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le blog lintegral

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ROMAN : L’oeil du Purgatoire

Publié par medisma sur 8 Juin 2011, 19:42pm

Catégories : #lintegral

Quand la capacité d’anticipation naît d’une maladie et devient un terrible fardeau ... !

arbrevspitz.jpgChef d’oeuvre oublié de la littérature française, classique du roman d’anticipation français, L’oeil du Purgatoire, publié en 1945 pour la première fois et réédité (et magnifiquement illustré) en 2008 par les Editions de L’Arbre Vengeur, est une mise en scène éminemment esthétique et philosophique du don passif (ou de la malédiction) de perspective temporelle (anticipation) dont il présente toute la dimension tragique.

Jean Poldonski, un peintre raté et au bord du suicide, devient l’objet d’une expérience scientifique en se faisant inoculer par un laborantin fou un bacille qui s’attaque à la vue et lui permet de “voir” les objets et les êtres périssables tels qu’ils seront dans le futur. Jean Poldonski, ainsi devenu voyeur du temps, se retrouve évoluant dans un “présent vieilli”, nouvelle dimension temporelle dont l’auteur révèle tout le caractère cauchemardesque surtout lorsque le héros se rend compte que le processus s’accélère : les quelques minutes d’avance se transforment en jours, semaines, siècles. L’étrange voyage de Poldonski “aux sources de la causalité” où “ses pas ne laissaient aucune trace” lui fait voir dans son assiette la nourriture telle qu’elle sera après digestion, ses proches vieillir sous ses yeux, il sera le témoin impatient et ironique de sa propre mort… avant de se retrouver à contempler un ciel vidé d’étoiles.

Roman “sur l’anticipation” plus que “d’anticipation”, Jacques Spitz a laissé là une incroyable peinture d’un temps dévoreur de vie et de sens dans la lignée de celle qu’un Goya nous avait laissé quelque deux cents ans plus tôt.

spitz.jpg“Spitz est avant tout un romancier. C’est aussi un logicien, un moraliste et un humoriste désabusé dont l’oeuvre jette un pont entre la pataphysique d’Alfred Jarry et le post-surréalisme de René Daumal, Philippe Curval, Daniel Drode, Serge Brussolo, Antoine Volodine ou Alain Damasio. Parallèlement aux esthétiques orthodoxes nées de Verne et Rosny, ce courant a toujours irrigué la science-fiction française, dont il est l’une des expressions les plus originales. En cela, Spitz est bien un de nos pères égarés.” (L’oeil du Purgatoire, Jacques Spitz, éd. L’Arbre Vengeur, 2008)

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