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le blog lintegral

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Déclin et chute de l’empire américain

Publié par medisma sur 7 Août 2011, 19:37pm

Catégories : #lintegral

 Et l 'Amérique de s'interroger  sur les conséquences de la dégradation de sa note

Les Américains hésitaient samedi entre déni et prise de conscience de leurs difficultés après la dégradation pour la première fois de l'histoire des Etats-Unis de la qualité de leur crédit, s'interrogeant sur les conséquences pour leurs économies et leur emploi.

13232199L'impact de l'abaissement vendredi soir d'un cran de la note attribuée à la dette publique des Etats-Unis par l'agence Standard and Poor's, restent difficiles à évaluer et tous les regards se portent sur les marchés asiatiques lundi pour se faire une idée de l'ampleur des dégâts.....

"Bienvenue officiellement dans la crise 2.0", lance de son côté l'économiste de la Saxo Bank Steen Jakobsen: après la crise des actifs immobiliers toxiques survenue à partir de fin 2007, les Etats-Unis sont maintenant de nouveau dans la tourmente......

"L'annonce que S&P a finalement appuyé sur la gâchette va sûrement secouer les marchés financiers quand ils ouvriront lundi", estime Paul Dales, analyste chez Capital Economics à Londres.

Le spectre du déclin relatif de l'empire américain ressurgit dans un pays empêtré dans deux conflits en Irak et en Afghanistan dont il peine à s'extraire et qui est confronté à la montée en puissance de pays de nouveaux concurrents comme la Chine.

Une chose est certaine, selon Francis Lun, analyste chez Lyncean Holdings Limited à Hong-Kong: quels que soient les effets de la dégradation de leur note, "les Etats-Unis viennent de recevoir une sacrée gifle publique".

"C'est une grande perte pour l'image des Etats-Unis en tant que pays le plus puissant du monde et pour leur président, c'est une humiliation", déclare-t-il à l'AFP.

Les opposants républicains de Barack Obama n'ont pas manqué de sauter sur l'occasion. Mitt Romney, candidat à la primaire républicaine, a ainsi qualifié l'abaissement de la note américaine de "dernière victime de l'échec du président Obama en matière d'économie" et Michelle Bachmann, égérie du Tea Party, n'a pas hésité à affirmer que "ce président a détruit la notation du crédit des Etats-Unis".

Pour l'un des responsables démocrates à la Chambre des représentants, Steny Hoyer, c'est avant tout "le signal que nous devons mettre la politique de côté pour remettre en ordre la situation budgétaire de la nation".

Au Texas, le gouverneur républicain Rick Perry préférait s'en remettre à la Providence en organisant samedi une "journée de prière chrétienne" rassemblant 8.000 personnes dans un stade de Houston.

"Avec l'économie en difficulté, les communautés en crise, des gens à la dérive dans un océan de relativisme moral, nous avons besoin de l'aide de Dieu", justifie-t-il.

 Cette dégradation des Etats-Unis ébranle le système financier international

 Une des pierres angulaires du système financier international vient d'être mise à terre. Vendredi soir, Standard & Poor's a abaissé la note des Etats-Unis pour la ramener de AAA à AA+. En un mot, les bons du Trésor américain, ultime référence du système financier, ne peuvent plus être considérés comme l'investissement le plus sûr du monde.

images22L'agence de notation a expliqué que cette dégradation «reflète notre opinion que le plan de consolidation fiscale, que le Congrès et l'exécutif ont récemment adopté, était insuffisant par rapport à ce qui serait nécessaire, à nos yeux, pour stabiliser à moyen terme la dynamique de la dette». Elle reproche aussi aux responsables politiques américains «la faible efficacité, stabilité et prévisibilité» de la politique américaine dans une période de dangers. Les risques politiques, selon elle, vont grandissant. Et l'agence a averti qu'elle maintenait les Etats-Unis sous surveillance «négative», tant qu'elle n'aurait pas le sentiment que la classe politique s'attaque sérieusement au problème de l'endettement américain. 

Cette dégradation n'est pas vraiment une surprise. En juin, l'agence de notation avait lancé un premier avertissement au gouvernement américain. Le spectacle affligeant donné par la classe politique américaine lors du débat sur le relèvement du plafond de la dette, comme le compromis boiteux auquel le Congrès et le gouvernement ont abouti, l'ont confortée dans son jugement.  

