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le blog lintegral

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Takieddine, l’homme de l’ombre parle

Publié par medisma sur 29 Septembre 2011, 20:56pm

Catégories : #lintegral

 

« Je veux voir le président. Nicolas Sarkozy a intérêt à me recevoir. Je demande des remerciements, pas de légion d'honneur, je leur jetterai à la figure. Je veux que les choses soient clarifiées. A Claude Guéant, que je considérais comme un ami, je lui demande, ainsi qu'à Nicolas Sarkozy, des excuses.  »

 

 

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L’homme de l'ombre surgit subitement et se met à parler. L'intermédiaire sur des contrats d'armement, Ziad Takieddine, mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, a nié jeudi sur BFM TV toute implication dans cette affaire. Il a assuré qu'il n'avait jamais financé la moindre campagne politique et demandé  «au Président de lever le secret défense sur tous les contrats, dans les 24h, il est digne il le fera». Il dénonce par ailleurs des «gens sales» dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, qu'il dit avoir rencontré à deux reprises et réclame finalement de Sarko et Guéant des excuses.

écoutez, c’est stupéfiant :

 

 

 

Et notre homme d’aborder divers   sujets  résumés ci-après :

La campagne Balladur ? Sur le financement supposé de la campagne Balladur grâce à des rétrocommissions issues du contrat Sawari II (ndlr, vente de frégates), passé avec l'Arabie Saoudite, Takieddine se veut affirmatif. «J'ai rencontré Bazire trois fois, en tout. Ca s'arrête là. Avec Thierry Gaubert, les relations étaient amicales. Mais, aller acheter des cigares à Genève, pourquoi pas, mais porter des valises (ndlr, comme l'assure l'ex femme de Thierry Gaubert) ? Je n'ai jamais porté de valises, je ne suis pas Bourgi.»

Mise en cause du clan Chirac. Ziad Takieddine passe à l'offensive et met en cause le clan Chirac, plus précisément
Dominique de Villepin. «Je pense que les rétrocommissions n'ont pas été arrêtées. Je sais que cet argent est parti ailleurs. Celui qui les a officiellement arrêtées devra répondre, je parle de Villepin. Pour ma part, je réserverai ce que je sais au président de la République et à la justice.»

Des excuses de Sarkozy. «Dans mon action, je considère que je rends des services à la France. Je veux voir le président. Nicolas Sarkozy a intérêt à me recevoir. Je demande des remerciements, pas de légion d'honneur, je leur jetterai à la figure. Je veux que les choses soientt clarifiées. A Claude Guénant, que je considérais comme un ami, je lui demande, ainsi qu'à Nicolas Sarkozy, des excuses.

Contrat Agosta. Interrogé sur le contrat d'armement Agosta (ndlr, vente de trois sous-marins nucléaires au Pakistan), Ziad Takieddine assure qi'il n'a «rien à faire avec le contrat Agosta, aucune relation avec le Pakistan. Je demande qu'on produise le contrat entre la France et le Pakistan. Je ne suis pas dedans. A l'époque, je m'occupais de l'Arabie Saoudite exclusivement, du matin jusqu'au soir», assure-t-il. «Ce contrat a été mal exécuté. Il aurait fallu arrêter ce contrat, ne pas envoyer des innocents là-bas (ndlr, les agents de la DCN) ou mieux les protéger. C'était la responsabilité de l'Etat.»

Relations avec Copé. «C'est un ami, mais pas une amitié intéressée, jamais je ne lui ai demandé quelque chose.» Aucun de mes contrôles fiscaux n'a été interrompu, mon ex-femme peut dire ce qu'elle veut. Sur les vacances avec Jean-François Copé, il avoue en souriant, ne pas penser lui «avoir payé des vacances. Mais quand j'invite des gens, je n'ai pas l'habitude qu'ils payent.»

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La levée du secret défense. «Je dis au président de la République, je lui suggère : arrêtez tout de suite, puisque vous êtes garant de la Constitution, levez le secret défense sur tous les contrats et notamment sur
Agosta, et notamment sur Sawari II», a-t-il déclaré, en parlant des contrats de vente de sous-marins et de frégates au Pakistan et à l'Arabie saoudite en 1994. «Qu'on arrête de parler de n'importe quoi sur n'importe quoi!», a plaidé l'homme d'affaires franco-libanais sur la chaîne d'informations en continu. Parlant encore du chef de l'Etat français, Ziad Takieddine a lancé : «Franchement, il lui appartient de faire ça tout de suite, dans les 24 heures. C'est digne, il est digne, il le fera».

Le juge Van Ruymbeke serait en possession d'un document troublant


Autre information du jour : France Info cite une source judiciaire selon laquelle le juge Van Ruymbeke disposerait d'un document prouvant que l’Arabie Saoudite aurait bien effectué un virement de 10 millions d'euros (qui correspondrait à un acompte dans le contrat Sawari II) le 26 avril 1995. «C'est à cette même date, le 26 avril, que 10 millions 250 mille francs ont été versés en espèces, au Crédit du Nord, sur le compte de l’AFICEB, l’Association pour le financement de la campagne d’Edouard Balladur. De l’argent à la provenance incertaine, même si les Balladuriens ont toujours évoqué les recettes de la vente de gadgets et de tee-shirts lors des meetings électoraux», écrit le site.

 

 

 

 

L'affaire Karachi est un long feuilleton judiciaire et politique. Il commence en 1994 lorsque le gouvernement d'Edouard Balladur conclut des gros contrats d'armement : en septembre, le contrat Agosta pour la vente de sous-marins au Pakistan pour environ 830 millions d'euros et en novembre, le contrat Sawari II portant sur des frégates à l'Arabie saoudite pour quelque 3 milliards d'euros.

Mais en mai 1995, dès son arrivée à l'Elysée, Jacques Chirac ordonne une révision de ces contrats. Il fait stopper en 1996 les versements de commissions, légales jusqu'en 2000, en raison de soupçons de rétrocommissions illégales. Selon l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, il s'agissait de s'attaquer au «trésor» d'Edouard Balladur, candidat à la présidentielle de 1995.

Un attentat en guise de représailles après l'arrêt des commissions ?

Le 8 mai 2002, un attentat fait 15 morts à Karachi (sud du Pakistan), dont 11 salariés français de la Direction des constructions navales (DCN), travaillant à la construction d'un sous-marin. En 2009, après avoir longtemps privilégié la piste islamiste, l'enquête sur l'attentat du juge Marc Trévidic s'oriente vers l'hypothèse de représailles pakistanaises, après l'arrêt des versements de commissions liées au contrat Agosta.

En avril 2010 , le journal Libération révèle que
la campagne d'Edouard Balladur aurait reçu 10 millions de francs pouvant provenir de commissions sur le contrat pakistanais. L'ancien Premier ministre conteste tout financement illégal. En septembre 2011, après l'audition de témoins et des perquisitions, le juge van Ruymbeke met en examen Ziad Takieddine pour «complicité et recel d'abus de biens sociaux». Il est soupçonné d'être un intermédiaire dans le contrat pakistanais.

Les femmes d'hommes de l'ombre «balancent»

L'affaire s'accélère encore le 21 septembre : Thierry Gaubert, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, est mis en examen pour «recel d'abus de biens sociaux». Il est accusé par sa femme d'avoir dans les années 1990 rapporté de l'étranger, avec Ziad Takieddine des valises d'argent remises à Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur.
Le lendemain, Nicolas Bazire est mis en examen pour complicité d'abus de biens sociaux.

Le 23 septembre, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour violation du secret professionnel et recel après des révélations sur une conversation téléphonique, le 14 septembre, entre Brice Hortefeux et Thierry Gaubert, dans laquelle l'ex-ministre de l'Intérieur prévient Thierry Gaubert que sa femme «balance beaucoup» aux enquêteurs.



 

Sources : Le Parisien.fr,  AFP, Mediapart - le 29.09.2011

 

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