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La calamité hollandiste

Publié par medisma sur 1 Septembre 2013, 21:32pm

I- Non à la guerre !

 

Par François Hollande

 

« Une guerre, surtout lorsqu’elle procède de la communauté internationale, est un acte grave. Elle ne peut être justifiée que par des motifs impérieux : un danger majeur pour la sécurité du monde, des violations caractérisées du droit international. [...]

Nous sommes pour la paix : c’est notre tradition, notre volonté, notre aspiration. Mais nous avons toujours su prendre nos responsabilités en acceptant le conflit, avec ses risques, chaque fois qu’il pouvait permettre de préserver la stabilité et la primauté du droit. Aujourd’hui, cependant, rien ne justifie une guerre. Tout, même, commande de la prévenir, de l’empêcher. [...]

De nombreux pays, en effet, s’opposent au recours à la force, et il est des circonstances où seul compte l’essentiel : les valeurs, les principes, le respect du droit, la République et la paix. Et, sur ce qui nous paraît nécessaire, juste et utile, il convient de nous rassembler ! (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste) [...]

La France est forte chaque fois qu’elle est unie sur une ligne claire. Puisque nous pouvons aujourd’hui défendre les mêmes positions avec l’appui d’une majorité de Français, ne nous privons pas de cette chance. Des foules considérables se sont mobilisées ces dernières semaines, en particulier dans les pays dont les gouvernements étaient plutôt enclins à suivre les États-Unis, mais aussi aux États-Unis mêmes. Cette mobilisation, cette prise de conscience citoyenne est un atout décisif ! [...]

La France doit aller, le cas échéant, jusqu’au bout : jusqu’à user de son droit de veto, pour éviter l’aventure, la fuite en avant et le déchaînement des passions et des armes (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des députés communistes et républicains).

Le veto, ce n’est pas seulement une arme de dissuasion, une menace, un chantage ou une agression. C’est le fait de dire non à la guerre préventive (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et sur plusieurs bancs du groupe des députés communistes et républicains). [...]

On nous objectera que notre opposition entraînerait une rupture irréversible avec les États-Unis. Mais ce ne serait pas la première de notre histoire récente : souvenons-nous de notre départ de l’organisation militaire en 1966 ou de notre contentieux à l’époque de la guerre du Vietnam.

Chaque fois, nous avons réussi à surmonter ces conflits parce que nos deux pays sont liés par leur histoire, par des dettes respectives, et partagent, heureusement, sur les libertés, les mêmes valeurs. Mais il ne s’agit pas là d’un conflit d’intérêts, ni d’un défaut de solidarité d’un allié à un maître. Nous avons dit notre horreur face aux attentats du 11 septembre. Il s’agit, entre les Américains et les Français – et je l’espère, les Européens –, d’une divergence sur la conception du monde et l’utilisation de la force. Celle des États-Unis est dominatrice et déstabilisatrice. [...]

Face à la stratégie américaine, qui n’est rien d’autre que le retour de l’impérialisme et de l’unilatéralisme, avec en outre un élément personnel, presque religieux [...], il convient de mettre en place un monde multipolaire fondé sur le droit, seule protection du faible contre le fort. [...]

De même, nous ne pouvons rester silencieux sur la question du Proche-Orient. Aucune initiative n’y a été prise ces derniers mois. Aucune pression n’a été exercée, notamment sur le gouvernement israélien. Là encore la France doit jouer son rôle, sans se borner à dire aux uns et aux autres ce qu’ils ont envie d’entendre. [...]

Il ne s’agit pas seulement d’éviter une guerre, mais une série de conflits suscités au nom d’un ordre du monde décidé unilatéralement, par une seule puissance. [...]

L’Europe est l’instrument d’un monde multipolaire, elle ne peut être une simple union d’intérêts marchands. De la capacité de l’Europe à intervenir dépend aussi la stabilité du monde. Enfin, la France doit porter son message universel, celui de la paix, du droit, et de la justice internationale contre la force. Nous, socialistes, voulons que cette position soit tenue jusqu’au bout, sans relâche, ni faiblesse. Notre engagement ne variera pas. Ce sera toujours “Non à la guerre !”, et je souhaite que ce soit aussi celui de la France (Les députés socialistes se lèvent et applaudissent longuement). »

Extraits du discours de François Hollande à l’Assemblée nationale
le 26 février 2003, au sujet de la guerre en Irak

 

Source : discours.parti-socialiste.fr

 

II- Engagement de la France en Syrie : Florian Philippot réagit sur ITélé

 

III- Hollande rend hommage à Pascal Lamy, l’Attila de l’OMC

 

 

On dit de lui que les conquêtes sociales ne repoussent pas après son passage. Hier, il a fini son deuxième mandat à la tête de l’OMC et François Hollande a déjà rendu hommage à ce membre du Parti Socialiste dont il a salué « tout le travail accompli ».

 

Austéritaire, cupide et menteur

Pascal Lamy, c’est ce technocrate qui disait que le niveau des salaires était trop élevé en France et appelait à une baisse du SMIC, mais qui, en pleine crise économique, en 2009, avait demandé une augmentation de 32 % de son salaire, pourtant déjà confortable, de 480 000 francs suisses, bien plus que le président de la République ! Heureusement, les principaux pays de l’OMC avaient refusé cette demande totalement ubuesque qui illustre bien la déconnexion de certaines élites d’avec la vie de l’immense majorité de la population. Comment peut-on avoir l’indécence de demander une telle augmentation de sa rémunération en pleine crise et après avoir plaidé pour une baisse des salaires ?

Il s’était également illustré en début d’année 2013 en proférant des mensonges caractérisés :

« Les Chinois sont payés 5 fois moins que les Français, mais les Chinois sont cinq fois moins productifs que les Français, et comme ce qui compte, c’est la productivité horaire, il ne faut pas déduire que les Chinois font du dumping social. »

Il faut quand même être d’un cynisme incroyable pour nier à ce point une évidence qu’il connaît si bien. Si cela était vrai, pourquoi l’immense majorité des vêtements, jouets ou gadgets électroniques que nous achetons sont fabriqués en Chine ? Si c’était le cas, le transport rendrait les importations chinoises non-compétitives. En fait, un rapport du CAIRN affirme que le coût salarial unitaire de la Chine est trois fois moindre que celui de l’Allemagne (et six fois moindre pour l’Inde).

 

Symbole de ce qu’est le Parti socialiste

En fait, Pascal Lamy est un symbole de ce qu’est le Parti socialiste. La différence étant que comme il est un haut fonctionnaire qui n’a pas à répondre aux électeurs, il peut se permettre de dire tout ce qu’il pense tout haut, contrairement aux hiérarques eurolibéraux du gouvernement, qui doivent tout de même un minimum donner le change et ne peuvent donc pas dire qu’ils trouvent en réalité le niveau du SMIC trop élevé, ce qui explique que le coup de pouce donné en 2012 ait été si ridicule, 0,6 %, trois fois moins que ce qu’avait fait Jacques Chirac en 1995, ce qui en dit long sur le caractère social du PS.

Tout le problème est illustré dans les propos de François Hollande pour qui il « a contribué pleinement à la lutte contre le protectionnisme, que la crise avait rendue d’autant plus indispensable ». Non seulement, on retrouve cette naïveté stupéfiante, qui consiste à oublier que presque tout le monde se protège : l’Allemagne (par les normes DIN), les États-Unis, de manière sélective (pneus, acier), l’Asie (ce qui est au cœur de leur modèle de développement) ou l’Amérique du Sud. En outre, il est effarant de ne pas comprendre que la mise en concurrence de notre industrie est proprement suicidaire avec des salaires 5 à 10 fois plus élevés que l’Europe de l’Est, l’Afrique du Nord ou l’Asie du Sud-Est.

Le départ de ce technocrate apatride, antisocial, et dogmatiquement néolibéral est donc une bonne nouvelle. Mais il faut aussi en tirer une leçon, à savoir que le PS est irrécupérable, contrairement à ce que pensent encore quelques optimistes. Car Pascal Lamy dit tout haut ce que beaucoup disent tout bas.

Source : gaullistelibre.com

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