Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

le blog lintegral

actualités, économie et finance, nouvelle technologie, entrepreneuriat, histoire et colonisation...


Leçons d'un hold-up et ses conséquences

Publié par medisma sur 25 Mars 2013, 15:52pm

Catégories : #lintegral

I- Chypre : les leçons d'un hold-up géant

Chypre rappelle qu'à tout moment, un gouvernement peut bloquer l’ensemble du système bancaire, fermer les guichets, clôturer les opérations électroniques et prendre le contrôle de vos comptes.

 

5519100.jpg

 

Le week-end dernier, les Chypriotes se sont réveillés avec une bien mauvaise surprise. Alors qu’ils viennent d’élire en février leur Président, Nikos Anastasiadis, sur une promesse de garantie complète des dépôts bancaires, ils ont découvert que tous les comptes ont été bloqués dans l’attente du prélèvement d’une taxe exceptionnelle de 6 à 10 %. Pris de court par la colère légitime de la population, les autorités politiques tentent à présent de faire demi-tour. Mais le capharnaüm politique actuel ne doit pas nous faire perdre de vue les principales leçons de cette crise.

L'Etat peut tout

Tandis que la communication officielle se noie dans les détails sur le statut particulier de l’île, pour le grand public, un seul fait émerge, clair, massif et incontournable. À tout moment, un gouvernement peut bloquer l’ensemble du système bancaire, fermer les guichets, clôturer les opérations électroniques et prendre le contrôle de vos comptes. Ce qu’il en fera ensuite est assez peu important. Qu’il restitue finalement chaque centime ou qu’il lève une taxe de 95 %, le gouvernement se sera accaparé votre propriété et l’aura mise au service de ses propres objectifs. Plus personne ne peut prétendre posséder quelque chose car, désormais, l’État peut s’en saisir à tout moment, sans préavis. L’usage de vos biens ne dépend, in fine, que de son seul bon vouloir. C’est la première leçon à tirer de ce qu’il vient de se passer à Chypre.

Le consensus politique

La deuxième leçon porte sur les conceptions politiques réelles de nos dirigeants. La confiscation des comptes en banques à Chypre ne relève pas d’une affaire interne. Même si tous les pays n’ont pas le même poids pendant les négociations, ce sont bien les ministres européens dans leur ensemble qui ont décidé de cette mesure. Pour la Belgique, la décision a été avalisée par le Ministre des Finances M. Geens, sous la responsabilité du Premier Ministre M. Di Rupo et avec le soutien tacite du gouvernement. En cas d’opposition, un véto était toujours possible. À défaut d’explications, il faudra donc conclure que l’ensemble des partis au pouvoir considère que la saisie des comptes en banque de la population est une option possible en cas de problème majeur. On remarquera d’ailleurs que, depuis des années, l’agence de la dette présente les obligations souveraines belges aux investisseurs en spécifiant : " La situation financière du secteur privé belge est excellente et le patrimoine des ménages s’est remis de la crise grâce à un taux d’épargne élevé. Théoriquement, les ménages belges pourraient rembourser la dette publique ". La portée de ce genre d’engagement est désormais limpide.

La liberté en danger

Enfin, la troisième leçon est de portée plus générale. La crise de la dette que nous traversons actuellement va provoquer un changement politique, économique et social majeur. Le risque de défaut souverain et de faillite bancaire justifie potentiellement tous les abus. Avant cette odieuse confiscation des comptes bancaires, nous avons déjà connu de nombreuses entorses à tous les principes de l’État de Droit : la Belgique qui vend une banque qui ne lui appartient pas, la BCE qui s’assied sur ses statuts pour faire tourner la planche à billets, la Troika qui usurpe la souveraineté nationale, le secteur bancaire protégé à tout prix des règles élémentaires du capitalisme, et, bien sûr, l’austérité aveugle qui tue l’économie sous une pluie de taxes et d’impôts. Si nous n’y prenons garde, les mesures transitoires et exceptionnelles d’aujourd’hui deviendront l’ordinaire des générations futures. Il semblerait que ni la classe politique ni les intellectuels n’aient encore pris la mesure de ce qui se joue devant nos yeux. Il est essentiel d’ouvrir un débat national sur la dette publique avant que celle-ci ne dévore ces acquis civilisationnels majeurs que sont la liberté individuelle, la propriété privée et la démocratie libérale.