Dans la journée de vendredi, la nouvelle de cette dégradation avait commencé à fuiter sur les marchés, alimentant la spéculation à la baisse.

Toute la journée, l'administration américaine et le Trésor ont engagé des discussions pour dissuader l'agence de dégrader les Etats-Unis. Le Trésor a contesté les calculs de l'agence, estimant qu'il y avait une erreur d'appréciation de 2.000 milliards de dollars. Sans contester le bien-fondé de la défense du gouvernement, l'agence de notation a décidé de passer outre et de publier son avis, après la fermeture de tous les marchés dans le monde. 

En dehors même de l'opportunité du moment, la résistance opposée par le gouvernement est des plus compréhensible. Car les conséquences de la décision de Standard & Poor's sont «incalculables», comme le reconnaît un banquier de Goldman Sachs. Cette dégradation signe en effet la fin du statut à part des Etats-Unis, érigés en superpuissance mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle enlève aussi la dernière pierre stable de ce qui restait de l'édifice de Bretton Woods. Tout le système financier mondial risque d'être déstabilisé.

La dégradation était à peine connue que la polémique politique a commencé aux Etats-Unis. Le parti républicain a accusé la présidence Obama d'être responsable de cet outrage. Les démocrates leur ont répliqué en rappelant l'incurie de l'administration Bush et en accusant le Tea Party d'avoir pris en otage le pays avec des revendications démentielles. 

Anticipant la polémique, un des responsables de Standard &Poor's, John Chambers, s'érigeant – au nom de quoi? – en évaluateur politique, a renvoyé les deux partis dos à dos. Selon lui, la responsabilité de la dégradation de la situation économique des Etats-Unis incombe autant au gouvernement Bush qu'à l'administration Obama. 

Malgré tout, Barack Obama ne pourra pas empêcher que sa présidence sera désormais associée au moment où les Etats-Unis sont tombés de leur piédestal. Et cela risque de peser lourd dans la campagne présidentielle qui vient de commencer.

La dernière pierre de Bretton Woods

a534cda0c2d408b9adc6907e3031ff33.jpgAu-delà de la réaction imprévisible des marchés lundi prochain, les conséquences sont encore plus lourdes sur le plan économique et financier. La dégradation de la note des Etats-Unis va conduire automatiquement à un renchérissement de son coût d'emprunt. Le financement infini de l'Amérique par le monde est remis en cause. 

A court terme, cela ne devrait pas trop se sentir, au niveau de l'Etat fédéral au moins. Dans la tourmente économique actuelle, les bons du trésor américain restent à peu près le seul placement sûr. Qu'ils le veuillent ou non, les principaux créanciers n'ont pas d'autre alternative. 

Déjà, le Japon, deuxième créancier des Etats-Unis, a fait savoir que cette dégradation ne changerait rien à sa politique. Il continuera à recycler ses importants excédents commerciaux aux Etats-Unis. La Chine, de plus en plus irritée d'être piégée par la situation américaine, a annoncé qu'il n'y aurait aucun changement dans ses investissements. Mais elle a doublé cette assurance d'un avertissement: elle estime avoir «désormais tous les droits pour exiger des Etats-Unis qu'ils s'attaquent à leur problème structurel de dette». La Chine est désormais en position de rappeler que «qui paie commande», ce qui au plan géopolitique n'est pas un petit changement. 

Pour les banques, ce changement va créer un nouvel élément déstabilisateur dans leurs bilans et conduire à un renchérissement du crédit. Les Américains ayant recours massivement à des crédits à taux variable, ces changements vont se diffuser très rapidement à l'ensemble de l'économie. Cela compromet encore un peu plus les chances d'échapper à une nouvelle récession. 

Les réactions en chaîne ne vont pas s'arrêter là, malheureusement. Car tout le système est ébranlé. Les bons du trésor américain, servant de mètre étalon à tout le système financier, leur dégradation va entraîner un réétalonnage de tous les autres. Et les autres agences de notation, Fitch et Moody's, qui se sont refusées à briser le tabou de la note américaine, ne vont pas avoir la même pudeur pour les autres. Tout va être réévalué. Le monde va découvrir ce que signifie vraiment la dictature des marchés. Et les hommes politiques vont regretter, un peu tard, de n'avoir entrepris aucune réforme digne de ce nom pour reprendre en main le système, après la crise de 2008. 

