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le blog lintegral

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Merci à The Economist

Publié par medisma sur 18 Novembre 2012, 20:04pm

Catégories : #lintegral

Merci  à  The  Economist   de  faire  le  travail   que  les médias français  ne font  pas

Le journal The Economist parle de la France comme d'une "bombe à retardement au coeur de l'Europe" et provoque les critiques des politiques et médias français. Et si le journal était en fait plus patriote que les Français eux-mêmes en sonnant l’alarme avant qu’il ne soit définitivement trop tard ?

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Les polémiques folles que provoquent les Unes de The Economist montrent amplement, par contraste, l’inanité consensuelle de la presse française, encore illustrée récemment par la honteuse succession de questions fadasses et convenues à la conférence de presse du président. Merci à The Economist de ne pas s’attarder sur les polémiques Twittweiler, marinière, pain au chocolat et tutti quanti, dont nos médias raffolent car elles leur évitent de travailler. Merci à The Economist de se coltiner les rapports du FMI, les chiffres de production industrielle et les reportages au fin fond de la Corrèze. Merci à The Economist de faire un vrai travail de journaliste.

Car l’hebdo de Saint James’ Street est tout sauf le « Charlie Hebdo de la City » (Arnaud Montebourg) ou la « Pravda du capital » (Laurent Joffrin) que nos finauds Parisiens aiment à dépeindre. Rappelons que ce journal, un des plus anciens et des plus réputés au monde, fut fondé en 1843 pour « prendre part dans le vif combat entre l’intelligence, qui nous fait avancer, et l’ignorance crasse et craintive qui nous retarde ». Sa ligne éditoriale, maintenue sans sourciller depuis près de deux siècles, est de défendre le libre-échange et les libertés individuelles, ce qui l’a conduit à soutenir – et à critiquer - aussi bien des politiques de gauche que de droite. Pour éviter toute gloriole stylistique, les papiers ne sont pas signés. Et pour assurer une véritable objectivité factuelle, The Economist s’est doté de sa propre structure d’analyse et de production de données, The Economist Intelligence Unit. Que tous les journalistes français qui osent donner des leçons d’objectivité à The Economist aujourd’hui aillent d’abord y faire un stage.

Décrire aujourd’hui la France comme une « bombe à retardement » est une conclusion rationnelle fondée sur l’observation des faits. Ôtons les œillères idéologiques de l’Etat-nounou. Cessons de fantasmer sur ces taux cours anormalement bas, comme l’a fait encore aujourd’hui cette grande experte des marchés financiers, Najat Vallaud-Belkacem, alors que tous les professionnels prévoient un ajustement brutal et sanglant. Qui peut nier que la France n’a pas été capable de présenter un budget en équilibre depuis 1981, que ses dépenses publiques sont devenues les plus élevées d’Europe (57%), que 25% des jeunes sont au chômage, qu’aucune jeune entreprise n’a rejoint le CAC 40 depuis 1987, que le poids de la fonction publique est étouffant (22% de la population active !), et que les PMEs, étranglées par des régulations absurdes, ne parviennent pas à grossir ? Qui peut contester que la France ne cesse de dégringoler dans les classements internationaux, ceux de la Banque Mondiale comme du Forum Economique Mondial ? Qui peut encore se fier à une classe politique formée dans l’adoration de l’Etat centralisé pour libérer le désir d’entreprendre ?

Comme pour mieux confirmer l’analyse de The Economist, Pierre Moscovici lui a répondu, dans les colonnes du Financial Times, qu’il fallait réformer « à la française » : autrement dit, à coups de compromis intenables et d’usines à gaz législatives. Quant à Laurence Parisot, elle a brandi le rapport Gallois (en prétendant que le rapport de The Economist n’en avait pas tenu compte, ce qui montre soit qu’elle ne l’a pas lu, soit qu’elle ne sait pas lire). Comme si le rapport Gallois, avec ses mesurettes en trompe-l’œil, faisait le poids en comparaison des réformes de structure engagées partout ailleurs en Europe. Si la France n’opère pas le big bang de son Etat, alors c’est l’Etat qui va lui sauter à la figure.

Et pourtant, il n’est qu’à lire les quatorze pages du dossier de The Economist pour comprendre à quel point les Français, si leurs gouvernants « cessaient de les emmerder » (pour reprendre une formule de notre dernier grand président, Georges Pompidou), feraient des miracles. Ce qui ressort de ce numéro, c’est l’amour de la France. Pour son histoire, pour sa culture, mais aussi pour ses régions, pour sa diversité de talents, pour son intelligence propre. Comme dans ces villages de la Loire où des colonies d’Anglais restaurent nos vieilles maisons avec méticulosité et tendresse, il se peut que The Economist, en sonnant l’alarme avant qu’il ne soit définitivement trop tard, se soit montré bien plus patriote que ses confrères parisiens.

Source : atlantico.fr

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