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Le bicentenaire d'Alfred de Musset

Publié par medisma sur 20 Décembre 2010, 21:17pm

Catégories : #lintegral

musset-et-sand.jpgAlfred de Musset (1810-1857) se projetait déjà dans les temps présents en interpellant Lecteur,  Bourreau, Vérité et  Grand Amour :

 

 Au lecteur

 Jusqu'à présent, lecteur, suivant l'antique usage,

Je te disais bonjour à la première page.

Mon livre, cette fois, se ferme moins gaiement ;

En vérité, ce siècle est un mauvais moment.

 

Tout s'en va, les plaisirs et les moeurs d'un autre âge,

Les rois, les dieux vaincus, le hasard triomphant,

Rosafinde et Suzon qui me trouvent trop sage,

Lamartine vieilli qui me traite en enfant.

 

La politique, hélas ! voilà notre misère.

Mes meilleurs ennemis me conseillent d'en faire.

Être rouge ce soir, blanc demain, ma foi, non.

 

Je veux, quand on m'a lu, qu'on puisse me relire.

Si deux noms, par hasard, s'embrouillent sur ma lyre,

Ce ne sera jamais que Ninette ou Ninon.

 

 

A Mademoiselle

 Mais toute puissance sur terre
Meurt quand l'abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S'éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu'il endure,
Son triste rôle est le plus beau.
J'aime encor mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.

 

 

Tristesse

 Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.

 

Et pourtant elle est éternelle,

Et ceux qui se sont passés d'elle

Ici-bas ont tout ignoré.

 

musset3.gifA Son Grand amour George Sand

 Te voilà revenu, dans mes nuits étoilées, Bel ange aux yeux d’azur, aux paupières voilées, Amour, mon bien suprême, et que j’avais perdu ! J’ai cru, pendant trois ans, te vaincre et te maudire, Et toi, les yeux en pleurs, avec ton doux sourire, Au chevet de mon lit, te voilà revenu. Eh bien, deux mots de toi m’ont fait le roi du monde, Mets la main sur mon coeur, sa blessure est profonde ; Élargis-la, bel ange, et qu’il en soit brisé ! Jamais amant aimé, mourant sur sa maîtresse, N’a sur des yeux plus noirs bu la céleste ivresse, Nul sur un plus beau front ne t’a jamais baisé !


Biographie d’Alfred de Musset :

Louis-Charles-Alfred de Musset naît à Paris le 11 décembre 1810. Il est le fils de Victor de Musset-Pathay et de Mademoiselle Guyot-Desherbiers. La famille est aisée et il bénéficie d’une enfance heureuse auprès de parents unis et affectueux. Son père, homme de lettres, fanatique de Jean Jacques Rousseau, l’initie à la littérature.

En 1819 il entre au collège Henri IV. Il écrit de petits poèmes dans des styles variés, sortes d’exercices très réussis plutôt que des créations originales. Il remporte le premier prix de dissertation française au concours général en 1827 et obtient le baccalauréat l’année suivante.

 Il entreprit des études de droit et de médecine, qu’il ne termina pas, et fréquenta, dès 1828, le Cénacle romantique chez Hugo et chez Nodier, où il rencontra notamment Vigny, Mérimée et Sainte-Beuve. Précoce, brillant, célébré, il publia son premier recueil de vers, Contes d’Espagne et d’Italie (1829), à l’âge de dix-neuf ans et remporta un succès immédiat. Malgré cette gloire précoce, il connut une infortune relative avec ses pièces de théâtre, telles la Quittance du diable, qui ne put être représentée, et la Nuit vénitienne (1830), qui fut un échec retentissant. La mort de son père en 1832 l’amena à se consacrer entièrement à la littérature et à en faire son métier. Auteur doué et sûr de son talent, il fut cependant profondément blessé et échaudé par l’échec de la Nuit vénitienne!; il décida alors que les pièces qu’il écrirait seraient désormais destinées non pas à la représentation, mais - fait original et presque unique dans la littérature française -, exclusivement à la lecture.
Parmi les comédies de mœurs romantiques qu’il publia entre 1932 et 1934, À quoi rêvent les jeunes filles, la Coupe et les Lèvres et Namouna, furent regroupées sous le titre Un spectacle dans un fauteuil, qui traduisait son choix d’écrire un théâtre destiné à être lu chez soi et non pas représenté. Les Caprices de Marianne (1833), Fantasio (1834) et On ne badine pas avec l’amour (1834) virent le jour sous la forme de livrets.
En 1833, Musset rencontra celle qui devait être le grand amour de sa vie, la romancière George Sand, de sept ans son aînée. Tumultueuse, orageuse, leur relation s’interrompit momentanément en 1834, lorsque George Sand entama une nouvelle liaison avec le docteur Pagello, qui soignait Musset lors de leur voyage en Italie. En 1835, après plusieurs ruptures violentes, cette passion prit définitivement fin, laissant à Musset la douleur d’un échec sentimental cuisant, mais donnant à son œuvre une profondeur qui lui manquait encore.
À la fin de l’année 1834, il enrichit son théâtre d’un chef-d’œuvre, le drame historique Lorenzaccio, puis du Chandelier, l’année suivante. Dramaturge incompris, il avait en revanche obtenu un immense succès, en 1833, avec son poème romantique Rolla : le cycle des Nuits, écrit après sa rupture et ancré dans son expérience sentimentale, conforta sa réputation de grand poète. Cette œuvre allégorique, où le poète dialogue avec sa Muse, parut de 1835 à 1837 (la Nuit de mai, la Nuit de décembre, la Nuit d’août, la Nuit d’octobre), et comporte quelques-unes de ses meilleures pages. Refusant la mission sociale de l’écrivain prônée par le nouvel esprit romantique, il y privilégiait l’émotion, s’attachant à décrire la variété et la complexité des sentiments qui accompagnent la passion amoureuse.
Également composée après la passion, son œuvre narrative principale, la Confession d’un enfant du siècle (1836), est une autobiographie romancée qui, avec quelque emphase et quelque complaisance, analyse l’âme tourmentée du poète. On y trouve surtout l’expression du sentiment de trahison que ressentait la génération de 1830, celle qui vit ses espoirs anéantis par l’échec du soulèvement de Juillet et son avenir confisqué par les notables de la monarchie Louis-philipparde.
Malade et épuisé précocement, Musset poursuivit ensuite sa carrière d’auteur dramatique avec de nouvelles pièces, moins réussies que les précédentes, telles que Il ne faut jurer de rien (1836), Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée (1845), On ne saurait penser à tort (1849). En 1838, il avait été nommé conservateur d’une bibliothèque ministérielle, ce qui lui permit de mener une vie tout à fait décente quoique moins brillante qu’à ses débuts. La perte de son emploi, en 1848, sans le réduire à la misère, le conduisit à écrire des œuvres de commande. En 1852, il fut élu à l’Académie française alors que le public s’était détourné de lui, que son théâtre commençait timidement à être représenté et qu’il n’écrivait pratiquement plus. Il mourut à Paris le 2 mai 1857.

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