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le blog lintegral

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Le dernier sommet européen : un simple effet d’annonce destiné à gagner du temps

Publié par medisma sur 10 Décembre 2011, 20:49pm

Catégories : #lintegral

 

 Rien à nouveau de positif dans la zone euro

Le dernier sommet du 9 décembre 2011 des dirigeants de l’UE n’a rien réglé mais a encore compliqué la grande usine à gaz de la “gouvernance” européenne que plus personne ne comprend ni ne contrôle. Reprendre dans un nouveau Pacte intergouvernemental les mêmes règles déjà contenues dans les traités de Maastricht et de Lisbonne qui n’ont jamais été appliquées et ne peuvent plus l’être avant de nombreuses années (les déficits budgétaires et les endettements publics étant à des niveaux formidablement plus élevés que les critères de l’ancien Pacte dit de stabilité) ne sert absolument à rien. Et rien n’a été décidé pour améliorer la croissance économique européenne via une meilleure compétitivité des PIIGS et des quelques autres pays en récession. La situation calamiteuse de ces nations risque de s’aggraver davantage, ce qui  ne permettra ni de diminuer leur endettement public ni de sortir l’euro de la spirale mortelle qui finira par le tuer.

1603743_3_2b45_paris-et-berlin-feront-des-propositions-en-c.jpgInstaurer comme seul remède à la crise européenne une austérité massive accompagnée d’encore plus d’impôts au moment où les populations sont atteintes par le chômage de masse est une erreur politique, sociale et économique majeure. Le seul résultat tangible du sommet c’est d’accroitre un peu plus les divisions européennes. La Grande-Bretagne ayant refusé de s’associer audit Pacte pour garder le contrôle de son budget. Quant aux autres Etats, ils ont encore un peu plus abdiqué leur souveraineté -déjà réduite à sa plus simple expression- suite au dictat de Merkel et à la complaisance de Sarkozy. Ledit Pacte ne pouvant pas être ratifié par le Parlement français avant les élections présidentielles de mai 2012 (que Sarkozy vraisemblablement perdra) parce que la session parlementaire se terminera en février pour ne reprendre qu’en juillet, sans compter que plusieurs autres Parlements nationaux risquent aussi de le rejeter, ne constitue in fine qu’un simple effet d’annonce destiné à gagner un peu de temps.

Qu’il s’agisse de la recapitalisation des banques européennes ou de leur manque de liquidités en dollars US, comme des situations de quasi défaut de la Grèce ou d’insolvabilité de l’Italie et d’autres Etats potentiellement ruinés, rien n’a avancé. Le seul fait réel c’est que la BCE n’agira pas comme préteur en dernier ressort puisque Draghi, ainsi qu’il l’a lui-même annoncé sous pression de la Bundesbank, se contentera d’acheter indirectement les obligations d’Etat des PIIGS (d’ailleurs en contradiction avec les traités européens et les statuts de la Banque centrale européenne) sans aller plus loin que quelques dizaines de milliards d’euros par mois pour maintenir les grandes banques privées hors de l’eau mais qui déjà plombent gravement le bilan de cette Banque centrale. La BCE ne deviendra heureusement pas la “Federal Reserve européenne” ainsi que le demandent à corps et à cris les européistes keynésiens qui sont prêts à sacrifier le pouvoir d’achat de la monnaie européenne pour soi-disant la défendre, comme si les Quantitative Easing US, britannique ou japonais avaient en quoi que ce soit amélioré la situation économique de ces pays ou assaini leur secteur bancaire. Enfin, les liquidités prévues pour le FESF (dont on ne sait pas d’où elles viendront) et même l’appel au FMI (dont les actionnaires ne sont pas chauds pour prêter à fonds perdus à l’UE) ne suffiront en aucun cas à sauver l’Italie ou l’Espagne si elles ne pouvaient plus se financer à des taux d’intérêt plus bas qu’actuellement. Comme les agences de notation baisseront les notes de la plupart des Etats européens, la hausse des taux qui en résultera montrera que ni le FESF ni le FMI ne suffiront à éviter le pire....

Nous restons donc baissier sur l’euro/dollar US, haussier sur l’or exprimé en euros. Et baissier sur les marchés d’actions occidentaux techniquement surachetés, et ce en dépit des “robots” (algorithmes et high frequency trading) qui poussent dans le sens de la hausse et que le volume est faible (ce qui favorise les manipulations). Quant aux obligations d’Etat, elles devraient continuer de chuter en Europe mais de rester stables ou fortes aux USA et dans les grands pays émergents.

Quelques considérations sur l’or:

amazonie-la-fievre-de-l-or_940x705.jpgContrairement à une fausse croyance, pourtant abondamment partagée, l’or ne monte pas ni ne baisse pas. Il reste fixe. C’est la monnaie dans laquelle on l’exprime qui monte ou baisse faisant ainsi mécaniquement varier le prix de l’or dans le sens opposé de sa fluctuation. C’est pour cela qu’il y a autant de prix de l’or qu’il y a de monnaies (avec des physionomies différentes) et que le prix de l’or en dollars US vient de fortement baisser (de 1.922 à 1.705) parce que le dollar US est monté. Et pourrait même chuter vers 1.600 voire 1.540 si les 1.705 cassent à la baisse pendant que le dollar US continuerait sa progression. En revanche, le prix de l’or en euros reste non seulement fort mais aussi sans hésitation orienté à la hausse parce que l’euro baisse et devrait continuer de baisser. John Hattaway, le grand spécialiste de l’or, écrivait récemment dans le quotidien suisse Le Temps du 4 juillet 2011: “La hausse de l’or a peu à voir avec le métal jaune lui-même (sa production ou sa consommation). Elle reflète plus d’une décennie de création d’argent ARTIFICIEL (monnaie fiduciaire de papier imprimée ex nihilo sans limite ou monnaie électronique créée sous forme de signes à l’infini par les banques centrales, dont le pouvoir d’achat réel s’écroule). C’est une illusion de croire que l’or monte, c’est en réalité le papier qui sert à l’acheter qui se déprécie”. De son côté, l’autre grand spécialiste John Embry écrivait dans son Digest du 18 novembre 2011: “Still, I must once again emphasize that it isn’t gold and silver that are changing in value, given their status as long-term monetary constants. Rather, it is the fiat paper currency in which they are denominated that’s doing so”. Conclusion: Si l’euro/dollar US s’écroulait vers 1,20 par exemple, le prix de l’or en dollars pourrait chuter vers 1.200-1.300 USD l’once, mais le prix de l’or en euros pourrait alors exploser à la hausse en doublant ou triplant son prix actuel de 1.280 euros l’once, sans considération des “fondamentaux” (production ou consommation) du métal jaune. Pour ceux qui détiennent des euros et sont condamnés à le faire parce qu’ils vivent dans cette zone ou que l’essentiel de leur patrimoine s’y trouve, le seul moyen de se protéger de l’effondrement ou de l’éclatement de plus en plus probable de la monnaie unique européenne c’est d’acheter de l’or en euros.... (FMG)

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