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Les non-dits de l'économie

Publié par medisma sur 20 Avril 2013, 22:30pm

Les non-dits de l'économie
La crise des sciences économiques

La crise économique est-elle aussi une crise de la science économique ? En tout cas, les économistes les plus éminents s’interrogent sur leurs responsabilités…et leur modèle théorique vacille. Les acteurs économiques sont-ils nécessairement rationnels ? Les marchés peuvent-ils forcément s’autoréguler ? L’intervention publique est-elle par nature perturbatrice ?

La cause essentielle de la crise économique et financière actuelle est à chercher dans les «sciences économiques» contemporaines. Celles-ci sont victimes d’un autisme autoréférentiel, qui a remplacé le pluralisme scientifique par une pensée unique préscientifique. L’intérêt personnel des enseignants–chercheurs s’est substitué à l’intérêt commun pour la compréhension et la résolution des problèmes socio-économiques qui affectent le monde réel.
Les conflits d’intérêt sont devenus flagrants au sein de la profession. Un récent «appel international pour la préservation de l’indépendance scientifique» et les règles de transparence introduites par un nombre croissant de revues scientifiques et d’associations professionnelles (à l’instar de l’American Economic Association) témoignent de l’urgente nécessité de réformer profondément la recherche et l’enseignement en sciences économiques, pour remettre le bien commun au centre des préoccupations de celles-ci.
Mis à part les efforts déployés par un certain nombre d’économistes à travers le monde académique, visant le pluralisme et la pertinence des analyses économiques contemporaines en ce qui concerne les graves problèmes actuels, la très grande majorité des économistes serrent les rangs et adoptent une attitude intégriste pour empêcher toute critique à l’égard du paradigme dominant, qui considère l’économie comme étant une science exacte plutôt que comme une science humaine et sociale.
La Suisse n’est pas à l’abri de ces tendances, comme l’ont montré ces derniers mois les discussions à l’Université de Fribourg et à l’Université de Genève, où des étudiants ont manifesté contre la séparation de leur Faculté des sciences économiques et sociales en deux entités (une qui réunirait l’économie et la gestion, l’autre pour les sciences sociales).
L’autisme de la communauté des économistes et l’immobilisme des autorités politiques suscitent en effet une vague de protestations de la part des étudiants dans bien des pays, comme aux États-Unis, en Italie ou en France, où avant-hier a eu lieu une journée d’études sur l’état et l’évolution de l’enseignement de l’économie au niveau académique.
Lorsque des (anciens) étudiants décident de lancer une pétition pour le maintien d’une chaire en histoire et théories économiques, cela signifie que le danger de former des générations d’«idiots savants versés dans la technique mais ignorant les enjeux économiques réels» est évident et préoccupant. Les enseignants–chercheurs ne peuvent plus l’ignorer, même s’ils ne sont pas (encore) soumis à un serment d’Hippocrate.

Sergio Rossi

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