Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 16:53

 

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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 16:37

 

Nicolas Sarkozy a abattu ses dernières cartes. Dans une émission spéciale diffusée sur six chaînes à 20 heures, ce dimanche 29 janvier, le chef de l'Etat a annoncé une série de mesures économiques très lourdes, du jamais vu à quelques semaines seulement d'un scrutin présidentiel. Alors qu'il n'est toujours pas officiellement candidat, Nicolas Sarkozy, multipliant les références à l'Allemagne, s'est posé en président du « courage », réformateur jusqu'au bout… et même jusqu'après, puisque les mesures annoncées entreront en vigueur après la présidentielle. Au risque d'accroître encore son impopularité.

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Annonce la plus marquante : une hausse de la TVA de 1,6 point, afin de compenser la réduction de 13 milliards d'euros de charges sociales patronales. Après des années de débat — l'idée avait déjà été évoquée juste avant les législatives de 2007, faisant sans doute perdre à l'UMP de nombreux sièges de députés —, l'Elysée qui n'en avait pas voulu jusqu'ici s'est décidé à mettre en place in extremisla fameuse “TVA sociale”, censée provoquer un « choc de compétitivité » en baissant le coût du travail.

Deuxième mesure : la promotion au sein des entreprises d'« accords de compétitivité » permettant aux chefs d'entreprise de négocier avec les représentants du personnel une réduction du temps de travail et/ou une baisse de salaires. Il s'agit ni plus ni moins d'un enterrement définitif des 35 heures. Une telle mesure sur le temps de travail juste avant une présidentielle : là encore, c'est du jamais vu. Le chef de l'Etat ne prend même pas la peine de respecter les formes : lors du sommet social, les syndicats avaient signifié leur refus de voir s'ouvrir de tels chantiers si près de la présidentielle.

Mais Nicolas Sarkozy passe en force : « Le premier ministre François Fillon écrira aux partenaires sociaux dès demain matin pour leur demander de les négocier dans les deux mois qui viennent », a-t-il annoncé. En cas d'échec de la discussion — ou de« blocage idéologique », a insisté le chef de l'Etat, conscient d'avoir les grands syndicats contre lui —, le gouvernement reprendrait la main.

Nicolas Sarkozy a aussi annoncé une hausse de 2 % de la CSG (contribution sociale généralisée) sur les produits financiers, confirmé la mise en place d'une taxe sur les produits financiers, promu la déréglementation de la loi sur l'urbanisme pour doper la construction de logements et booster l'emploi dans le BTP. Décryptage des principales mesures.

TVA : + 1,6 % en octobre ?
Comme s'il évacuait l'échéance présidentielle, Nicolas Sarkozy souhaite augmenter le 1er octobre le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée, qui pèse sur l'écrasante majorité des biens et services vendus en France, de 19,6 % à 21,2 %. Un tel taux ferait grimper la France dans le peloton de tête de la TVA (consulter ici les différents taux dans l'Union européenne). La taxe sur la consommation n'est en effet que de 18 % en Espagne, 19 % en Allemagne, 21 % en Belgique et en Italie (même si le président du Conseil, Mario Monti, envisage un taux de 23 %).

La mesure, combinée à une hausse de 2 points de la CSG sur le patrimoine (2 petits milliards), est censée rapporter 13 milliards d'euros, pour compenser la baisse des charges patronales. A entendre le président, rien à craindre : « Je ne crois en rien à une augmentation des prix parce que ces produits sont extrêmement concurrentiels. La concurrence maintiendra les prix. » Et le président de citer l'exemple de la hausse de la TVA en Allemagne : « Ils n'ont eu aucune augmentation des prix, la concurrence est telle que le risque d'inflation n'existe pas. » En réalité, il y a bien eu alors une hausse temporaire des prix en Allemagne, comme le montrent des chiffres d'Eurostat cités par le Journal du Dimanche. En 2007, le même Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs rejeté une hausse de la TVA, au motif qu'elle « aurait pour effet de réduire le pouvoir d’achat des Français ».

 Le chef de l'Etat reconnaît d'ailleurs lui-même ce risque. « Cette mesure ne rentrera en application qu'au 1er octobre, nous espérons que ça va déclencher des achats par anticipation », a-t-il dit. Autrement dit, le gouvernement s'attend à ce que les Français consomment plus dans les mois qui viennent pour profiter de prix moindres avant la hausse. C'est du reste ce qui s'était passé outre-Rhin.

sarkozy-evoque-grace-garce-presidentielle-par-L-1.jpgMais la comparaison avec l'Allemagne qui obsède Nicolas Sarkozy a ses limites : la TVA allemande était très basse (16 %) et avait été portée à 19 %, non de 19,6 à 21,2 %. Par ailleurs, l'échéance présidentielle va créer chez les consommateurs une très grande incertitude quant à l'effectivité de la mesure, le candidat socialiste François Hollande y étant opposé. Du coup, il y a fort à parier que ce soit plutôt l'attentisme qui prévale.

Il y a surtout un obstacle de taille : la France est aujourd'hui au bord de la récession. Le pouvoir d'achat des ménages est en baisse. La hausse de la TVA risque de peser sur la consommation, et d'accroître la récession tout en pesant sur les ménages les plus modestes. Selon la Cour des comptes, la TVA est un des impôts les plus inégalitaires, car il s'applique à tous de la même façon, et pénalise d'abord les plus pauvres, qui épargnent peu et consomment beaucoup. D'autant que cette hausse fait suite à une série d'augmentations pesant sur la consommation : la hausse du taux réduit de TVA à 7 % début 2012 — sur l'hôtellerie-restauration, mais aussi l'alimentation hors produits de « première nécessité », les transports, les services à la personne, les livres, etc. ; lamajoration des prix des sodas, du tabac et de l'alcool...

Tout ce week-end, l'opposition a tancé la hausse de la TVA. « Un mauvais principe et un mauvais instrument », « tout à fait inopportun », d'après le candidat socialiste à la présidentielle,François Hollande« Une triple faute, selon l'ancien premier ministre Laurent Fabius, interrogé dimanche sur Radio J. Une faute économique parce que cela va peser sur la consommation, augmenter les prix ; une faute sociale parce que ce sont l'ensemble des couches populaires et moyennes qui vont payer ; une faute démocratique parce que ce n'est pas à moins de cent jours d'une élection qu'on annonce cela. » « C'est une très mauvaise idée. Augmenter la TVA, ça veut dire baisse du pouvoir d'achat, ça pèse sur tout le monde et notamment les plus vulnérables », a expliqué Eva Joly, candidate écologiste à la présidentielle. Quant à François Bayrou, lui aussi partisan d'une hausse de la TVA de deux points, mais dans le cadre d'une remise à plat des finances publiques, il a dénoncé une « augmentation de près de deux points qui sera sans aucun effet ». 

A l'UMP, certains n'hésitent pas à qualifier la hausse de la TVA de« suicidaire ».

 13 milliards d'exonérations de cotisations patronales

 « Ce mot n'a aucun sens. » Nicolas Sarkozy n'aime pas qu'on lui parle de la “TVA sociale” — il affirme même n'avoir « jamais prononcé le mot »ce qui est faux. Et c'est bien cette mesure qu'il a annoncée ce soir. Car la hausse de la TVA va bel et bien compenser… la baisse des charges sociales patronales sur les salaires entre 1,6 et 2,1 Smic — ce qui représente selon l'Elysée« 97 % des effectifs de l'agriculture, 82 % des effectifs de l'automobile et les deux tiers des effectifs de l'industrie ».

 Un « cadeau aux entreprises » qui « ressemble à une utilisation des deniers du contribuable pour satisfaire un électorat » avant la présidentielle, selon le banquier d'affaires Georges Ugeux, qui tient un blog sur lemonde.fr. « Il s’agit d’une réponse positive aux demandes du Medef. On aurait pu au moins réduire les cotisations sociales pour les nouvelles et petites, voire moyennes entreprises. Le montant aurait diminué drastiquement », poursuit-il.

Alors que leur pouvoir d'achat va être rogné par la hausse de la TVA, les salariés ne seront pas soutenus par un coup de pouce de leurs salaires net, puisque leurs cotisations salariales, elles, restent inchangées. Nicolas Sarkozy a martelé un unique argument : le coût du travail en France est trop élevé et il faut « arrêter de plomber les salaires par des charges qui pénalisent l'emploi ».

En réalité, le coût du travail en France et en Allemagne est relativement proche, comme l'a montré la Cour des comptes, mais les cotisations patronales sont en effet plus importantes en France, car elles financent largement la protection sociale (en l'occurrence la branche famille de la Sécurité sociale). Cela ne date pas d'hier, mais Nicolas Sarkozy semble le découvrir. En introduisant la TVA sociale, le chef de l'Etat lance donc à quelques semaines de la présidentielle et de façon désordonnée un très vaste chantier, celui du financement de la Sécu…

La TVA sociale est « la seule réponse crédible à l'arrêt des délocalisations, la France se vide de son sang industriel », assure Nicolas Sarkozy. En fait, pour être sûr de créer le « choc de compétitivité» que souhaitent les défenseurs de la TVA sociale, il aurait sans doute fallu une baisse plus importante des cotisations employeurs.

Par ailleurs, rien ne garantit que les employeurs vont répercuter la baisse des charges dans leur prix, s'inquiète Eric Heyer, économiste à l'OFCE : « Il faudrait que les entreprises jouent le jeu et répercutent l'ensemble de la baisse des cotisations dans leurs prix hors taxe, ce qui est loin d'être évident. » Enfin, il est probable que nos voisins européens « ne se laissent pas faire »« C'est une stratégie qui peut porter ses fruits à court terme, mais n'est en réalité ni coopérative ni viable. » S'érigeant à nouveau en protecteur de l'emploi industriel, Nicolas Sarkozy a promis la création rapide d'une banque de l'industrie dotée d'« un milliard de fonds propres » — mais cette banque existe déjà, sous le nom d'Oséo. Une manière de répondre à François Hollande qui a annoncé au Bourget la création d'une banque publique d'aide aux PME. Le chef de l'Etat a également repris à son compte le « produire en France » de François Bayrou.« Je n'accepte pas la fatalité, je ne serai pas M. Jospin qui disait : "face à Vilvorde on n'y peut rien". »

Au risque de faire des promesses qu'il ne tiendra pas, Nicolas Sarkozy a surtout fait une promesse aux salariés de l'usine Lejaby d'Yssingeaux (Haute-Loire), menacée de fermeture : « Je leur dis qu'on a travaillé sur leur situation. Le site d'Yssingeaux, nous ne le laisserons pas tomber. Je ne laisserai pas tomber les gens de Lejaby. J'espère que dans quelques jours on aura trouvé la solution. » En février 2008, Nicolas Sarkozy avait dit la même chose aux ouvriers de l'usine Arcelor Mittal de Gandrange. Une promesse vite oubliée.

