compris dans l'électorat de droite)  d'une approche inefficace des problèmes socio-économiques, ignorant toute dimension de dialogue et se faisant systématiquement au profit des classes les plus favorisées. L'affaire Bettancourt (héritière de l'Oréal et première fortune de France), son cortège de révélations problématiques pour les dirigeants français et le chaos judiciaire qui en résulte marquent profondément l'opinion publique, notamment dans les milieux populaires qui ont fourni les contingents d'électeurs-transfuges, passées en 2007 du vote Front national au vote UMP. Le clivage entre “eux et nous”, “les riches et puissants” d'un côté et “le peuple” de l'autre joue désormais pleinement en défaveur de l'UMP alors qu'il avait fortement desservi le Parti socialiste en 2007 (thématique d'une “gauche caviar”, parisienne et déconnectée du peuple).

- en matière de grands principes républicains : les politiques mises en oeuvre en ce qui concerne l'éducation nationale, le traitement des minorités ou des immigrés génèrent des sentiments croissants de rejet. Ce sont bien entendu des groupes différents qui réagissent selon les politiques concernées mais deux tendances se dégagent systématiquement : un sentiment d'une trahison de nombreuses valeurs républicaines, ce socle de valeurs communes qui fondent la France moderne depuis près de deux siècles, qui sont non seulement les héritières des Lumières mais aussi de la tradition chrétienne. Ce dernier point a été illustré par l'opposition bruyante des catholiques aux mesures prises contre les Roms. En résumé, sur cet aspect principiel, l'UMP apparaît de manière croissante, y compris à une partie traditionnelle de son électorat, plus proche du centre, comme un mouvement politique en rupture avec les valeurs du pays.

D'ailleurs, le Nouveau Centre, pourtant satellite de l'UMP, compte bien présenter un candidat au premier tour des présidentielles de 2012 en la personne d'Hervé Morin, actuel ministre de la Défense. Ce seront encore quelques pourcentages de voix qui n'iront pas à l'UMP au premier tour.

3- un style présidentiel qui n'aura pas survécu à la crise : l'UMP paiera en 2012 l'addition électorale du style “people” qu'a essayé d'imposer Nicolas Sarkozy à l'image présidentielle française. Personne ne saura jamais si sans la crise, le style “bling-bling”, mêlant “paillettes” et “ors de la République”, aurait eu une chance de réussir à séduire les Français. Toujours est-il que la crise mondiale et son cortège de difficultés économiques et sociales, de chômage et d'austérité, n'aura fait qu'une bouchée de cette tentative. Mais électoralement la difficulté durable pour l'UMP c'est que le président français ne parvient pas à effectivement effacer cette image de l'esprit collectif. Or la crise socio-économique ne pouvant que s'aggraver d'ici 2012, c'est désormais une image totalement contre-productive en terme de communication politique.

En résumé, il est à  constater donc qu'en cas très probable de nouvelle candidature de Nicolas Sarkozy,  toutes les conditions sont désormais réunies pour que le premier tour de l'élection présidentielle française de 2012 voie un effondrement historique du score de l'UMP, déserté par ses électeurs centristes, par ses électeurs “gaullistes” et par son électorat populaire (transfuge 2007 du Front National pour l'essentiel).

Et cet effondrement profitera en premier lieu au Front National pour trois raisons fondamentales :

a- l’électorat populaire qui avait permis la victoire de Nicolas Sarkozy était venu pour l’essentiel du Front National (qui avait alors réalisé un score très faible). Or cet électorat, déçu du Sarkozysme, est depuis reparti vers le FN qui a réalisé de très bons scores aux dernières élections régionales. Cette situation explique ainsi la récente radicalisation sécuritaire et anti immigration du gouvernement français dans une vaine tentative de récupérer ces électeurs. Et elle s’illustre par les déclarations de députés UMP qui prônent une alliance avec le Front national lors des élections législatives de 2012. La crainte d’une déroute législative de l’UMP en 2012, quelques semaines après une déroute présidentielle, est visiblement présente dans l’esprit d’un nombre croissant de députés du parti actuellement au pouvoir en France. Et les alliances du même type effectuées aux Pays-Bas, au Danemark, en Italie ou en Autriche suscitent des vocations.

b- la multiplication de ces alliances en Europe entre la droite dite “traditionnelle” et l’extrême-droite reflète une tendance européenne fondamentale dont la crise accélère l’évolution. Les inquiétudes socio-économiques facilitent l’impact des discours politiques simplistes, identifiant des boucs émissaires (minorités, immigrés) tandis que la crédibilité démocratique des partis de droite traditionnels est érodée fortement par leur collusion avec les pouvoirs financiers au coeur de la crise et leur gestion de mesures

impopulaires. En la matière, hélas, rien de bien neuf sous le soleil politique ! Et ce phénomène jouera donc pleinement en France en 2012.

c-l'émergence à la tête du Front National d'une nouvelle génération de “frontistes” incarnée par la “fille du chef”, Marine Le Pen, renforce l'attractivité électorale de cette formation en modernisant son image (jeunes générations), en l'adoucissant (une femme) et en l'éloignant du passé “sulfureux” du fondateur.….

  Extraits adaptés  du GEAB

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents