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Le Qatar : un nain à l'appétit d'ogre et Moza, sa nouvelle Joséphine

Publié par medisma sur 22 Juillet 2013, 23:52pm

Qatar - Les secrets du coffre-fort

 

A lire :

Un livre bien documenté intitulé ‘‘Qatar - Les secrets du coffre-fort’’ de Christian Chesnot et Georges Malbrunot

 

 

 

Le Qatar : un nain à l'appétit d'ogre. A peine plus grand que la Corse, grâce à ses immenses réserves gazières, il peut tout s'offrir sur la planète : des clubs sportifs, des pans entiers de l'industrie européenne, des palaces, la Coupe du monde 2022. Quelles sont les vraies causes de cette boulimie ? Au terme d'une longue enquête au pays d'Al-Jazeera, après y avoir découvert les raisons de leur libération d'Irak où ils étaient retenus en otages en 2004, Christian Chesnot et Georges Malbrunot lèvent le voile sur les coulisses de ce pays déroutant.

Ils révèlent comment le Qatar a tenté d'acheter un veto russe à l'ONU, les dessous de ses investissements en France, et comment il est passé de la diplomatie du carnet de chèques à l'armement des rebelles libyens et syriens. Ce livre est une plongée dans l'univers surréaliste d'un empire de poche dont on se demande aussi pourquoi il cherche à noyauter des institutions internationales comme l'UNESCO et la Ligue arabe.

Le Qatar roule-t-il pour les islamistes ou veut-il, par son entrisme forcené, assurer sa sécurité comme son rayonnement ?

 

Ci-après, un paragraphe du livre relatif à la belle Moza,  la troisième épouse de l’émir  :

 

Moza, la nouvelle Joséphine

 

 

 

Ce n'est sans doute pas un hasard si la deuxième épouse de l'émir aime qu'on lui raconte la vie de l'impératrice Joséphine. Comme l'épouse de Napoléon, mais

sans doute beaucoup plus éclairée, Cheikha Moza est une femme de pouvoir, ambitieuse et calculatrice. Cette figure avant -gardiste détonne dans les monarchies du

Golfe, où les épouses ne doivent jamais apparaître en public. Moza bint Nasser al-Misnad, cinquante-quatre ans, adore entreprendre, poser, s'interposer même. Et

bien sûr déranger.

 

Les Français ont découvert sa silhouette longiligne le 14 juillet 2008 lorsqu'elle assista au bras de l'émir aux cérémonies de la fête nationale dans une tenue lumineuse.

Port de tête altier, mince, la cheikha capte les flashs des photographes. Et son mari a encore pour elle les yeux de Chimène. Pourtant, avant d'être un mariage d'amour, son union avec Hamad fut d'abord une alliance politique, actant une réconciliation entre les al-Thani et le clan rebelle des al-Misnad.

À la fin des années 1960, la famille de la cheikha a été expulsée du Qatar, plusieurs de ses membres – dont son père - ayant participé à un mouvement de contestation

en faveur d'une meilleure redistribution du pouvoir.

Les Misnad ont alors vécu au Koweït puis en Égypte, où les idéaux progressistes du nationalisme arabe étaient en vogue.

- N'oubliez pas que sa famille était acquise aux thèses de ce nationalisme, souligne l'opposant syrien Haytham Manna, qui a rencontré Moza à plusieurs reprises. Cela

explique certains de ses combats en faveur des femmes et de l'éducation.

Quand, en 1977, elle a épousé Hamad, qui était à l'époque prince héritier, les al-Misnad ont été du même coup autorisés à rentrer au Qatar. Elle n'avait que dix-neuf

ans lorsque le jeune diplômé de Sandhurst l'a conquise alors qu'elle était étudiante en médecine au Koweït.

- Elle s'est fait désirer, et après elle a posé ses conditions. Elle est très intelligente, se souvient une de ses anciennes confidentes.

Autant l'émir est humble, autant elle est une « star », avec de faux airs de Jackie Kennedy, un léger voile couvrant ses cheveux noirs de jais. Charismatique et engagée, elle jouit d'un vrai pouvoir et d'une influence importante sur son mari. Elle est souvent la première personne auprès de qui l'émir teste ses idées. Au fil des années, Moza a réussi à devenir un personnage emblématique du Qatar.

Dans un film de promotion pour sa nouvelle campagne, « Éduquer un enfant », on la voit visiter une école d'un camp de réfugiés au Kenya. Elle arbore des lunettes de soleil, elle est en saharienne, ses cheveux en chignon couverts d'un voile. Comment ne pas penser à Lady Di ou à Audrey Hepburn en mission ?

Partageant la conviction de l'émir que l'éducation est la clé de tout changement social et politique, elle a créé la Fondation du Qatar pour l'éducation et la science, une institution noyautée par les Américains 1

Moza s'investit pour défendre l'alliance des cultures et le dialogue des civilisations, et elle est devenue un symbole pour les femmes arabes. Outre la Fondation du Qatar, elle préside le Conseil suprême pour les affaires touchant à la famille, et est vice-présidente du Conseil suprême de la santé.

Mère de sept enfants, elle a réussi à faire changer les règles pour que son deuxième fils Tamim puisse être nommé prince héritier, alors qu'il n'était pas le premier dans l'ordre de transmission du pouvoir.

 

1. Il faudra quatre ans pour que HEC y soit acceptée.

 

Est -ce pour cela que certains la dépeignent comme une fée Carabosse, certes dure avec elle-même mais surtout manipulatrice de génie, auprès de qui l'émir, fier de sa beauté, serait resté « baba » ? Peu lui importe qu'il ait trois épouses. Elle sait qu'elle seule compte à ses yeux. Elle est la favorite. D'ailleurs, les journaux locaux la décrivent comme «The wife » de l'émir.

D'autres assurent qu'elle a attrapé «la grosse tête», qu'elle est devenue inaccessible depuis qu'elle se prend pour une icône internationale.

Elle ne serait pas étrangère à la folie des grandeurs qui a saisi le Qatar. L'émir céderait à nombre de ses désirs, voire de ses caprices, comme le nouveau yacht long de cent trente-neuf mètres que le couple s'est fait livrer l'été dernier à la marina d'Antibes en provenance des Bahamas, décoré par le Français Lopinto et sur lequel pas moins de quatre-vingt-sept personnes sont employées. Ou son nouveau Boeing, après l'Airbus

A-330 que Philippe Starck lui a dessiné1•  Ou encore leur gigantesque appartement de quatre mille mètres carrés sur plusieurs étages d'une tour de Manhattan où elle

entrepose leurs plus beaux tableaux. Moza adore New York ...

Elle aime aussi flâner incognito dans le parc des Tuileries à Paris, en face de leur duplex de la rue de Rivoli ; ou se promener à vélo, un léger turban sur la tête, dans le parc de leur résidence londonienne, protégée par une batterie de caméras.

 

1. Le célèbre designer a aussi dessiné la nouvelle villa style « extraterrestre », avec des formes rappelant une soucoupe volante, que la cheikha s'est fait construire au bord de la mer, près du quartier diplomatique de Doha.

 

L'été, elle ne manquerait pour rien au monde un séjour dans leur immense propriété sur les hauteurs de Mougins, où le couple reçoit ses amis français - Cécilia

Sarkozy et son mari Richard Attias y ont passé trois jours en 2011. 1

L'hiver, la cheikha part sans son mari au ski à Courchevel, entourée de ses neuf gardes du corps, d'une Thaïlandaise pour ses affaires personnelles et de sa prof de gym espagnole. La cheikha sait s'occuper de sa personne. Son chef français lui concocte des plats pour rester mince. Sa masseuse veille sur son corps, qu'elle entretient

en faisant du sport quotidiennement. Ce qui ne l' empêche pas de questionner ses proches sur le goût supposé des hommes français pour les femmes plantureuses !

Même si elle est pieuse, la first lady n'est pas du tout représentative de la société qatarienne, et les autres femmes du clan al-Thani ne l'aiment guère. Elle en fait

trop, elle gaspille beaucoup d'argent, c'est une roturière, jasent-elles dans son dos. De fait, les Misnad, originaires d'Al-Wakrah, sont des marchands et pas des Bédouins,

comme la majorité des habitants de l'émirat. Écoutons plutôt ce qu'en dit un membre de la famille régnante:

- Qu'est-ce qu'elle a, la cheikha, à se montrer derrière l'émir ? Cela ne se fait pas dans notre culture. Même les autres femmes de la famille, on ne les voit jamais en

public. C'est pourquoi cela passe mal. Ce n'est pas accepté.

 

1. En fait c'est Cécilia qui a présenté Attias à Moza, laquelle l'a ensuite présenté à l'émir, à qui le publicitaire a vendu son idée de «Davos du sport», organisé pour la première fois à Doha en décembre 2012.

 

Elle accompagne son mari dans les voyages officiels, ce qui ne se fait pas non plus dans les pays du Golfe. On l'a ainsi vue à Gaza avec l'émir en novembre 2012, portant de la broderie palestinienne sous son abaya noire.

En raison de sa médiatisation et de ses prises de position, Moza subit une forte opposition de la part des conservateurs. En 2005, Abderrahame al-Nouaimi fut le

premier à parler du malaise que les gens ressentaient en voyant la photo de la cheikha s'étaler à la une des journaux. Il fut mis en prison pendant trois ans, sans procès.

À cette époque, la cheikha était surexposée dans les médias, y compris locaux, et parfois même sans foulard cachant les cheveux. Une révolution!

- Dans une famille, se rappelle un expatrié, une fillette de douze ans avait annoncé à sa mère que lorsqu' elle serait grande, elle voulait être comme Cheikha Moza. Outrée, la maman lui a donné une claque, en l'assurant que ce n'était vraiment pas l'exemple à suivre.

Ballon d'essai pour pousser les femmes à s'émanciper, ou véritable erreur? Toujours est-il que l'émir a remis sa femme à sa place. Depuis, Moza refuse les portraits

dans la presse internationale. Lors de l'inauguration du sommet WISE (World Innovation S ummit for Education) en novembre 2012, elle a prononcé le discours d'ouverture en arabe, alors que d'habitude elle le faisait en anglais.

Certainement un gage aux conservateurs.

- Cheikha Moza, comme Rania, la reine de Jordanie, a mis beaucoup d'eau dans son vin ces derniers temps. Elle a compris le message. N'oubliez jamais que les familles commencent d'abord par réfléchir à leurs propres intérêts, analyse un diplomate à Doha. Ceux qui la connaissent disent qu'elle a finalement peu d'amis au Qatar. Les al-Thani la boudent ostensiblement dans certaines réceptions culturelles qu'elle organise. Jalousie de la voir briser le carcan du mariage, agacement devant son réel pouvoir ? Sans doute un peu des deux. Ses proches disent qu'elle se moque des sarcasmes. D'autres affirment au contraire qu'elle « s'angoisse beaucoup pour son avenir, elle ne pense qu'à ça, d'autant que l'avenir n'est pas du tout assuré».

Elle passe beaucoup de temps avec l'émir et les enfants qui sont nés de leur union. En revanche, la cheikha ne parle pratiquement pas avec les fils que Hamad a eus avec ses deux autres épouses. Ses relations avec Tamim, l'héritier, sont bonnes, même si elle a un petit faible pour Mohammed. Elle n'apprécie guère al-Anoud al-Hajri, sa très séduisante belle-fille, la seconde épouse de Tamim qui a accouché d'un garçon en octobre dernier en l'absence de Moza, laquelle a préféré assister à la naissance du bébé de Mayassa, son aînée, à New York. Grande, mince, alAnoud

lui ressemble. Mais la cheikha n'aime pas du tout qu'on le lui rappelle, ni qu'on la compare à elle.

Enfin, son inimitié avec le Premier ministre, Hamad Bin Jassem, est connue des initiés. Elle le fuit. « Non, je ne l'aime pas», lâche-t-elle à ses amies.

Le Qatar : un nain à l'appétit d'ogre et Moza, sa nouvelle Joséphine
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