Cessons donc de considérer la crise de la dette comme un problème financier complexe et incompréhensible. Il s’agit d’un problème politique qui nous touche tous et qui nécessite un large débat démocratique afin de sauvegarder notre liberté et notre prospérité. Nous sommes tous des Européens, nous sommes tous des Chypriotes.

Source : RTBF /  Patrick Smets 

 

II- Les conséquences de cette mauvaise idée chypriote

La proposition de taxer les comptes bancaires à Chypre n'en est pas moins dangereuse en tant que telle et dans ce qu'elle indique de l’état de la démocratie et de l’État de droit en Europe.

 

552263 0202662921048 web

 

La récente proposition de lever une taxe « exceptionnelle » sur les comptes chypriotes  est dangereuse.  On se doit surtout de rester vigilant. Et ce, à plus d’un titre.

En premier lieu, cette proposition est moralement inique ; elle part de la prémisse selon laquelle, comme il y a de l’argent sale à Chypre, on va taxer tout le monde : les premiers au titre de leur malhonnêteté, les seconds au titre de la solidarité. Bref, qui veut noyer son chien l’accuse de la rage…

Fort bien… mais permettez, Messieurs  les taxeurs, un commentaire en passant: quels citoyens ont la plus grande partie de leur fortune en argent liquide sur des comptes bancaires ? Il s’agit en général des plus pauvres (peu d’épargne et peu d’avoirs non financiers) et de ceux qui ne gèrent pas activement leur patrimoine financier (typiquement les vieilles personnes seules)… Les honnis riches et conspués mafieux ont plutôt tendance à gérer leur richesse de manière active en investissant  leurs avoirs dans des opportunités plus rentables que le cash. Bref, non contente d’être moralement inique en théorie, la proposition l’est aussi en pratique !

Ensuite, la manière dont cette proposition allait s’exécuter s’apparente à un braquage en règle : le gouvernement décide de taxer les comptes ; simultanément, il fait fermer les banques pour éviter que les gens ne retirent leur argent… Le fameux « Que personne ne sorte !» du braqueur dans les mauvais films.

Cette proposition est enfin illégale du point de vue d’un État de droit. Pour rappel, un État de droit se caractérise par l’absence de caractère arbitraire dans le processus d’élaboration et d’application de la loi. La vitesse à laquelle ce vol a failli s’exécuter aurait requis beaucoup de mauvaise foi pour parler de processus démocratique plutôt que de pur arbitraire ou de fait du prince.

Les principes mis de côté, il faut aussi se rendre compte que cette proposition absurde aura avant tout été dangereuse à bien des égards et que, malgré son rejet, ses effets demeurent.

Soulignons en premier lieu qu’un tel braquage ne sera pas de nature à renforcer la confiance des clients en leur banque. Quelle réaction risque donc d’avoir une majorité de clients à la réouverture des banques ? Bingo : elle retirera son argent et le mettra à l’étranger si elle est riche ou mafieuse, ou sous son matelas si elle est pauvre. En économie, on appelle cela le « bank run » dont l’effet désastreux est de fragiliser le système économique et bancaire. Voilà donc l’économie chypriote menacée en conséquence directe d’une action gouvernementale dont le but était de… sauver les banques et l’économie !!

