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Après la mort de Chavez, je rêve...

Publié par medisma sur 7 Mars 2013, 16:07pm

Catégories : #lintegral

« Les calomnies les plus misérables sont colportées contre M. Chávez, conçues par les nouvelles officines de propagande – National Endowment for Democracy (NED), Freedom House, etc. – financées par l’administration du président des États-Unis George W. Bush. Dotée de moyens financiers illimités, cette machine à diffamer manipule des relais médiatiques (dont des journaux de référence) et des organisations de défense des droits humains, enrôlés à leur tour au service de ténébreux desseins. Il arrive aussi, ruine du socialisme, qu’une partie de la gauche sociale-démocrate ajoute sa voix à cette chorale de diffamateurs. »

( Ignacio Ramonet )


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Avec la mort de Hugo Chavez, les médias m’ont appris que créer des programmes sociaux pour les plus pauvres, éradiquer l’analphabétisme dans son pays ou augmenter le salaire minimum de 30 % n’était en fait que des pratiques clientélistes, et n’avaient d’autre visée que de remplir les urnes de bulletins de vote à son nom.


Moi, simple citoyen des classes populaires, aujourd’hui, je rêve d’être à mon tour victime d’un affreux clientélisme électoral.

 

Je rêve qu’un président de la République sans morale propose de garantir une réelle sécurité sociale gratuite pour tous et augmenter les effectifs des personnels soignants des hôpitaux, osant déclarer au peuple crédule que « la santé, ça n’a pas de prix ».

 

Je rêve qu’un président de la République, dans l’irrespect total de toute logique économique pure, interdise les licenciements dans les entreprises faisant des bénéfices et refuse le dialogue social avec le patronat qui consiste en l’imposition inévitable de la flexibilité pour « sauver les emplois », dans l’unique but de flatter les bas instincts du peuple au temps libre et aux loisirs.

 

Je rêve qu’un président de la République, sans tenir compte de la rationalité indubitable des agences de notation et du FMI, augmente le SMIC et plafonne les hauts revenus, avec l’objectif fallacieux de plaire à l’électorat le plus pauvre.

 

Je rêve qu’un président de la République irresponsable augmente, contre toute logique comptable de « bon père de famille », le nombre d’enseignants, dans le dessein incroyablement machiavélique de préparer le vote futur de nos enfants.

 

En somme, dans ce monde à l’envers où, comme dirait Eduardo Galeano, les mots ne veulent dire que leur contraire, je rêve qu’un affreux clientélisme menace les bases mêmes de notre « démocratie ».

 

La dernière fois que cela fut fait, on avait appelé ça le « Conseil National de la Résistance », il paraît.

 

Source : Le Grand Soir.

 

Avec des chansons, des slogans et des larmes, une marée de plusieurs centaines de milliers de Vénézuéliens ont accompagné le cercueil de leur président Hugo Chavez, emporté mardi par un cancer, mais "encore présent" dans le coeur de ses partisans.

 

 

Hugo Chávez
Par Ignacio Ramonet
Directeur du Monde diplomatique de 1990 à 2008.

Peu de gouvernants au monde font l’objet de campagnes de démolition aussi haineuses que M. Hugo Chávez, président du Venezuela. Ses ennemis n’ont hésité devant rien : coup d’État, grève pétrolière, exode de capitaux, tentatives d’attentat... On n’avait pas vu un tel acharnement en Amérique latine depuis les attaques de Washington contre M. Fidel Castro. Les calomnies les plus misérables sont colportées contre M. Chávez, conçues par les nouvelles officines de propagande – National Endowment for Democracy (NED), Freedom House, etc. – financées par l’administration du président des États-Unis George W. Bush. Dotée de moyens financiers illimités, cette machine à diffamer manipule des relais médiatiques (dont des journaux de référence) et des organisations de défense des droits humains, enrôlés à leur tour au service de ténébreux desseins. Il arrive aussi, ruine du socialisme, qu’une partie de la gauche sociale-démocrate ajoute sa voix à cette chorale de diffamateurs.


Pourquoi tant de haine? Parce que, à l’heure où la social-démocratie connaît une crise d’identité en Europe, les circonstances historiques semblent avoir confié à M. Chávez la responsabilité de prendre la tête, à l’échelle internationale, de la réinvention de la gauche. Alors que, sur le Vieux continent, la construction européenne a eu pour effet de rendre pratiquement impossible toute alternative au néolibéralisme (lire « An 01 de la gauche, on arrête tout, on réfléchit » et « Le spectre de l’Occident paralyse la pensée »), au Brésil, en Argentine, en Bolivie et en Équateur, inspirées par l’exemple vénézuélien, les expériences se succèdent qui maintiennent vivant l’espoir de réaliser l’émancipation des plus humbles.


A cet égard, le bilan de M. Chávez est spectaculaire. On comprend que, dans des dizaines de pays pauvres, il soit devenu une référence obligée. Dans le respect scrupuleux de la démocratie et de toutes les libertés (1), n’a-t-il pas refondé la nation vénézuélienne sur une base neuve, légitimée par une nouvelle Constitution qui garantit l’implication populaire dans le changement social? N’a-t-il pas rendu leur dignité de citoyens à quelque cinq millions de marginalisés (dont les indigènes) dépourvus de documents d’identité ? N’a-t-il pas repris en main la compagnie publique Petróleos de Venezuela SA (PDVSA) ? N’a-t-il pas déprivatisé et rendu au service public la principale entreprise de télécommunication du pays ainsi que la compagnie d’électricité de Caracas? N’a-t-il pas nationalisé les champs pétrolifères de l’Orénoque? Enfin, n’a-t-il pas consacré une part de la rente pétrolière à acquérir une autonomie effective face aux institutions financières internationales, et une autre au financement de programmes sociaux?


Trois millions d’hectares de terre ont été distribués aux paysans. Des millions d’adultes et d’enfants ont été alphabétisés. Des milliers de dispensaires médicaux ont été installés dans les quartiers populaires. Des dizaines de milliers de personnes sans ressources, atteintes d’affections oculaires, ont été gratuitement opérées. Les produits alimentaires de base sont subventionnés et proposés aux plus démunis à des prix inférieurs de 42 % à ceux du marché. La durée de travail hebdomadaire est passée de 44 heures à 36 heures, tandis que le salaire minimum montait à 204 euros par mois (le plus élevé d’Amérique latine après le Costa Rica).

 

Résultats de toutes ces mesures : entre 1999 et 2005, la pauvreté a baissé de 42,8 % à 37,9 % (2), tandis que la population vivant de l’économie informelle chutait de 53 % à 40 %. Ces reculs de la pauvreté ont permis de soutenir fortement la croissance, qui, au cours des trois dernières années, a été en moyenne de 12 %, parmi les plus élevées du monde, stimulée aussi par une consommation qui a progressé de 18 % par an (3).


Devant de tels succès, sans parler de ceux obtenus en politique internationale, faut-il s’étonner que le président Chávez soit devenu, pour les maîtres du monde et leurs affidés, un homme à abattre ?
 

Source Le Monde Diplomatique

 

NOTE :
 

(1) Les mensonges à propos de Radio Caracas Televisión viennent d’être démentis, cette chaîne ayant repris, depuis le 16 juillet dernier, ses émissions sur le câble et par satellite.
 

(2) Mark Weisbrot, Luis Sandoval et David Rosnick. Poverty Rates in Venezuela : Getting the Numbers Right, Center for Economic and Policy Research, Washington, DC, mai 2006.
 

(3) Lire le dossier «  Chávez, not so bad for business  », Business Week, New York, 21 juin 2007.

 

 

 

Publié par Serge Adam

 

 

Le bilan économique d’Hugo Chavez

Par Vincent Lapierre

 

 

  La leçon de Chavez aux puissances

 Le 8 octobre 2012, pour sa première conférence de presse faisant suite aux élections, le Président Hugo Chavez livre un discours plein de bon sens, d’humanisme et à total contre-courant du discours dominant, à gauche comme à droite.

 

 

 

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