Cette réévaluation générale risque d'entraîner d'immenses bouleversements. Aux Etats-Unis, des agences comme Fannie Mae et Freddie Mac, qui ont déjà coûté des centaines de milliards de dollars aux contribuables américains depuis la crise des subprimes, et sont toujours sous assistance respiratoire, risquent de ne pas y survivre. Des Etats, des municipalités, déjà asphyxiés financièrement, pourraient se trouver acculés. On voit mal ainsi comment la Californie, au bord du dépôt de bilan, pourrait conserver encore longtemps son triple A. 

La réponse à cette situation est déjà connue et mise en œuvre dans de nombreuses villes américaines: tous les budgets sociaux sont coupés, les fonctionnaires licenciés, les services publics fermés, et même des écoles supprimées. 

Menace sur la France

Mais c'est en Europe que les bouleversements risquent d'avoir les effets les plus immédiats. La dégradation des Etats-Unis va amener en effet à reconsidérer le triple A accordé aux trois grands pays européens: l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France. On devine déjà le jugement. Compte tenu de l'état de leurs finances publiques et de leur activité économique, le Royaume-Uni et la France n'ont guère de chance d'échapper à une dégradation. 

rubon108.jpgLa Grande-Bretagne aura peut-être un peu de répit. Mais la France, qui a 70% de sa dette dans des mains étrangères, est d'ores et déjà dans la ligne de mire. Depuis  quelques jours, les credit default swaps – cette fameuse assurance sur les dettes  de la France connaissent une activité anormale. En peu de temps, ils ont bondi de plus de cinquante points. Dans le même temps, l'écart de rendement entre les obligations allemandes et françaises ne cesse de se creuser. Vendredi, il était de plus de 90 points, un niveau jamais connu depuis la création de la zone euro. Tandis que le bund à dix ans cotait 2,26%, la dette française était déjà à 3,1%.

Tout cela, bien sûr, doit être le fait d'un enchaînement logique de la main invisible du marché. On n'ose croire que certains aient déjà été initiés des intentions des agences de notation sur la France.

Quoi qu'il en soit, la spéculation est déjà à l'œuvre sur la dette française. Et elle risque de se déchaîner dès lundi, poussant, selon un scénario désormais bien connu, les agences de notation à accélérer leur évaluation. Sans prendre la précaution d'un conditionnel, le New York Times assurait vendredi que la France allait être dégradée. Avec tout ce que cela induit pour le pays, pour la zone euro, pour l'Europe. 

La note de trente années de déréglementation au seul profit de la finance, de l'incurie de nos politiques qui ont laissé passer le moment historique de la crise de 2008, de la faillite voire de la trahison de nos élites, va commencer à nous être présentée. Elle risque d'être exorbitante.
(DA Estérel 83)

Et Paul Craig Roberts d’affirmer avec véhémence :

images-copie-1.jpg « Soyons clairs; il n’y a jamais eu aucun risque de défaut sur la dette des Etats-Unis alors que le président Obama possède le pouvoir établi par George W. Bush sous la forme de la directive présidentielle 51 de déclarer la faillite de l’état américain comme une mesure d’urgence nationale et de mettre entre parenthèse le plafond de la dette et le pouvoir du congrès sur le porte-feuille de la nation et de continuer à créer toute la dette nécessaire pour financer les dettes du gouvernement américain et ses guerres.

Que la presse américaine ait pris pour argent comptant cette “crise” hyper-gonflée ne démontre que plus avant son statut de prostituée.

La dette publique des Etats-Unis augmente trop rapidement par rapport à son PIB, bien qu’elle soit toujours sous les pourcentages atteints lors de la seconde guerre mondiale. Le problème qui est ignoré par les idiots de Washington et la presse prostituée est que la dette augmente en relation à l’économie parce que l’économie n’augmente pas, mais les dépenses de guerres elles, augmentent.

Que la presse américaine ait pris pour argent comptant cette “crise” hyper-gonflée ne démontre que plus avant son statut de prostituée.

La dette publique des Etats-Unis augmente trop rapidement par rapport à son PIB, bien qu’elle soit toujours sous les pourcentages atteints lors de la seconde guerre mondiale. Le problème qui est ignoré par les idiots de Washington et la presse prostituée est que la dette augmente en relation à l’économie parce que l’économie n’augmente pas, mais les dépenses de guerres elles, augmentent.... ».

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