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Portugal, Espagne, Maroc : Les secousses de 2009 et de 1755 !

Publié par medisma sur 21 Décembre 2009, 23:09pm

Catégories : #lintegral


INFOu9398Un séisme de magnitude 6,3 sur l’échelle de Richter a secoué tôt, jeudi 17 décembre 2009 à 01h38 GMT du matin,  le Portugal, la péninsule Ibérique et le Maroc, a annoncé l’institut espagnol de sismologie. Information confirmée aussitôt par l’institut de météorologie portugais et le centre de protection civile de Casablanca. Aucun dégât ni victime n’a été signalé.

 L’épicentre du séisme a été localisé dans l’océan Atlantique, à 100 km au sud-ouest de Cap Saint-Vincent, au Portugal, et à une profondeur de 58 km, selon l’institut espagnol.

La secousse a été particulièrement ressentie à Lisbonne et dans l'Algarve (sud du Portugal), ainsi qu'en Andalousie (sud de l'Espagne), notamment à Séville, Cadix, Huelva, et à Madrid. Elle a également touché les principales villes marocaines, Tanger, Casablanca, Fès, Meknes, Rabat et Marrakech et a été  précédée d’un long et sourd grondement souterrain.

 Ce séisme rappelle étrangement le tremblement de terre le plus destructeur que l'histoire ait enregistré un certain matin(9h20) du samedi 1er novembre 1755 !

Quoique connu sous le nom de « tremblement de terre de Lisbonne », il secoua violemment une partie considérable du Portugal, de l’Espagne, du Maroc et d’autres localités limitrophes.

Un terrible raz-de-marée (tsunami) submergea les côtes de ces trois pays, envahit les villes côtières et occasionna des dégâts énormes.

«On affirme qu'à Cadix le raz-de-marée atteignit dix-huit mètres de hauteur.

Quelques-unes des plus hautes montagnes du Portugal furent violemment secouées; plusieurs s'ouvrirent par le sommet; des flammes en jaillirent et d'énormes blocs de rochers furent précipités dans les vallées voisines. » (Charles Lyell, Principles of Geology, p. 495.)

À Lisbonne, « le tremblement de terre qui détruisit la ville fut précédé de sourds grondements souterrains (à l’instar de la secousse de ce 17 décembre 2009). Puis on vit la mer se retirer, laissant ses rives à sec, pour revenir ensuite sur elle-même et s'élever à quelque quinze mètres au-dessus de son niveau ordinaire....

Au nombre des événements extraordinaires qui se produisirent à Lisbonne, on cite la disparition d'un quai tout en marbre, construit depuis peu et à grands frais. Une immense foule s'y était réfugiée, comme l'endroit le plus sûr pour échapper au danger des maisons croulantes. Mais tout à coup le quai s'effondra avec toute sa cargaison humaine; pas un cadavre ne revint à la surface.»

Ce séisme entraîna la chute des églises, des couvents, des mosquées et des dizaines de milliers d’édifices publics et de maisons.

A Lisbonne,  un incendie éclata dans les différents quartiers de la ville et sévit avec tant de violence pendant environ trois jours qu’elle fut entièrement détruite. La catastrophe tomba sur un jour de fête (la Toussaint), alors que les églises et les couvents étaient combles; peu de personnes échappèrent.... » (Encyclopedia Americana, art. Lisbon, note.) (voir aussi livre La Tragédie des Siècles, chapitre "Les précurseurs du matin").

 En Espagne, la secousse se fit sentir avec une rare violence. On affirme qu'à Cadix le raz-de-marée atteignit dix-huit mètres de hauteur.

 Au Maroc, les villes de Tanger, Salé, Rabat, Casablanca, Fès, Meknès… ont connu le même sort. On rapporte même qu’un village de huit à dix mille habitants disparut subitement sous la violence de la secousse.

Le nombre de morts dans ces trois pays dépasse probablement le chiffre de 150.000 !

Quant à Casablanca, appelée à l’époque Anfa, elle a été détruite et  complètement abandonnée par sa population. Elle est restée à l’état de ruines jusqu’à la fin du XVIIIème  siècle.

Cette funeste catastrophe enfanta une véritable épouvante et une terreur indescriptible au sein de  toutes les populations de cette contrée de l’Atlantique…

Voltaire apprit la triste nouvelle trois semaines plus tard. Quelques jours après, il écrivit un Poème sur ce désastre qui fut achevé le 16 décembre. C'est une réaction émotionnelle à l'origine de sa révolte :

Ô malheureux mortels ! Ô terre déplorable !
Ô de tous les mortels assemblage effroyable !
…………………………………………………………

Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l’un sur l’autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés ;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l’horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous : "C’est l’effet des éternelles lois
Qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix" ?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
"Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes" ?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
……….

 La secousse du 17 décembre 2009, heureusement sans gravité,  vient toutefois de ressusciter en mémoire cette tragédie d’antan… et ses terribles horreurs !

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