Négocier l'emploi et la durée de travail dans l'entreprise

Nicolas Sarkozy n'y est pas allé par quatre chemins. « Le premier ministre écrira aux partenaires sociaux dès demain matin pour leur demander de négocier dans les deux mois qui viennent » sur la question des accords compétitivité-emplois. En cas d'échec de la discussion, le gouvernement entend bien se saisir de la question — on serait alors… à un petit mois de la présidentielle !

L'idée de ces accords : rendre possible dans une entreprise une baisse de salaires et/ou du temps de travail. Jusqu'à présent, ces modifications substantielles du contrat de travail doivent être obtenues avec l'accord de chaque salarié. Une fois de plus, Nicolas Sarkozy dit s'inspirer de l'Allemagne et de la fameuse cogestion des relations sociales entre syndicats et patrons. Mais il omet de dire qu'outre-Rhin, « ce type d'accords prévoit un droit de regard relativement important des syndicats sur la situation économique comme la stratégie d'investissement de l'entreprise » comme l'explique dans Les Echos Adelhaid Hege, chercheuse à l'Ires.

 En toute logique, les syndicats devraient dénoncer dès lundi une provocation. « Toute négociation en la matière sera particulièrement dure », a prévenu dès dimanche soir Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière.

A croire que Nicolas Sarkozy entrerait volontiers en campagne à la faveur d'un bras de fer avec les syndicats.

Source : Mediapart

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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 16:13

imagesCAXC4QMO.jpgAlors que les problèmes structurels de la zone euro et que le risque de faillite de plusieurs de ses États-membres sont loin d’avoir reçu un commencement de règlement pendant que la récession et le chômage de masse la submergent, les investisseurs se sont détournés du dollar US non pas pour revenir massivement sur l’euro ou bien sur une autre monnaie mais pour acheter des métaux précieux. Puisque, après la cassure à la hausse de l’argent-métal en USD la semaine dernière, c’est au tour de l’or en USD d’avoir cassé à la hausse cette semaine. La décision de la Federal Reserve communiquée cette semaine de maintenir sa politique monétaire laxiste de taux d’intérêt zéro à court terme au moins jusqu’en 2014 (sans toutefois recourir à un 3éme Quantitative Easing), jointe aux opérations de création de liquidités ex nihilo effectuées par la BCE pour maintenir les grandes banques privées à flot et faciliter les achats d’obligations d’Etat des PIIGS et de la France, ont inquiété les investisseurs (dont les craintes de dérapage inflationniste des deux côtés de l’Atlantique augmentent) qui se sont réfugiés dans les actifs réels (or et argent-métal) et ont même cessé de traiter les marchés d’actions très surévalués dont le volume d’affaires s’est effondré. Ce qui présage leur chute prochaine puisque la baisse des volumes sur les actions est en général annonciatrice de la chute de leurs cours. La meilleure réponse à cet environnement assez nouveau consiste donc, selon nous, à acheter  progressivement l’or et/ou l’argent-métal en USD (mais en gardant aussi l’or en euros pour ceux dont le patrimoine principal reste dans cette monnaie). On notera, enfin, que l’indice Baltic Dry du coût du transport maritime des marchandises est en train de s’effondrer, ce qui laisse penser que la conjoncture économique mondiale se dégrade fortement, en particulier par la baisse en volume des échanges internationaux.

La nouvelle poussée à la hausse des obligations d’Etat US à 30 ans (en dollars US) mais aussi à échéances plus rapprochées, puisque la Federal Reserve a confirmé que les taux d’intérêt US (à court terme et vraisemblablement à long terme resteront faibles aux USA) et que l’économie US reste ne se reprendra pas de sitôt (à cause de raisons domestiques mais aussi de la récession européenne et du fort ralentissement dans les pays émergents), montre que les grands investisseurs US et internationaux se désengagent des actions en faveur desdites obligations. (fmg)

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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 20:48

 

Iran : suspects habituels et mémoires sélectives

« Le président israélien nous avertit aujourd’hui que l’Iran est sur le point de produire une arme nucléaire. Le ciel nous en préserve. Pourtant, nous journalistes, ne mentionnons pas que Shimon Peres, alors Premier ministre, avait dit exactement la même chose en 1996. » Robert Fisk, le correspondant au Moyen Orient de The Independent, rappelle non sans alacrité quelques vérités d’évidence apparemment sorties du radar de nombreux médias occidentaux.

Robert-Fisk_171642t-27c19.jpgRendre compte correctement est l’une des tâches les plus difficiles pour un journaliste - et ça l’est rarement plus que dans le cas de l’Iran. L’Iran, la terrible menace de la révolution islamiste. L’Iran chiite, protecteur et manipulateur du Terrorisme Mondial, de la Syrie au Liban, du Hamas au Hezbollah. Ahmadinejad, le Calife fou. Et, bien sûr, l’Iran nucléaire, se préparant à détruire Israël avec un champignon atomique de haine antisémite, prêt à fermer le détroit d’Ormuz - au moment où les forces occidentales (ou Israéliennes) attaqueraient.

Étant donné la nature du régime théocratique, l’affreuse répression de ses adversaires après les élections en 2009, sans parler de ses gisements pétroliers énormes, toute tentative de ramener un peu de bon sens dans la présentation des faits doit aussi comporter un avertissement préalable de santé publique : bien évidemment, non, l’Iran n’est pas un endroit plaisant. Mais ...

Prenons la version israélienne qui, malgré les preuves constantes que ses services de renseignement sont à peu près aussi efficaces que ceux de Syrie, continue d’être claironnée par ses amis en occident, aux rangs desquels les plus serviles sont les journalistes. Le président israélien nous avertit aujourd’hui que l’Iran est sur le point de produire une arme nucléaire. Le ciel nous en préserve. Pourtant, nous journalistes, ne mentionnons pas que Shimon Peres, alors Premier ministre, avait dit exactement la même chose en 1996. C’était il y a 16 ans. Et nous ne rappelons pas plus que le Premier ministre israélien actuel, Benjamin Netanyahu, avait déclaré en 1992 que l’Iran aurait la bombe nucléaire d’ici 1999. C’est-à-dire depuis 13 ans. Vieille histoire, toujours recommencée.

En fait, nous ne savons pas si l’Iran construit vraiment une arme nucléaire. Et après l’exemple de l’Irak, il est étonnant de voir les mêmes détails sur les armes de destruction massive surgir au même rythme que toutes les balivernes sur l’arsenal titanesque de Saddam Hussein. Sans oublier le problème de l’origine. Quand tout cela a-t-il commencé ? Sous le Shah. Ce gars voulait la puissance nucléaire. Il a même déclaré qu’il voulait une bombe parce que « les Etats-Unis et l’Union soviétique avaient des bombes nucléaires, » et personne ne s’y est opposé. Les Européens se précipitèrent pour fournir ce que demandait le dictateur. C’est Siemens - et non pas la Russie - qui a construit la centrale nucléaire de Bushehr.

Et quand l’ayatollah Khomeiny, ce fléau de l’Occident, cet apôtre de la révolution chiite, etc.., a pris le pouvoir en Iran en 1979, il a ordonné que l’ensemble du projet nucléaire soit arrêté parce que c’était « l’œuvre du diable ». Ce n’est que lorsque Saddam a envahi l’Iran - avec les encouragements de l’occident - et a commencé à utiliser des gaz toxiques contre les Iraniens (dont les composants chimiques provenaient de l’Occident, bien sûr) que Khomeiny a été persuadé qu’il fallait redémarrer ce programme.

Tout cela est désormais supprimé de l’historique des faits : ce sont les mollahs enturbannés de noir qui ont démarré le projet nucléaire, avec Ahmadinejad le cinglé. Et Israël pourrait devoir détruire cette arme de terreur pour assurer sa propre survie, pour assurer la survie de l’Occident, la démocratie, etc.., etc...

Pour les Palestiniens de Cisjordanie, Israël est une puissance colonisatrice occupante brutale. Mais dès lors que l’Iran est mentionné, cette puissance coloniale se transforme en un minuscule, vulnérable et paisible Etat vivant sous la menace imminente d’une destruction. Ahmadinejad - là encore, je cite Netanyahou - est plus dangereux que Hitler. Les bombes nucléaires d’Israël - bien réelles, et dont le nombre aujourd’hui avoisine 300 - disparaissent de l’histoire. Les Gardiens de la Révolution iraniens aident le régime syrien à éradiquer ses adversaires ; ils pourraient aimer le faire - mais il n’y a aucune preuve de cela.

Le problème est que l’Iran a gagné presque toutes ses guerres récentes sans tirer un seul coup de feu. George W et Tony ont détruit l’ennemi juré de l’Iran en Irak. Ils ont tué des milliers de soldats sunnites, que l’Iran lui-même avait toujours qualifiés de « talibans noirs ». Et les Arabes du Golfe, nos amis « modérés », tremblent de peur dans leurs mosquées recouvertes d’or lorsque nous, occidentaux, décrivons leur sort dans l’éventualité d’une révolution iranienne chiite.

Pas étonnant que Cameron vende des armes à ces gens dont les armées, dans de nombreux cas, pourraient à peine tenir une soupe populaire, sans même parler des armes sophistiquées que nous leur balançons pour des milliards de dollars, sous l’ombre portée des peurs inspirées par Téhéran.

Appliquons les sanctions ! Que les clowns entrent en scène....

Publication originale The Independent, via Common Dreams  25 janvier 2012 par Robert Fisk

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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 00:08

  Etonnant épisode dans l’histoire franco-marocaine

imagesCAUG9G7SUne étrange histoire dans les annales de la diplomatie française. Un fait absolument unique tant son authenticité a paru invraisemblable.