Bien pire en terme de dangerosité, le fait que cette idée aberrante ait été proposée et acceptée par plusieurs dirigeants européens montre que ceux-ci sont, au mieux, intellectuellement désorientés. Sans être nécessairement incompétents ou stupides, ils restent victimes de leurs logiciels de préservation des totems que sont la monnaie et le pouvoir gouvernemental. N’arrivant plus à réfléchir correctement, ils se comportent comme des apprentis sorciers ayant perdu tout sens moral et légal.

Cette délirante lubie aura ouvert une boîte de Pandore. Les États européens sont tous plus ou moins aux abois et plus personne n’est à l’abri d’autres propositions absurdes pour « sauver » l’un ou l’autre secteur. Si l’on n’est pas vigilant,  le concept même d’État de droit aura fait long feu en Europe…

Source : Parti Libertarien Belge.

 

III- La situation française n’est guère différente

0_a_a_agent_hollande-mali.jpg« ...Chypre démontre que, du point de vue de l’État, il est bien plus rentable de garantir les puissants (les banques, dans le cas qui nous occupe) que la population, et qu'à ce titre, tout est permis. Tout. Ne pensez pas que la situation française soit différente : portés là par les votes des pauvres qui réclament l'argent des riches, les détenteurs du pouvoir feront tout ce qu'il faut pour sauver leurs fesses. Et bien évidemment, ils expliqueront deux choses, toujours les mêmes, explications qui ont toujours fonctionné jusqu'à présent :

  • si vous refusez de faire ce qu'on vous dit, ce sera le chaos,
  • de toute façon, ne vous inquiétez pas : ce sont les riches qui vont payer.

Quand les électeurs comprendront-ils, quand comprendrez-vous que les riches, c'est vous ? Que les autres, c'est vous ? Que l’État, c'est vous ? Et que ceux qui vont payer, chèrement, ... c'est vous ?

Ce qui est inquiétant, c'est que tous, nous faisons un calcul entre le coût de ce chaos qu'on nous promet et le coût des taxes et des impôts qu'on va devoir payer. Nous avons tous notre seuil au-delà duquel la fuite ou le chaos deviennent préférables.

Certains ont déjà dépassé le seuil, et ont fui quand le chaos n'était pas une option. Et lorsqu'on leur demande, oui, ils trouvent bien que l'herbe est plus verte ailleurs. Sans mal, même : 90% des Français installés à l'étranger ne rentreront pas de si tôt : 40% ne souhaitent jamais rentrer, 30% ne rentreront pas avant plusieurs années et 20% attendront la retraite... On ne pourra pas les blâmer, parce que ceux qui sont partis connaissent le calcul de ceux qui sont restés : soit ces derniers, lassés d'être "riches", partiront à leur tour. 

 Soit ce sera le chaos. »

 

Breaking News / Chypre : Le deuxième plan de sauvetage présenté ce matin interpelle :

Deux décisions essentielles :

1- La décote appliquée aux détenteurs de comptes chez bank of Cyprus sera désormais de de 30% au lieu de 9,9% préposée précédemment pour les dépôts de plus de 100.000 euros.

2- La deuxième banque du pays, la Laiki Bank (Popular Bank en anglais), sera mise en faillite

 

IV- Mélenchon : Un sursaut de patriotisme !

 

"Depuis quand un gars qui dirige une banque peut menacer une nation entière de l'étrangler? Et vous vous figurez que moi, qui suis candidat à diriger ce pays, je laisserais ce type (M. Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne) décider pour ma patrie?? Je vous préviens d'une chose, nous aurons à choisir : ou bien on réforme les statuts de la Banque Centrale, ou il faudra passer par dessus bord l'Euro ! Parce qu'il n'est pas question de s'offrir une bombe atomique pour se protéger contre les agressions militaires, et de n'avoir aucune protection contre une agression du fric. Et je tiens à dire encore une chose : en France nous avons la capacité d'émettre des billets et des pièces en euro, l'usine est en France. Je mets au défi ce M. Draghi d'essayer seulement de s'approcher de la France !"

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents