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le blog lintegral

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Nouriel Roubini: Il faut exploser les mastodontes bancaires

Publié par medisma sur 8 Juin 2010, 22:46pm

Catégories : #lintegral

roubini-nouriel.jpgNouriel Roubini, professeur d'économie au Stern School of Business de l'Université de New York et président du RGE Monitor, un groupe de consultants économiques spécialisé en analyse financière, a été surnommé Dr. Doom ou « Dr. Catastrophe » à cause de ses prédictions économiques notablement plus pessimistes que la plupart des économistes. Il s’est révélé finalement un cassandre en étant l’un des premiers à pronostiquer dés 2006 la crise des subprimes.

 Invité du gérant de fortune genevois IJ Partners, il a fait à l’occasion des déclarations fracassantes dont voici un extrait :

Nouriel Roubini, votre spécificité est de peindre l’avenir en noir. Quelle réforme urgente feriez-vous pour éviter l’apocalypse que vous prédisez dans votre dernier livre*?

Ce que l’on voit aujourd’hui, c’est que les Etats qui sont venus au secours des banques doivent à leur tour être secourus. Ils ont dû massivement s’endetter pour sauver le système financier. Or, que se passera-t-il lorsque l’Allemagne, la Suisse et d’autres prêteurs disciplinés ne voudront plus financer ces plans de sauvetage? Le mécanisme de la dette globale ressemble de plus en plus au jeu de l’avion, à une escroquerie de Ponzi comme celle utilisée par Madoff.

C’est sévère, non?

Non. Il est vraiment temps de couper les vivres à UBS, Bank of America, Goldman Sachs ou JPMorgan Chase. Il faut les affamer. Car après avoir été à l’origine de l’incroyable endettement des Etats pour les sauver (on parle de 14.000 milliards de dollars), elles sont ressorties de la première étape de la crise plus grosses, plus puissantes qu’avant. Plus que jamais, elles savent bien qu’elles peuvent continuer à jouer au casino; s’il y a un couac, le politique reviendra une fois de plus à la rescousse. On se trouve paradoxalement plus menacé que jamais par les instituts «too big, to fail».

Des régulations strictes, tant en Europe que, récemment, aux Etats-Unis sont pourtant en cours. Cela ne vous suffit-il pas?

Ce sont certes des pas importants en avant, mais, en réalité, totalement insuffisants. La seule voie possible est de les fragmenter. Car une même banque – telle UBS en Suisse – qui abrite sous le même toit la petite clientèle, les prêts aux entreprises, l’investment banking, des hedge funds ou des assurances est impossible à contrôler, ni par sa direction générale ni par les organes de surveillance. Il faut impérativement que les activités à destination de la clientèle et des entreprises soient séparées de celles de la banque d’affaires, beaucoup plus risquées.

Revenir à ce qui existait il y a dix ans encore aux Etats-Unis, au Glass Steagall Act?

Absolument. Les gouvernements doivent imposer aux grandes banques mondialisées une sorte de mur de Berlin entre la banque commerciale et la banque d’investissements.

Et les agences de notation, qui se sont tant trompées sur les «subprime» et qui, aujourd’hui, mettent la Grèce, l’Espagne ou le Portugal sous pression?

Là également, des réformes urgentes s’imposent, notamment en les contraignant à changer radicalement leur modèle d’affaires. Il n’est plus tolérable que ces agences soient payées par les mêmes personnes, les mêmes entreprises et les mêmes Etats dont elles sont censées juger la solvabilité.

Publié par Tribune de Genève (http://www.tdg.ch) - Extrait le 08.06.2010

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