Moulay Ismael, Sultan du Maroc, caressa un projet de mariage et entama des négociations pour obtenir la main d’une fille de Louis XIV, la belle princesse de Conti.

Mais qui pouvait concevoir que le farouche empereur musulman voulût épouser l’une des descendantes du plus illustre des chrétiens ?

moulay-ismail.jpg--22.jpgCet étonnant épisode dans l’histoire franco-marocaine eut lieu dans les dernières années du XVIIème siècle, exactement en 1698, quand le Grand Sultan décida de l’envoi d’une mission diplomatique  auprès du Roi Soleil  chargée de conclure une alliance politique avec l’Hexagone et traiter du problème des captifs chrétiens emprisonnés à Meknès, capitale du Maroc d’alors.

Cette mission, présidée par un chef corsaire du nom de Ben Aicha, débarqua le 11 novembre 1698 à Brest.

 

f1565610Ce fut un voyage triomphal de Brest à Paris. Une fois à Paris, elle fut logée à l’hôtel des Ambassadeurs.

Le 16 février 1699 eut lieu la réception à Versailles.

Ben Aicha prononça devant le Grand Roi de France un discours où il affirma textuellement : « Moulay Ismaël, mon maître, fait consister le comble de sa gloire à acquérir l’amitié du plus grand et du plus puissant monarque de l’Europe. » Et d’ajouter « qu’il a reçu ordre de nouer une alliance indissoluble avec le Roi de France, de négocier l’échange et le rachat des captifs. »

Louis XIV lui répondit qu’ « il était bien aise de le voir, qu’il nommerait des commissions pour écouter ses propositions. »

Des cadeaux traditionnels de valeur furent ensuite offerts à Ben Aicha et ses compagnons.

Des visites de Paris leur furent organisées. Et les voilà enchantés par les merveilles de la capitale : L’architecture, les grandes eaux de Versailles et de la Seine, les manufactures de produits de luxe, les théâtres, les belles et grandioses réceptions auxquelles ils étaient conviés.....

Toutefois, l’ambassadeur marocain se dérobait chaque fois qu’il s’agissait de traité de rachat des captifs.

Finalement, la mission quitta Paris le 6 mai sans rien conclure.....

C’est en faisant à Moulay Ismaël le récit de toutes les merveilles dont il avait été témoin, Ben Aicha lui parla d’une façon séduisante de la princesse de Conti, fille légitime de Louis XIV qu’il avait rencontrée notamment dans un bal chez Monseigneur d’Orléans  au palais royal.

marie-anne-de-bourbon-princesse-conti-1666-1739.jpgLe 14 novembre 1699, au nom de son Sultan, l’Ambassadeur  écrivit une lettre à Monsieur de Pontchartrain, conseiller du Roi, pour demander pour son maître la main de la belle princesse.

« .... J’ai fait l’éloge de la princesse de Conti, fille de l’Empereur, Louis de France, le plus grand prince de la chrétienté, tellement que cela lui est demeuré gravé dans l’esprit et qu’il y pense tous les jours, avec soin et inquiétude. Sur quoi il m’a dit : .... Il faut que tu écrive au Vizir  Pontchartrain, afin qu’il demande pour moi en mariage, au Roi son maître, cette princesse, sa fille.... »

Or ce que le Grand Sultan ignorait, c’est que cette princesse a rejeté nombre de demandes en mariage après la mort de son époux, emporté par la petite variole. Demandes émanant du fils du Roi de Pologne,  du Duc de Paris, du Prince héritier de Danemark,  du Doge de Gênes....

Mlle de Conti était effectivement  une ravissante créature qui enchantait son entourage par ses fines réparties et par les « mille chosettes qui sortaient de sa jolie bouche. C’était Conti la belle, Conti fille des dieux, Conti des Amours »,  nous dit Mme de Sévigné.

Elle excellait surtout dans l’art de danser avec grâce. Boileau s’extasiait à son tour sur la souplesse de sa taille, la légèreté de sa démarche. Et la Fontaine disait d’elle :

L’herbe l’aurait portée ;

Une fleur n’aurait pas

Reçu l’empreinte de ses pas.

Elle inspirait encore la muse de Benserade :

Elle est charmante, elle est divine

Et brille de vives couleurs

Qu’on ne voit point briller ailleurs.

Pure et blanche comme l’hermine,

Elle efface toutes les fleurs,

Jusqu’ au lys de son origine.

Au cours des fêtes auxquelles Ben Aicha avait assistées à Paris, il était, à l’instar des poètes,  particulièrement charmé par la grâce et la beauté de cette princesse, fille légitimée de Louis XIV et de Mlle de La Vallière et jouissant à la Cour des prérogatives des filles de France sous le nom de Mlle de Blois. Le Roi avait pour elle une prédilection particulière.

Cette séduction qui émanait de cette beauté fit germer dans la pensée de Ben Aicha l’idée la plus saugrenue qu’ait jamais conçu un ambassadeur et un courtisan. Pourquoi son maître ne demanderait-il pas à Louis XIV la main de sa fille, cette princesse accomplie qui ferait une Sultane incomparable ? Il s’en ouvrit à Ismaël qui acquiesça sur le champ au projet.

Le Comte de Pontchartrain ne crut pas répondre à la requête du Grand Sultan. Il fait dire à Ben Aicha, par l’intermédiaire de son correspondant en France, Mr Jourdan, qu’il n’avait osé montrer des lettres aussi peu conformes aux mœurs des deux nations. Et « quand l’Empereur du Maroc serait assez touché des vérités du Christianisme pour l’embrasser, il serait alors en état beaucoup plus apparent de se faire écouter. » Et c’est ainsi que le Grand Sultan fut éconduit.

Ces faits curieux auraient dû rester sous le secret d’Etat car Louis XIV était intéressé à ce qu’ils ne deviennent pas un sujet de plaisanteries trop bruyantes. Il en transpira néanmoins assez pour permettre aux courtisans d’en parler avec force exagération teintée souvent de railleries déplaisantes, d’ironie outrageante et d’offenses malséantes.

Cette demande en mariage devint donc prétexte à ‘divertissements’ et amena les poètes- courtisans de la cour à adresser à leur déesse des madrigaux particulièrement insolents et injurieux pour Moulay et dont nous citons ci-après quelques extraits les moins outrageants :

De Jean-Baptiste Rousseau :

Votre beauté, grande Princesse

Porte les traits dont elle blesse

Jusqu’aux plus sauvages lieux.

L’Afrique avec vous capitule.

Et les conquêtes de vos yeux

Vont plus loin que celles d’Hercule.

De Périgny :

Pourquoi refusez-vous l’hommage glorieux

D’un roi qui vous attend et qui vous sait si belle ?

Puisque l’hymen au Maroc vous appelle.

Partez ; c’est peut-être en ces lieux

Qu’il vous reste un amant fidèle.

Du Duc de Nevers :

Fille du héros de la France,

En qui tant de trésors les cieux ont rassemblés.

Astre qui seul étinceliez

Sur tant d’astres choisis que renferme Bysance,

Et qui portez votre influence

Aux climats les plus reculés.

De vos attraits vainqueurs la force souveraine

A fait cent prodiges divers ;

Vous traînez les héros captifs dans votre chaîne ;

Un prince glorieux de vivre dans vos fers

Compte de vous donner pour reine

Aux plus sauvages cœurs qui soient dans l’univers.

Montrez-lui, beauté sans égale.

De notre paradis l’idée originale ;

Faites-lui concevoir les plaisirs immortels

Dont le .... saint nous a donné l’attente,

Et vous verrez aux pids de vos autels

                                                      D’esclaves égorgés l’hécatombe fumante.

De Senecé :

Que me demandez-vous, superbe Tingitane ?

Osez-vous y penser ?

La fille de Louis jusqu’au rang de sultane

Peut-elle s’abaisser ?

Si votre ambition m’enlevait ma princesse

Mes peuples révoltés

Armeraient plus de bras que n’en arma la Grèce

Pour de moindres beautés.

Quoi donc cette beauté, qui faisait les délices

D’un empire galant.

Vivrait assujettie aux barbares caprices

                                                                          De l’eunuque insolent !

..../....

Evidemment, il était plus facile de rire de cette prétention que d’en mesurer la portée ! La Cour du Roi négligeait à ce moment d’apprécier l’intérêt que pouvait avoir son influence politique au Maroc.

Et Moulay Ismael de se détourner définitivement de Louis XVI et de la France !

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 20:59

 

Say-no-to-acta-copie.jpgSi le traité ACTA venait à être appliqué, l’internet tel qu’on le connait aujourd’hui serait radicalement changé. Le traité renforce de façon démesurée le pouvoir du copyright (ou du droit d’auteur, en l’occurrence la différence est insignifiante), forcera les fournisseurs de services sur internet à faire la police du copyright, rendant du même coup l’hébergement de contenus générés par les utilisateurs impossible à assumer financièrement, il mettra en place des sanctions pour les utilisateurs violant le copyright, comme de leur couper l’accès à l’internet après trois avertissements, et exigera que les supports informatiques soient inspectés aux frontières (disques dur, lecteurs mp3, etc.). Ceux qui contiendraient des fichiers copyrightés téléchargés de façon illégale seraient détruits, et leurs  possesseurs se verraient infliger une amende.

Parmi les informations qui ont fuité du traité ACTA – toujours en négociation -, on trouve aussi la possibilité pour les ayants droits d’accéder aux informations personnelles d’un internaute, suspecté d’avoir téléchargé un contenu copyrighté, sans avoir besoin de recourir à un juge. En bref, Hadopi, à coté, ce n’est pas grand chose, mais c’est un bon début.

Les négociations autour du traité ACTA se font en dehors de tout cadre, aucune organisation internationale comme l’OMC ne les supervise. Elles ont commencé en 2006 entre les USA, la Commission Européenne, la Suisse et le Japon. Depuis, l’Australie, le Canada, l’Union Européenne, la Jordanie, le Mexique, le Maroc, la Nouvelle Zélande, la Corée, Singapour et les Emirats Arabes Unis se sont joints aux négociations.

Ce traité est négocié dans le plus grand secret, mais en mai 2008, Wikileaks.org a publié un document en révélant de nombreux éléments. C’est plus récemment que l’opinion publique a été alertée, grâce à l’EFF dans un premier temps, puis à ReadWriteWeb US en fin d’année dernière.

Beaucoup d’analystes en France voient le couple Hadopi/Loppsi comme un premier pas dans la mise en application du traité ACTA. Les récentes loi impactant l’usage de l’internet en Espagne et en Italie font penser que c’est une partie de l’Europe qui est en train de mettre en application ce traité, avant même qu’il soit signé.

Mais comme le montre les dernières évolutions législatives concernant Internet en Italie, ce n’est pas seulement le téléchargement ‘pirate’ qui est visé par ACTA, mais bien l’ensemble du web 2.0 et de la capacité qu’a donné l’internet à tous de s’exprimer (sans même parler du logiciel libre, nous reviendrons sur ce point ultérieurement). L’obligation faite aux services ‘web 2.0′ de faire la police obligerait de facto la plupart des plateformes de blog à fermer, tout comme les autres sites proposant d’héberger gratuitement les contenus des internautes.

La pression monte pour plus de transparence

logo_acta_mid_en-258x300.pngLe traité ACTA a donné lieu a 6 réunions de négociation jusqu’ici, une septième se tient à la fin de ce mois à Mexico. Chose étonnante, la pression semble avoir au moins eu un effet : la transparence est enfin à l’ordre du jour.

Google, qui s’est engagé pour la Net Neutrality et ne voit pas d’un bon œil le traité ACTA, a organisé une table ronde la semaine dernière à Washington Le traité ACTA a donné lieu a 6 réunions de négociation jusqu’ici, une septième se tient à la fin de ce mois à Mexico. Chose étonnante, la pression semble avoir au moins eu un effet : la transparence est enfin à l’ordre D.C. pour débattre du projet de traité.

Le débat qui s’est tenu lors de cette table ronde a été particulièrement intéressant et agité. Réunissant des représentants des lobbies et des partisans des libertés numériques, les échanges ont été vifs, et ont portés sur l’aspect législatif, l’économie, les problèmes éthiques soulevés par le traité ACTA, mais surtout sur la transparence, demandée à corps et à cri par tous (ou presque).

Le représentant des lobbies, Steven Metalitz (avocat de la MPAA et de la RIAA), a longuement défendu le traité et la nécessité du secret de sa négociation. Une position difficile mais on ne peut que saluer l’effort de dialogue. Pour lui, le secret est une condition nécessaire à la négociation avec les pays étrangers (entendez, entre autre, l’Europe, qui semble être en train, dans certains de ses pays membres, de le mettre en application).

L’autre point défendu par Metalitz frise le ridicule quand il affirme que le traité ne nécessitera pas que les lois des pays signataires soient changées. En effet, dans la mesure où les points du traité font d’ors et déjà l’objet de loi telles qu’Hadopi et Loppsi (ou celle de l’économie durable en Espagne), on peut imaginer que d’ici à la signature du traité, les lois nécessaires à son application soient déjà en place.

En France, ACTA n’a fait l’objet de quasiment aucun article dans la presse officielle, et des sources nous ont fait savoir que le sujet était carrément censuré dans certaines rédactions. Aucun groupe parlementaire n’a demandé la moindre commission d’enquête : circulez, il n’y a rien à voir.

Si vous comprenez ou parlez anglais, trouvez une heure et demie pour regarder cette vidéo, c’est l’avenir de l’internet qui se joue, et plus largement celui de la liberté d’expression.

  Sources :  Fabrice Epelboin / readwriteweb 

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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 20:45
 

 

Et si les barbouzeries de M. Sarkozy relevaient d'un symptôme : le retour du refoulé propre à l'inconscient politique de la Ve République, née d'un coup tordu (le 13 mai 1958), puis rythmée par les vilenies policières ? Et si Bernard Squarcini, ce surveillant général du régime, s'inscrivait dans une lignée de fonctionnaires outranciers (les “papons”), que sécrètent des institutions avariées ? Et s'il fallait cesser de croire aux dysfonctionnements du renseignement, pour se pencher sur son mésusage répété ?

En cette fin de quinquennat, l'atmosphère empoisonnée – Pérol, Tapie, Gaubert, Hortefeux, Woerth, Lagarde, Courroye, Takieddine, Péchenard, Squarcini... – sape le système, avec une intensité supérieure à celle de l'affaire Ben Barka en 1966. Il n'y a certes pas mort d'homme pour l'instant. Mais cette fois, le chef de l'État est impliqué. Il ne saurait jouer la surprise outragée, après avoir étouffé l'affaire jusqu'à une élection présidentielle.


 

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Mehdi Ben Barka

On se souvient qu'à la suite de l'enlèvement de l'opposant marocain, au cœur de Paris, le 29 octobre 1965, Charles de Gaulle dut rendre des comptes ; une fois réélu cependant... La scène se passe à l'Élysée, lors de la conférence de presse du 21 février 1966.

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Philippe Viannay, fort de complicités nouées dans la Résistance, se saisit d'un microphone. Et il apostrophe le chef de l'État, au nom du Nouvel Observateur, un journal neuf, d'opposition, excellent et dynamique : « Pourquoi n'avez-vous pas jugé bon de donner au peuple français, au moment où vous sollicitiez ses suffrages pour l'élection présidentielle, des informations qui lui auraient permis de juger l'action de votre gouvernement dans l'affaire Ben Barka, informations que la presse – que vous critiquiez tout à l'heure – a dû tenter seule de reconstituer ? »

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 Charles de Gaulle, sous le coup de cette question tranchante, fait preuve, à 75 ans, d'une force comique irrésistible. Il baisse la tête dans un mouvement de résipiscence surjouée, puis s'exclame, théâtralement : « C'est l'effet de mon inexpérience !... » Toutefois, ayant mis les (toujours prompts) rieurs de son côté, le général manifeste ensuite une fureur froide : « Ce qui s'est passé n'a rien eu que de vulgaire et de subalterne. » Le président aborde la question des « services intéressés » et diagnostique « une trop grande latitude souvent laissée à des exécutants ».

Puis l'hôte de l'Élysée contre-attaque : « On a vu se déchaîner de frénétiques offensives tendant à ameuter l'opinion contre les pouvoirs publics. » Avec une hauteur goguenarde, il décoche une flèche fabuleuse et interminable dont il a le secret : « Hélas ! une grande partie de la presse, travaillée par le ferment de l'opposition politique, attirée par l'espèce d'atmosphère à la Belphégor que créait l'évocation des mystérieuses barbouzes, professionnellement portée à tirer profit – c'est le cas de le dire – de l'inclination de beaucoup de lecteurs pour des histoires qui rappelleraient celles du "Gorille", de "James Bond", de "l'Inspecteur Leclerc", etc., s'est lancée, sans ménager rien, dans l'exploitation de l'affaire. » Bref, du buzz avant l'heure ! Et qui eut le tort, aux yeux du fondateur de la Ve République, de desservir « l'honneur du navire »...


Dans Le Monde (24/2/1966), le rédacteur en chef du quotidien dirigé par Hubert Beuve-Méry, Jacques Fauvet, ironise en réponse : « Charles de Gaulle a depuis longtemps donné raison à Honoré de Balzac : "Si la presse n'existait pas, il faudrait ne pas l'inventer." »

Dans le même journal du soir, Alfred Grosser avait sonné le tocsin dès le 19 janvier, au moyen d'un article titré « L'affaire, la démocratie et l'État ». Grosser s'y réfère à la RFA, où l'arrestation du fondateur du Spiegel et d'un journaliste d'investigation, accusés à l'automne 1962 d'avoir publié des informations confidentielles, coûta son poste au ministre de la défense, Franz Josef Strauss. En comparaison, la France semble bien apathique au professeur Grosser : « Quelques commentaires fort vifs, mais pas d'indignation profonde. Sommes-nous tellement blasés ? »

Et l'universitaire de faire miroiter la démocratie ouest-allemande : « L'affaire du Spiegel était peu de chose à côté de l'affaire Ben Barka : pas d'assassinat, pas de mépris trop affiché des institutions judiciaires et de la loi. Quelle explosion pourtant dans l'opinion ! Et quelle efficacité dans l'intervention du Parlement ! Qu'on relise les débats du Bundestag de novembre 1962. On y verra comment fonctionne le contrôle parlementaire quand une Assemblée a le sens des responsabilités à l'égard de la légalité et quand un gouvernement accepte le dialogue, même si c'est pour jouer le rôle d'accusé. »

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A contrario, voici comment se comporte la démocratie française en 1966. En janvier, à l'Assemblée nationale, le centriste Jean Lecanuet pose une question écrite au premier ministre à propos de l'affaire Ben Barka, lui demandant s'il estime « fondées les révélations qui mettent en cause la responsabilité du ministre de l'intérieur et de plusieurs hauts fonctionnaires et, dans l'affirmative, quelles conséquences il entend en tirer en ce qui concerne notamment la composition de l'actuel gouvernement ».

Réponse tardive (4 mars) et ostensiblement cavalière de Georges Pompidou : « On peut être surpris que l'honorable parlementaire, qui n'est pas sans expérience de la fonction ministérielle, ait cru devoir "prendre acte des informations publiées à la suite de l'interrogatoire de policiers inculpés dans l'enlèvement de M. Ben Barka". On eût souhaité qu'il attendît pour distinguer entre les informations publiées, celles qui relevaient de la pure fantaisie et celles qui étaient de nature à faire prendre une vue exacte des responsabilités encourues dans l'enlèvement de M. Ben Barka. »

Sous couvert d'ironie carnassière nichée dans un étincelant subjonctif imparfait précédé d'un élégant conditionnel passé deuxième forme, Georges Pompidou illustre la raison d'État propre à la monarchie élective française, foulant aux pieds la démocratie d'opinion. Un responsable politique, s'il fut ministre et s'il aspire à le redevenir, doit pencher vers une forme de solidarité gouvernementale – même dans l'opposition – et tenir la presse pour quantité négligeable diffusant des bobards ! ADN du régime, quand tu nous tiens...

« Justice au grand jour est bonne », disait Saint Louis


Les journaux ne peuvent alors que se débattre dans leur coin (tout est tragiquement figé trente ans avant l'invention d'Internet !), pour contrer la propagande gouvernementale. C'est ainsi que l'hebdomadaire Témoignage chrétien, en ce début 1966, s'en prend au lamentable prédécesseur de Claude Guéant, le ministre de l'intérieur Roger Frey : « Il veut stimuler la solidarité de toutes les forces de police contre la presse en affirmant que la police dans son ensemble est critiquée. Mais c'est à M. Frey que l'on réclame une explication et – peut-être – une démission. Pas aux 86.000 policiers de France. »

Cependant, aussi corseté que soit le régime, il y a du jeu, inimaginable aujourd'hui. Dans Notre République, hebdomadaire gaulliste, Jean de Beer accuse : « "Justice au grand jour est bonne", disait Saint Louis. À l'explication au grand jour, le ministre de l'intérieur a préféré une déposition non contradictoire dans le silence de son cabinet. Il a montré là que son caractère n'est pas élevé, que sa structure humaine ne dépasse pas une précautionneuse médiocrité. Pour qui est-ce une surprise ? »

C'est à propos de l'affaire Ben Barka que le bouillant Maurice Clavel rompt avec le gaullisme.

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Chacun comprend que la police est gangrenée. La guerre d'Algérie et la lutte contre l'OAS sont passées par là. Le 12 février 1962, Roger Frey, ministre au culot d'acier, mentait déjà en assurant « qu'il n'existe aucune police autre que celle du cadre officiel ». Un journaliste du Monde, pourtant sensible aux sirènes du système, André Passeron, vendait alors la mèche. Dans une série d'articles publiés du 14 au 17 mars 1962, juste avant les accords d'Évian ayant débouché sur l'indépendance algérienne, l'enquêteur évoquait ces « réseaux parallèles » qui « agissent seuls et sont rigoureusement cloisonnés », « occupant dans Alger des villas perdues au fond de jardins touffus ».

Le dernier article d'André Passeron commence ainsi : « L'OAS a offert un vaste champ d'action aux "barbouzes" en Algérie. » Et avec un art consommé de la litote, le journaliste note : « Il est apparu qu'appliquer à la lettre les méthodes habituelles de la police judiciaire, ne permettaient pas d'obtenir des résultats appréciables. »

Voilà le fil rouge, inavouable et parfois fortuitement découvert, de la Ve République ! Quand le pouvoir, au nom de « résultats appréciables », tolère voire encourage cette déviance grosse de fautes ou de crimes : faire fi des « méthodes habituelles » appliquées « à la lettre »...

Ça passe ou ça casse. Et si ça casse, haro sur la presse, messagère de tous les maux, coupable des mauvaises nouvelles ! Dans son article du Monde déjà cité, Jacques Fauvet, après avoir raillé de Gaulle et Balzac, retrouve son sérieux indisposé : « Qui peut croire que sans les "affabulations" de la presse, le gouvernement aurait enfin entrepris en janvier cette réforme des services de police et de contre-espionnage alors qu'il savait, paraît-il, la vérité depuis novembre ? Qui soutiendra que, sans l'émoi de l'opinion, le général aurait enfin exigé publiquement que la justice passe ? »

Après avoir « conféré » – la langue française semble encore à son apogée... – avec son premier ministre, le président de la République confie, le 20 janvier 1966, le soin d'établir un rapport crucial à Léon Noël. Léon Noël est un palindrome (son nom se lit de droite à gauche comme de gauche à droite). Il devait de surcroît s'éteindre à un âge non seulement vénérable mais palindromique : 99 ans. Outre ces particularités, il vient d'achever son mandat de premier président du Conseil constitutionnel. Et parmi toutes ses fonctions passées, on l'a trouvé, en 1931, à la tête de la sûreté générale. (1)

Léon Noël se voit confier le soin de réfléchir à « l'organisation, la composition et le fonctionnement des services de police, ainsi que leurs rapports avec la justice dans le cas où celle-ci est saisie ». Il rend compte de l'état d'avancement de ses consultations et réflexions à Charles de Gaulle, les 1er et 17 février.

Dans Le Nouvel Observateur, Jean Daniel souligne la portée mais surtout la limite des craquements politiques à l'œuvre : « Le chef de l'État français vient d'infliger à ses collaborateurs trois retentissants désaveux. Il a retiré à Georges Pompidou la direction des services de contre-espionnage. Il a demandé à Léon Noël – et non à Roger Frey – un projet de réforme des polices. Il a chargé enfin l'amiral Philippon – et non Jacques Foccart – du soin de rédiger les rapports quotidiens sur l'affaire Ben Barka. Ces trois désaveux s'accompagnent pour le moment du maintien dans leurs fonctions du premier ministre, du ministre de l'intérieur et du secrétaire général de l'Élysée. Dans d'autres pays, ces personnalités auraient d'elles-mêmes démissionné. En régime gaulliste, elles devront attendre d'être congédiées. Et non sur l'exigence d'un Parlement convoqué en séance extraordinaire, mais selon le caprice d'un monarque élu. »

***



(1) En 1934, à la suite de l'affaire Stavisky, la sûreté générale devient sûreté nationale ; ses fonctionnaires sont recrutés sur concours et non plus cooptés en fonction de considérations politiques.

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Pouvoir omnipotent mais irresponsable

Comme quoi un semi-césarisme peut faire régner sa loi contestable, tout en étant contesté, à condition que cette contestation se limite à un segment défini de la société (la gauche intellectuelle en l'occurrence), sans gagner d'autres couches de l'esprit public ; ce que permettait la société cadenassée d'alors.

En cet an de disgrâce 1966, dans un palais de l'Élysée inexpugnable, Léon Noël rend ses conclusions dès le 3 mars, au seul Charles de Gaulle. Le président l'épaule ensuite contre Georges Pompidou à Matignon, Roger Frey place Beauvau, ou Michel Debré rue de Rivoli, réticents à l'idée force du rapport : la fusion des personnels de la sûreté nationale et de la préfecture de police, qui deviendront la police nationale.

Le Figaro approuve : « Le projet permettra la mise au point d'un système centralisé, adapté et efficace. » Combat désapprouve : « En unifiant les polices, le pouvoir se dote d'un instrument maniable de surveillance et de répression. » Dans Le Monde (21 janvier 1966), Michel Legris avait vu juste : « Une police unifiée peut constituer pour la liberté des citoyens une menace plus redoutable qu'une police qui ne l'est pas lorsqu'il en est fait mauvais usage. »

Néanmoins, le pouvoir a gagné. On s'oppose sur des solutions organisationnelles relatives à la simplification des services. Or la question n'est pas tant technique que politique et intrinsèquement liée au régime, au point de surgir une fois de plus en 2012 : l'usage pernicieux du renseignement.

Marcilhacy_Portrait.jpgPierre Marcilhacy (1910-1987)



Le sénateur (non inscrit) de la Charente, Pierre Marcilhacy, candidat contre Charles de Gaulle à la fin de l'année précédente (1,71 % au premier tour), rappelle l'évidence perdue de vue : il faut une véritable indépendance de la magistrature, avec subordination de la police à la justice. C'est là précisément que la Ve République a toujours marqué le pas, calé, coincé, abdiqué...

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François Mitterrand, auréolé par ses 44,80 % contre de Gaulle (au second tour) mais alors sans grand parti, porte le fer à la Mutualité, lors d'un rassemblement du Comité pour la vérité sur l'affaire Ben Barka.

Dans une harangue féroce, agressive et qui fait mouche, volant la vedette à un autre orateur, l'authentique homme de gauche Gilles Martinet, Mitterrand stigmatise ce régime « incapable de frapper sa faction », ce pouvoir omnipotent mais irresponsable (« qui dispose de tout et ne sait rien »).

Au Palais-Bourbon, les ténors s'abstiennent. Les socialistes sont menés par un ancêtre politique de François Hollande, le député-maire de Tulle, Jean Montalat. Lors des discussions sur le vote de cette loi en forme de coup d'épée dans l'eau, certaines vérités sont pourtant prononcées, qui méritent aujourd'hui d'être entendues, à la lumière des agissements de MM. Squarcini, Guéant et Sarkozy.

Selon le communiste Louis Odru, ancien instituteur, élu de Montreuil, les policiers « veulent que leur administration soit au service non d'un homme, d'une faction ou d'intérêts étrangers, mais de la collectivité nationale ».

Stalinien mal dégrossi, Louis Odru est sans doute inaudible à l'époque. Mais il parle d'or. Il cite l'article 12 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen appelant à la constitution d'une « force publique », instituée pour l'avantage de tous et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée : « Les fonctionnaires qui la composent ne doivent, en aucun cas, dans l'exercice de leur fonction, sortir des limites ainsi fixées, ni, à plus forte raison, participer, quel qu'en soit le motif, à des actions illicites, voire – au sens juridique du terme – criminelles. »

Le ministre de l'intérieur, Roger Frey (1), ne trouve pour sa part, comme d'ordinaire, qu'à mentir devant les députés, le 6 mai 1966 : « J'affirme solennellement – une fois pour toutes – qu'il n'y a pas de police parallèle et qu'il faut que cessent ces calomnies odieuses, ces racontars déshonorants, ces histoires de barbouzes qui n'ont plus le mérite d'être drôles. Il faut que le pays sache qu'il n'y a en France que les forces régulières de la sûreté nationale, de la préfecture de police et de la gendarmerie nationale. »

Applaudissements sur les bancs des godillots gaullistes. Roger Frey enchaîne : « Mais si l'on entend par police parallèle l'utilisation d'informateurs ou d'indicateurs pour renseigner la police... » Alors, le ministre de l'intérieur bifurque vers une défense des taupes, doulos et autres mouchards : « La meilleure police du monde est celle qui a les meilleurs indicateurs. »

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Ah ! ces Roger Frey, Raymond Marcellin, ou Michel Poniatowski ; ces ministres des écoutes et des perfidies, des coups bas et des félonies de la Ve République... Encore heureux qu'ils n'aient jamais été au service d'un président par trop pousse-au-crime. Ce n'est plus tout à fait le cas, aujourd'hui, de Claude Guéant. Il y met du sien, certes, mais l'impulsion nocive vient du sommet.

En effet, Nicolas Sarkozy sera toujours incapable de comprendre la sentence de Napoléon à Fouché : « L'art de la police est de ne pas voir ce qu'il est inutile qu'elle voie. »


***



(1) Roger Frey quitte la place Beauvau à la faveur des élections législatives de 1967 ; tout comme Maurice Papon, élu député du Cher, laisse la préfecture de police, qu'il occupait depuis neuf ans, au subtil Maurice Grimaux. Au ministère de l'intérieur, Christian Fouchet sera jugé trop mou par de Gaulle en mai 1968. Nous n'osons imaginer ce que le duo Frey-Papon, responsable des massacres parisiens d'octobre 1961 puis de la tuerie du métro Charonne en février 1962, eût accompli de sanglant, face aux révoltes étudiantes. La mort de Mehdi Ben Barka (1920-1965) a donc évité celle de quelques soixante-huitards...

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Mediapart/ A.Perraud

 

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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 22:27

Vers une restriction des libertés d'expression et d'information ?

Megaupload-ferme-les-anonymous-repliquent_image_ar-copie-1.jpgJeudi  19 janvier  au soir,  sur décision de la cour de Virginie (USA), la justice américaine ordonnait la fermeture de dix-huit sites internet, dont celle du mastodonte du téléchargement illégal, Megaupload.  Accusés de "la plus grande violation de la propriété intellectuelle de tous les temps", ses fondateurs, arrêtés en Nouvelle-Zélande, risquent jusqu'à vingt ans de prison. 

 Le manque à gagner occasionné par l'existence de megaupload serait, aux dires des enquêteurs, proche de 500 millions de dollars, soit l'équivalent de 388,2 millions d'euros. Le dixième de la somme a d'ores et déjà été saisi par la justice américaine, sur des comptes bancaires originaires de Washington, de Nouvelle-Zélande ou encore du Canada. 

Le but officiel, selon un communiqué (inaccessible au moment de l'écriture de l'article, puisque le site est tombé sous une attaque DDOS des Anonymous) du bureau fédéral, est une enquête visant "une organisation criminelle internationale accusée de piratage massif de nombreuses œuvres soumises au droit d’auteur".

Toute cette histoire arrive au moment où le projet de loi SOPA-PIPA vient d'être plus ou moins enterré, et juste après un black-out de 70.000 sites web à travers le monde, ainsi qu'une prise de position contre ce projet de loi des plus importants réseaux du web : Google, Facebook, Twitter et d'autres.

 But non avoué de la manoeuvre :’ montrer qui sont les patrons’.

Car ce qui arrive là, n'est pas autre chose que l'application de ce projet de loi. Selon "Libération", "l’acte d’accusation de la justice américaine vise le fondateur de Megaupload,  Kim Schmitz (alias Kim Dotcom et Kim Tim Jim Vestor), âgé de 37 ans, qui réside à Hong Kong et en Nouvelle Zélande, où il a été arrêté par la police locale ainsi que trois autres personnes, deux Allemands (Finn Batato, responsable du marketing ; Sven Echternach, responsable du développement) et un Néerlandais (Bram van der Kolk, programmeur)."

Exactement ce que permettait la SOPA.

canardecrasepc.jpg Sans aucune preuve réelle, sans autre chose qu'un simple acte d'accusation, les USA, ou plutôt les lobbies des ayant-droits, producteurs et vendeurs de reboot à la sauvette ont eu exactement ce qu'ils voulaient : un contrôle total et absolu sur le trafic internet mondial.

Maintenant, que faire ?

 Irons-nous tous payer pour voir une pub sur internet, une bande annonce, un film, et payer le prix qu'on nous fixera ? Et  le moindre gamin qui voudra revoir son épisode de "Pokémon" parce qu'il l'aura raté, devra-t-il passer à la caisse ?

 Maintenant, les FAI (fournisseurs d'accès à internet, NLDLR), et les fournisseurs de contenus ont-ils les mains libres pour nous  menotter à nos claviers et nous obliger à payer encore et toujours plus : des services premiums, des services minimum, le simple accès à la bande passante, tout, absolument tout ?

Pas si sûr !!

Les alternatives existent

Dans les faits, la disparition de MegaUpload n’est qu’un micro phénomène. Elle ne va rien bouleverser. Un site disparait, d’autres vont apparaître....

D’autres sites  proposent en effet des fichiers en téléchargement ou en streaming.  Et bon nombre d’internautes se rabattent déjà sur ces plateformes permettant de télécharger gratuitement n'importe quel contenu en quelques minutes, notamment Zippyshare, 4shared, Rapidshare,  Mirorii,  Filesonic ou encore Fileserve  proposent exactement les mêmes services de téléchargement de fichiers légaux et illégaux.

Et le boycott est aussi à votre portée !

 Maintenant, imaginons un seul instant qu'un quart, un simple quart de la population web rende son modem, que feront-ils, ces mêmes ayant-droits ? Que feront-ils ces FAI ? C'est sur notre argent qu'ils roulent, ne l'oubliez pas, nous pouvons encore faire bouger les lignes, il faut les boycotter.

Hadopi, Loppsi, Acta, Pipa, Sopa... autant d'acronymes, autant de lois liberticides, autant de moyens de pressions et de contrôle. Il y a un mot pour cela : DICTATURE. 

Les Réactions

Au sujet de la fermeture brutale de MegaUpload, la commissaire européenne Neelie Kroes a d'ailleurs déclaré sur Twitter que « la régulation d'Internet doit être efficace, proportionnée et préserver les bénéfices d'un réseau ouvert », en faisant cette analogie : « Les excès de vitesse sont illégaux, mais on ne place pas des ralentisseurs sur une autoroute ».

arton6017-09c89.jpgGlobalement, à l'exception notable de Nicolas Sarkozy, qui a immédiatement réagi, comme à son habitude d’ailleurs  et  en pleine nuit, pour approuver sans réserve  cette action de coup de poing,  et des lobbies des industries dites « culturelles », la réprobation est unanime, au moins sur la forme.

 

Nul besoin de lois d'exception pour « réguler Internet »

Et  Pierre Col,  directeur marketing d'Antidot  d’expliquer :          

« Imaginons que demain les diffuseurs et consommateurs de fichiers contrefaits se mettent à utiliser Box, DropBox, Google Docs ou tout autre service de partage de fichiers pour échanger massivement des contrefaçons : admettrait-on que ces services puissent aussi être brutalement coupés, et pour tous leurs utilisateurs dans le monde ? Bien sûr que non !

En l'espèce, il aurait fallu conserver en état de fonctionnement les serveurs MegaUpload et en retirer tous les fichiers piratés qu'ils hébergeaient, laissant accessibles les fichiers qui étaient légalement partagés par leurs propriétaires légitimes. Et j'espère que cette douloureuse expérience fera comprendre aux utilisateurs de MegaUpload combien il est dangereux de confier ses données à un système fortement centralisé, a fortiori s'il n'a pas mis en place une politique efficace de sauvegarde des données sur un site externe sécurisé.

Les lois actuelles suffisent, nul besoin de lois d'exception pour « réguler Internet »

On notera que cette action contre MegaUpload n'a pas eu besoin des lois SOPA ou PIPA en cours de préparation aux USA, ni du traité international ACTA : ce sont les lois existantes contre la contrefaçon et les accords internationaux de coopération policière déjà en vigueur qui ont permis d'arrêter MegaUpload. Il n'est donc pas nécessaire d'aller plus loin dans des lois de contrôle d'Internet, sauf précisément si l'on veut restreindre la liberté d'expression et d'information des citoyens.

Car cette procédure brutale montre que la liberté d'expression peut être mise en danger, et je vais l'illustrer d'un exemple.  Imaginons qu'arrive au pouvoir aux USA une majorité républicaine ultra-conservatrice et que, sous l'impulsion de son aile la plus extrémiste qui croit au créationnisme, cette majorité vote une loi qui en fait un dogme intangible et interdit toute mention de la théorie de l'évolution des espèces de Darwin. Alors cette page de Wikipedia, disponible dans plus de 40 langues, deviendrait illégale aux USA, et sa diffusion tomberait sous le coup de la loi états-unienne.

Dès lors le FBI pourrait, comme il l'a fait avec MegaUpload, tenter de procéder à une saisie de tous les serveurs de Wikipedia sur le territoire des USA et même de faire arrêter les responsables de Wikipedia.

En synthèse, ma position est la suivante : les lois générales doivent être respectées par les ressortissants des pays qui les ont démocratiquement votées. Et même si nul ne doit échapper à « sa loi », l'application de la loi doit demeurer proportionnée et ne doit en aucun cas restreindre la liberté d'expression en s'appliquant « à distance » à des citoyens d'autres pays que celui qui est concerné. Ainsi la loi d'un pays A ne s'applique pas à un serveur installé dans le pays B, appartenant à une société ou à une personne du pays C et consulté par des internautes du pays D.

Riposte des Anonymous

Et Pierre Col d’ajouter :

Les Anonymous sont une vraie force qui dispose d'armes puissantes.

20_01_Anonymous_pirate_hacker_930_620_scalewidth_630.jpgAutre enseignement de cette semaine agitée, qui vient de la riposte des Anonymous, aussi vigoureuse que rapide. Quelques heures après la fermeture de MegaUpload, les sites du département américain de la Justice, du FBI, de la RIAA (industrie musicale), de la MPAA (industrie du film) et même de la HADOPI ont été l'objet d'attaques DDOS qui les rendaient inaccessibles.

J'ai découvert que ces attaques étaient menées par quelques milliers de personnes seulement : 5.000 au début de l'opération, selon les Anonymous eux-même qui ont revendiqué l'opération sur Twitter, et 27.000 au plus fort des attaques selon SoftPedia.

 Ces activistes numériques ont à leur disposition un vaste arsenal de logiciels, parmi lesquels LOIC, acronyme de Low Orbital Ion Cannon. Disponible sous Windows, il peut fonctionner sous MacOS ou Linux et il existe même pour les terminaux mobiles sous Android.

a4c249024f1bca4cFacile à installer et simple à utiliser, LOIC constitue à l'évidence un outil redoutable entre des mains plus ou moins bien intentionnées, et n'est pas à utiliser pour faire n'importe quoi : il est illégal de l'employer pour autre chose que des tests techniques de vulnérabilité d'une plateforme, et juridiquement, en France, une attaque en déni de service est une entrave au fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données et est passible d'une sanction de 5 ans d'emprisonnement et 75.000 € d'amende.

Pour autant, ce logiciel et d'autres pourraient devenir un moyen d'action pour les citoyens qui voudraient « entrer en résistance » face à un pouvoir qui abuserait de sa force pour imposer des lois arbitraires et attentatoires à la liberté. Aujourd'hui l'utilisation de LOIC est illégale en France si l'on s'en sert pour attaquer des serveurs en déni de service, tout comme l'était l'utilisation des armes par les maquisards qui, il y a 70 ans, se sont légitimement révoltés face au pouvoir de Vichy et à l'occupation allemande. La preuve est désormais faite qu'aucun site web n'est invulnérable, même les sites officiels de la première puissance mondiale.

J'ai découvert que ces attaques étaient menées par quelques milliers de personnes seulement : 5.000 au début de l'opération, selon les Anonymous eux-même qui ont revendiqué l'opération sur Twitter, et 27.000 au plus fort des attaques selon SoftPedia.

Ces activistes numériques ont à leur disposition un vaste arsenal de logiciels, parmi lesquels LOIC, acronyme de Low Orbital Ion Cannon. Disponible sous Windows, il peut fonctionner sous MacOS ou Linux et il existe même pour les terminaux mobiles sous Android.

Facile à installer et simple à utiliser, LOIC constitue à l'évidence un outil redoutable entre des mains plus ou moins bien intentionnées, et n'est pas à utiliser pour faire n'importe quoi : il est illégal de l'employer pour autre chose que des tests techniques de vulnérabilité d'une plateforme, et juridiquement, en France, une attaque en déni de service est une entrave au fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données et est passible d'une sanction de 5 ans d'emprisonnement et 75.000 € d'amende.

Pour autant, ce logiciel et d'autres pourraient devenir un moyen d'action pour les citoyens qui voudraient « entrer en résistance » face à un pouvoir qui abuserait de sa force pour imposer des lois arbitraires et attentatoires à la liberté. Aujourd'hui l'utilisation de LOIC est illégale en France si l'on s'en sert pour attaquer des serveurs en déni de service, tout comme l'était l'utilisation des armes par les maquisards qui, il y a 70 ans, se sont légitimement révoltés face au pouvoir de Vichy et à l'occupation allemande. La preuve est désormais faite qu'aucun site web n'est invulnérable, même les sites officiels de la première puissance mondiale. »

Sources : AFP / zdnet / Nouvel Obs

Anonymous Opération MegaUpload

Dans les heures qui ont suivi cette décision, plusieurs sites officiels se sont retrouvés saturés. Les sites du FBI et du ministère de la Justice américain ont notamment été bloqués, tout comme ceux de la maison de disque Universal Music et de l'association professionnelle du disque RIAA.

Cette mise hors service n’a pas tardé à être revendiquée : le collectif de hackers Anonymous a annoncé sur Twitter être derrière cette vague d’assauts informatiques. Et ce n'est que le début puisque la nouvelle n'est tombée que tardivement : d'autres collectifs européens pourraient prendre le relais, une fois les hackers américains couchés. Cette vaste opération à déjà un nom : "OpMegaupload", pour "opération Megaupload".

 

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 20:29

Selon Nicolas Sarkozy,  la France, pendant la guerre d'Algérie, n'a jamais commis de génocide. Une vidéo pour rafraichir la mémoire sélective de Nicolas Sarkozy sur les crimes de l'armée française...

Et qu’il sache en outre que l'étude de l'histoire permet de tirer des enseignements précieux  pour comprendre le présent et anticiper le futur.

 

 

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 19:41

Euphorie irrationnelle

trader.jpgLes marchés financiers, dans le sillage de la reprise de 2,88% de l’euro/dollar (de 1,2620 à 1,2984) qui pour le moment ne change pas la tendance baissière actuelle de la monnaie unique européenne contre la monnaie américaine, se sont encore emballés cette semaine dans l’euphorie irrationnelle. Alors qu’il n’y aucune raison sérieuse pour cela.  Puisque les grandes difficultés de la zone euro sont devant nous et non pas derrière nous, étant donné que l’aide financière massive de la BCE en faveur des grandes banques privées ne fait que  fragiliser le bilan de ladite banque centrale, sans pour autant résoudre l’absence de compétitivité de la plupart des Etats de la zone euro qui ne pourront la retrouver qu’en sortant de l’euro pour revenir à leurs anciennes monnaies nationales qui seront alors dévaluées. Sans compter que les programmes d’austérité décidés au plus mauvais moment casseront leurs économies s’ils persistent à rester dans cette zone mortifère. Que certaines grandes banques privées, avec toute cette liquidité créée ex nihilo par la BCE, achètent les échéances les plus courtes des dettes des PIIGS ou de la France, tant mieux cela fera baisser leurs taux courts, mais leurs taux longs resteront trop forts pour qu’ils puissent longtemps encore continuer à se refinancer dans des conditions normales. Signe que rien n’est réglé: le spread entre les taux allemands et les taux des autres Etats européens ne se réduit pas. Nonobstant que les banques zombies prendront ainsi de nouveaux risques à acheter des obligations d’Etats qui pourraient un jour prochain faire défaut…

A noter à ce propos qu’il n’est absolument pas dans l’intérêt de la zone euro que sa monnaie reste forte, sauf à aggraver encore ses difficultés. (fmg)

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Un quinquennat à 500 milliards

    Le quinquennat qui a coûté 500 milliards à la France, soit l'équivalent de 120 fois le PIB marocain 

Ouvrage de Mélanie Delattre, journaliste au Point, et Emmanuel Lévy, à Marianne

Un quinquennat à 500 milliards

S’appuyant sur des documents officiels, ils montrent que la crise de 2008, en abaissant les recettes et en grevant les dépenses, aurait alourdi la dette de 109 milliards d’euros. Mais le reste, entièrement imputable au président, s’élève à 520 milliards d’euros (le titre de leur livre l’arrondit à 500)....

La scène est surréaliste. "Tu vois, j’ai gagné ! J’ai gagné !" lance, triomphant et vengeur, Nicolas Sarkozy au député du Nouveau Centre Charles de Courson, présent à l’Élysée pour une cérémonie début 2010. De quelle victoire si importante se prévaut donc le président de la République ? D’avoir fait baisser le chômage ou rétabli l’équilibre du commerce extérieur ? Rien de tout cela, bien sûr. Nicolas Sarkozy se félicite des 390 millions d’euros qui vont échoir au couple Tapie ... Stupéfiant car, si victoire il y a, c’est celle de Tapie, l’ami du président. Et pas du tout celle de l’État, contraint de faire un gros chèque. (...)

Source  Le Point

 

 

REVOLUTION

Marine Le Pen veut une "Révolution" pour la "majorité silencieuse"

 

La candidate du Front nationale à l'Elysée, Marine Le Pen, a souhaité une "révolution" et une "nouvelle nuit du 4-Août" au nom de la "majorité silencieuse", dans un entretien à paraître dans le Journal du dimanche à la veille de son premier meeting de campagne à Metz.

"Cette majorité silencieuse, c'est moi qui la représente. Ceux que personne ne veut entendre, dont on ne parle pas à la télé, qui ne manifestent pas, sont trop normaux pour les élites. Je les appelle à la révolution, une révolution patriotique, pacifique et démocratique", déclare la présidente du Front national.

"Une élite cupide et égoïste a accepté l'idée qu'un peuple entier soit sacrifié quand elle-même profitait de la mondialisation ! Il faut une nouvelle nuit du 4-Août", ajoute-t-elle, référence au 4 août 1789 où la noblesse a voté l'abolition de ses privilèges dans l'Assemblée constituante.

Elle a indiqué qu'elle ne donnerait pas de consignes de vote si elle n'était pas au second tour de l'élection présidentielle: "Pour moi, Nicolas Sarkozy et François Hollande, c'est exactement la même politique. Ils ont d'ailleurs le plus grand mal à montrer des différences. C'est pour cela qu'ils essaient de faire émerger des sujets accessoires, comme le mariage des homosexuels, ou le droit de vote des étrangers".

Par AFP 

 

 

Et Pierre Jovanovic de s’indigner :

 

 Ouups.... Le bon du Trésor italien TOUJOURS au-dessus de 7%, celui de l'Espagne déjà à 6%... On ne va pas tenir très longtemps à ce rythme. D'où la démission soudaine d'Antonio Borges, chef de l'Europe au sein du FMI (il voit que tout ceci ne peut que mal se terminer... ). Ensuite Moodys a rajouté de l'huile sur le feu en dégradant la note de 12 banques allemandes, ici leur note. Et quand les banques Made in Germany commencent à être pilonnées par les agences, eh bien la perte du AAA allemand n'est pas si loin qu'on le croit. Pour le AAA french, ce n'est qu'une question de semaines. Sarkozy ne pourra pas imposer des mesures draconiennes au peuple avant les élections, CQFD.

Et Sarkozy !

Vous avez vu qu'il a commencé à nous traiter tous de fraudeurs etc. Désolé Mr le Président, ce n'est pas parce que des gens volent dans les magasins qu'il faut pointer du doigt tout le pays. A force de vouloir se montrer plus à droite que Marine Le Pen, tout ce qu'il va réussir à faire c'est se ramasser dès le premier tour. Et avant de pointer la fraude sur les arrêts maladie, pourquoi ne pas pointer son doigt sur les banquiers, qui, en ce moment même, volent les Français en plein jour? Sans parler de Dexia et de ses pertes par milliards, ni des 15 milliards donnés à la Grèce pour sauver la BNP, SG et le Crédit Agricole par ricochet? Combien de médicaments aurait-il pu offrir aux Français avec l'argent donné aux banques depuis 2008? Son discours avait une odeur nauséabonde. Qui plus est, depuis quelques temps, ce qu'il dit un jour est remis en cause le lendemain par les faits, ce qui veut dire qu'il a perdu le contrôle du pays, témoin Besson disant aux députés que PSA ne virera personne... Parfait exemple d'un ministre s'étant suicidé en direct!

