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le blog lintegral

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Un vent de panique sur les marchés

Publié par medisma sur 24 Juillet 2012, 00:06am

Catégories : #lintegral

Les bourses qui plongent, l'euro qui sombre, des taux d'intérêt à 10 ans qui flambent, une pluie de mauvaises nouvelles et des mesures d'urgence... L'Espagne est à présent au coeur des inquiétudes, en dépit du feu vert de la zone euro au plan d'aide aux banques. L'horizon économique de la quatrième économie européenne s'assombrit. La crise de la zone euro s'est manifestée lundi dans toute sa splendeur. Récit.

80657_traders-look-at-computer-screens-during-trading-at-th.jpgL'été promet encore d'être très chaud dans la zone euro. Les Bourses mondiales ont à nouveau décroché lundi, entraînant l'euro dans leur chute, sur fond d'envolée des taux d'emprunt espagnols. L'affolement a été alimenté par de nouvelles inquiétudes pour l'économie espagnole et par la crainte de voir la Grèce lâchée par ses partenaires européens. Et comme les volumes d'échanges sont réduits en cette période de vacances, la volatilité est maximale.

La chute a été si forte que Madrid a interdit les ventes à découvert sur les actions pour une durée de trois mois. Milan a également annoncé une mesure de ce type mais en la limitant aux valeurs financières (banques, assurances). Les ventes à découvert sont une transaction financière risquée qui consiste à vendre à terme un actif que l'on ne possède pas, en misant sur la baisse de son cours pour faire une plus-value quand il s'agit de l'acquérir plus tard pour le restituer.

*       Leur interdiction a de fait a permis de calmer un peu la situation à Madrid où la Bourse avait chuté de plus de 5% en cours de séance. La Bourse madrilène a finalement terminé en recul de 1,1%. Idem à Milan où, après une chute de 5%, la Bourse a cédé finalement 2,76% à la clôture. Paris chutait de 2,89%, les valeurs bancaires ont vécu une séance noire, Crédit Agricole enregistrant la plus forte baisse de la cote (-5,48%) suivi par BNP Paribas (-5,47%) et Société Générale (-4,58%). La situation était la même à Francfort (-3,18%) et à Londres (-2,09%). Athènes a dégringolé de son côté de 7,01%. Wall Street n'a pas échappé à la morosité et le Dow Jones a terminé à – 0,79%  et Nasdaq à -1,20%.

L'euro sous 1,21 dollar

"C'est vraiment une situation quasi critique. Les marchés ne savent pas à quoi se raccrocher", estime Cyril Regnat, stratégiste obligataire chez Natixis. "Il y avait longtemps que nous n'avions pas eu une séance aussi inquiétante, qui rappelle les folles journées de l'été dernier", renchérit Andrea Tueni, analyste chez Saxo Banque." Dans ce contexte, l'euro accélérait sa chute lundi, glissant à des niveaux plus vus depuis deux ans face au dollar et depuis 11 ans face au yen. Vers 18h00, la monnaie unique valait 1,2121 dollar contre 1,2152 dollar vendredi soir, après être descendu jusqu'à 1,2067 dollar à la mi-journée, son plus faible niveau depuis le 10 juin 2010.

Les régions espagnoles inquiètent, l'espoir de rebond s'éloigne

Le fait que la région de Valence en appelle vendredi à l'aide de l'Etat a mis le feu aux poudres. "A peine bouclé le plan de sauvetage des banques espagnoles, on est maintenant confronté aux problèmes des régions espagnoles avec Valence qui a demandé un soutien financier et d'autres régions risquent de suivre (...) Cela n'en finit pas", souligne Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities.

Signe de tension supplémentaire pour les opérateurs, la quatrième économie de la zone euro s'enfonce dans la récession. Le PIB ibérique s'est ainsi contracté de 0,4% au deuxième trimestre, après un recul de 0,3% sur les trois premiers mois de l'année. Et le gouvernement à repoussé à 2014 l'espoir de sortir de la récession. Car loin de rassurer, le nouveau plan d'austérité de 65 milliards d'euros inquiète par ses effets négatifs sur l'activité. Sans compter que les mouvements sociaux de protestation se multiplient.

Du coup, les taux de financement du pays se sont envolés, franchissant un nouveau record, depuis la création de la zone euro, sur le marché obligataire, là où s'échangent les titres de dette déjà émis par les Etats. Ils flirtent avec les 7,5% à échéance dix ans. Un taux que l'Espagne ne pourra pas soutenir longtemps.

Le plan d'aide aux banques jugé insuffisant

Les opérateurs se demandent donc si le pays ne sera pas contraint de demander une aide globale et pas seulement pour ses banques, même si le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, a de nouveau écarté lundi un plan de sauvetage pour le pays. Et ce d'autant plus que le plan de soutien aux banques approuvé vendredi comporte de nombreuses zones d'ombres qui ont déçu. Il n'a en effet eu aucune allusion à la supervision bancaire annoncée lors du sommet européen de juin, encore moins à une union bancaire, qui permettrait de renflouer les banques européennes sans passer par les Etats. Or dans ce cas, l'aide aux banques va non seulement alourdir la dette publique espagnole, mais aussi son déficit puisque c'est le gouvernement qui va devoir payer les taux d'intérêt des prêts. Selon Madrid, les coûts du financement de la dette espagnole devraient grimper de 9,1 milliards en 2013.

L'Espagne pourrait exploser cet été

Madrid qui a donc adopté un sévère plan d'austérité de 65 milliards d'euros, associant nouvelles recettes et coupes budgétaires, ne fera qu'aggraver la récession puisqu'il rogne le pouvoir d'achat de tous les ménages espagnols. Ce qui a en effet  déclenché un vent de contestation d'une ampleur sans précédent dans le pays depuis le début de la crise en 2008. "L'Espagne est engluée dans la récession, le gouvernement n'a plus le soutien du peuple, les comptes publics dérapent: les marchés ont vite fait d'envisager un scénario à la grecque", explique Jean-François Robin. "Ils anticipent un plan d'aide globale au pays pour lui éviter la faillite" s'ils ne veulent pas que l'Espagne explose cet été, et après elle l'Italie.

L'économie espagnole, la quatrième de la zone euro, pèse 12% du PIB européen. L'Europe n'a actuellement pas les moyens de lui venir en aide.

Nouveaux doutes sur le soutien à la Grèce

Les marchés s'interrogent aussi sur le soutien des Européens à la Grèce, à la suite notamment d'informations publiées dimanche dans la presse allemande. Le porte-parole du gouvernement ne s'est guère montré rassurant lundi, évoquant le scepticisme de Berlin quant aux chances de voir la Grèce sortir enfin de l'ornière où elle ne cesse de s'enfoncer depuis près de trois ans. Le ministre allemand de l'Economie Philipp Roesler avait déclaré la veille que le scénario d'une sortie d'Athènes de la zone euro avait "perdu de son horreur". Le gouvernement grec rencontre cette semaine une délégation des trois institutions créancières du pays, Union Européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international (FMI) pour discuter des réformes nécessaires au maintien de leur aide.

La BCE rechigne toujours à jouer les sauveurs

Selon les analystes, le seul espoir à court terme pour ramener le calme sur les marchés réside dans une intervention de la Banque centrale européenne (BCE). Cela "reste une possibilité dans les semaines à venir si la situation se détériore encore", estiment les stratégistes chez BNP Paribas. Problème, cela fait plusieurs mois maintenant qu'elle a arrêté de racheter des obligations souveraines sur le marché secondaire, seul moyen de faire baisser les taux d'intérêt de l'Italie et de l'Espagne.

Malgré ce vent de panique, le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a indiqué qu'il ne voyait aucune raison d'organiser d'urgence un nouveau sommet sur la crise de la zone euro, à l'issue d'entretiens avec le président russe, Vladimir Poutine.

Le FMI aurait caché des informations sur la crise financière

Le FMI aurait-il failli à sa tâche ? Dans une lettre de démission datée du 18 juin, envoyée au conseil du FMI (fonds monétaire international) et à des cadres dirigeants de l'organisation, Peter Doyle estime que l'incapacité du Fonds à sonner l'alerte à temps sur les crises de 2007-2008 et de l'euro représente une "défaillance de premier ordre" et que ce type de comportement tend à s'ancrer plus profondément dans le fonctionnement du FMI. Sa lettre, dont l'agence Reuters a consulté une copie, met en lumière les tensions internes qui couvent autour de la crédibilité du Fonds.

Des employés de l'institution, qui ont demandé à ne pas être identifiés, ont précisé à Reuters qu'ils sont nombreux à penser que le FMI a accordé des prêts à l'Europe sans respecter le même degré d'indépendance que dans d'autres dossiers, notamment pour le sauvetage des économies des pays émergents. Peter Doyle, chef de la division pour la Suède, le Danemark et Israël au sein du département européen du FMI au moment de sa démission, reproche aussi à la direction du Fonds d'être "corrompue" par son processus de sélection qui garantit la nomination d'un Européen à la tête de l'organisation.

 Peter Doyle, qui a travaillé pour le FMI pendant 20 ans, juge aussi que les nominations des dirigeants du Fonds au cours des dix dernières années ont été "désastreuses". "Même la directrice en exercice est biaisée, ni son sexe, ni son intégrité, ni son élan ne pouvant compenser l'absence fondamentale de légitimité du processus de sélection", écrit l'économiste concernant la nomination de Christine Lagarde, première femme à prendre la tête du FMI, l'an dernier.

Calamité donc et chaud sera l’été !

 

Sources : Reuters/L'expansion/Tribune/Les Echos...

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