 

  Un tournant historique majeur

 

 Le système bancaire mondial va être la première victime de la restructuration de la dette grecque. Les banques grecques, françaises, allemandes qui sont les plus exposées à la dette grecque seront affectées directement par les pertes que vont représenter ces rééchelonnements de dettes. L'état d'insolvabilité structurelle du secteur bancaire occidental (il suffit de regarder les bilans de la Fed, de la BCE, de la Banque d'Angleterre, de la Banque du Japon pour constater que ce secteur est soutenu à bout de bras par les liquidités des banques centrales), dans un moment de récession économique mondiale (ce dans quoi nous entrons au second semestre 2011), va générer un effet domino qui, partant des banques de l'Euroland, va s'étendre à toutes les banques occidentales. Pensez au cas de l'Irlande dont l'Etat a purement et simplement racheté les banques en faillite (comme au Royaume-Uni d'ailleurs) et où les banques US et britanniques sont sur-exposées : combien de temps entre un rééchelonnement grec et une panique autour des banques irlandaises ? Probablement moins d'une semaine. Et une semaine de plus pour que Wall Street et la City soient à nouveau emportées dans la tourmente.

  Mais tout cela reste toujours au niveau du mécanisme du détonateur européen. C’est autour de  la bombe US que va se jouer le tournant historique majeur.

Le 22 juillet

 

Défiance généralisée

Cela fait des années que le Système monétaire international est profondément inadapté et que les Etats se refusent à le réformer, tout en s’endettant toujours plus pour colmater ses brèches de plus en plus béantes. Il n’y a pas d’autre voie sérieuse pour rétablir sa stabilité que de revenir à l’étalon-or, comme l’ont préconisé les économistes de l’Ecole autrichienne et autres libéraux français. Nous avons toujours pensé que les Etats n’iraient jamais dans ce sens parce que cela signifierait pour eux, comme pour les banques centrales, de perdre tout moyen d’intervenir dans les économies via la manipulation des monnaies fiduciaires de papier et des taux d’intérêt à court terme; mais que ce seraient un jour les agents économiques individuels qui, en faisant monter le prix de l’or de plus en plus haut, imposeraient cette réforme majeure aux pouvoirs publics. Nous sommes pratiquement arrivés à cette situation puisque l’or monte maintenant dans toutes les monnaies. Ce qui ne s’est jamais produit de façon aussi nette et constitue donc le symptôme évident d’une défiance généralisée à l’égard de presque toutes les monnaies de papier. Que l’or et l’argent-métal cassent nettement leurs dernières résistances vers 1.600 et 39,50 USD l’once et le mouvement de non retour sera enclenché! Il ne restera plus pour s’y opposer aux banques centrales que de vendre l’or physique qu’elles possèdent, mais bien peu d’entre elles s’y risqueront de peur de se dessaisir du dernier actif de valeur qu’elles ont encore dans leurs réserves. Elles peuvent aussi organiser des ventes massives de métal papier pour calmer le “panic buying”, mais cela ne provoquerait qu’une correction temporaire des cours qui serait mise à profit par les agents économiques individuels qui n’ont pas ou peu de métal pour en acquérir à meilleur prix. Comme les autorités US et de l’Union européenne ne sont jamais à court d’imagination pour spolier les épargnants, ce qu’elles seront tentées de faire si les prix de l’or et de l’argent-métal explosent à la hausse; il est hautement conseillé d’effectuer ses transactions sur l’or et autres métaux précieux en Suisse et autres Etats offrant les meilleures garanties, hors des territoires et véhicules de droit US et de l’Union européenne.

Le 15 juillet 2011

 

 La Chine au secours de l'euro

Alors que l’euro/dollar US est toujours sur-acheté et que les Européens le vendent dans le contexte de la crise d’endettement européenne, dont on vient de voir avec l’épisode grec qu’elle ne peut que s’aggraver en faisant tâche d’huile aux autres PIIGS; contre toute attente, l’euro/dollar US a non seulement bien résisté mais encore est parvenu à se redresser. La seule raison: les Chinois achètent massivement l’euro/dollar US pour sortir de leur marché intérieur, affecté par un certain ralentissement et une forte inflation, afin d’investir dans une Union européenne dévastée. Ce faisant, ils se détournent du dollar US et des métaux précieux. Pour combien de temps encore? Une crise des liquidités étant déjà en cours, la correction de la plupart des marchés (euro, actions, matières premières, métaux, etc.) au profit de certaines obligations est loin d’être terminée. 

Dans une étude intitulée “The political economics of the Euro” publiée hier, la Deutsche Bank prévoit une chute de l’euro/dollar US jusqu'à 1,27 dans les mois à venir, nonobstant le risque d’une explosion de la zone euro et de l’Union monétaire européenne que cette banque considère comme “significatif”!

Le 30/06/2011

 

 

 

La zone euro au bord de l’implosion ?

  « Dans un article fondamental publié avant hier dans le Financial Times, Martin Wolf décrit la situation sans ambages : « La zone euro, telle qu’elle a été conçue, a échoué. » Paul Krugman renchérit à la suite de Wolf, utilisant la métaphore glaçante d’un cœur de centrale nucléaire : « Selon moi, le niveau d’eau a tellement baissé que les barres de combustible sont à sec. Nous sommes entrés dans une zone de fusion. »

Et la grande cata : Les banques françaises détiennent  56 mlds  d’euros de papier grec dans leurs comptes (Bloomberg) -06/06/11-

 

Irresponsabilité illimitée

La crise financière et économique a été provoquée par l’irresponsabilité des banquiers centraux qui ont imprimé de la fausse monnaie par centaines de milliards de dollars, d’euros et autres monnaies, comme par l’irresponsabilité des Etats qui ont organisé un endettement mortel pour les finances publiques. Tout cela pour créer et entretenir les bulles boursière et obligataire au delà de toute mesure, tout en relançant l’inflation, dont les uns et les autres espéraient naïvement qu’elles parviendraient à éviter les faillites bancaires en chaine d’établissements financiers bourrés d’actifs toxiques et le défaut des Etats, tous surendettés au maximum, comme à masquer la récession occidentale rampante. Il fallait bien que l’ajustement inévitable suite à ces dérives se produise un jour et soit sanglant. La question en suspend était jusqu’il y a quelques temps de savoir ce qui ferait s’effondrer cette intenable mécanique. C’est alors que sont intervenus les révoltes arabes (un événement plutôt positif pour les peuples de cette région asservis et paupérisés) puis le tsunami japonais sonnant ainsi la fin de la partie de poker menteur dans laquelle les irresponsables qui nous gouvernent s’étaient engagés. Si la déstabilisation de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient et le désastre au Japon n’était pas intervenus, un autre événement se serait nécessairement produit avec des effets similaires. Cela fait des mois que nous mettons en garde nos clients et correspondants contre le risque d’effondrement de la pyramide d’endettement occidentale et que nous sommes heureusement sortis de tous les marchés d’actions et d’obligations pour n’acheter que l’or et l’argent-métal principalement. Si les centrales nucléaires japonaises explosent, ce sera le krach boursier et obligataire qui affectera surtout le Japon bien sûr mais aussi les USA dont la monnaie de papier est proche de s’effondrer. Quant à l’or et à l’argent-métal, qui ont aussi baissé depuis deux jours suite aux ventes de ceux qui doivent reconstituer du cash pour couvrir leurs pertes sur les marchés financiers, ils peuvent certes aller plus bas mais ils se reprendront vite lorsqu’ils apparaitront finalement comme les seuls actifs dont la possession constitue une assurance anti-crise. Les niveaux de support à 1.360 USD l’once sur l’or et à 31 USD l’once sur l’argent-métal (qui sont encore éloignés) devraient tenir. Il est vraisemblable que la plupart des Etats sortiront du nucléaire pour revenir au pétrole, ce qui pourrait constituer une décision de bon sens compte tenu des risques que fait courir l’atome, mais entrainera à terme une hausse vertigineuse des cours du pétrole et donc la crise énergétique globale de nature à provoquer une dépression économique majeure. D’autant que, pendant que le monde a les yeux fixés sur le Japon, l’Arabie saoudite -avec évidemment l’accord des USA- a illégalement envahi Bahreïn et Israël a tout aussi illégalement étendu ses colonies en Palestine pendant que Kadhafi liquide les insurgés libyens, ce qui permet de penser que le risque d’une guerre régionale alimentée par l’hostilité entre chiites et sunnites se précise. Bref, tout se complique et s’aggrave.

Forum monétaire de Genève

Vers la Grande Dépression ?

La coordination des politiques européennes enfin réalisée, et c’est pour le pire Messieurs Dames !

 (...)

 L’annonce du plan européen « de stabilisation » à 750 milliards d’euros a été suivie à quelques jours de distance, mais dans un mouvement visiblement coordonné, par une rafale d’annonces de plans de rigueur nationaux - et les marchés ont bien eu tout ce qu’ils voulaient.

 Il se pourrait pourtant que cette victoire apparente ne résiste pas au moyen terme, et pour les mêmes raisons qui vouent le plan grec à l’échec, donc les investisseurs à la déconfiture finale, mais le tout à la puissance dix. Car la Grèce ne pèse jamais que 2,5% de PIB européen (et sa dette publique 3,8% du total de la zone euro).

Or, mettre non pas 2,5% du PIB européen en carafe mais quelque chose comme un bon tiers, si l’on fait déjà la liste des pays ayant annoncé de grands freinages (Portugal, Espagne, Italie, Irlande, France, bientôt Royaume-Uni), promet des effets de ralentissement d’une tout autre ampleur. On en a longtemps appelé à grands cris à la coordination des politiques européennes : la voilà enfin réalisée - mais pour le pire.

Et pour des ordres de grandeur jamais vus depuis que l’euro existe (et même bien avant). Car les ajustements budgétaires rendus impérieux par la pression des marchés financiers visent la demi-douzaine de points de PIB en moyenne, quand ça n’est pas davantage, par exemple en Grèce, en Irlande, en Espagne... ou au Royaume-Uni.

Certes, ce dernier n’appartient pas à la zone euro ; certes, le gouvernement Cameron n’a encore formellement rien annoncé. Mais les effets d’interaction passent par le commerce intra-européen et ne s’arrêtent pas aux frontières de la zone euro - et le Royaume-Uni ne pèse pas peu dans cette affaire.

C’est donc une gigantesque synergie négative qui est en train de se mettre en place à l’échelle européenne, chacun contribuant à créer pour les autres un effet dépressionnaire supplémentaire et tous s’entraînant mutuellement dans la pente.

Pas besoin d’être prophète pour annoncer que ce ralentissement organisé, d’une extension et d’une intensité inouïes dans l’histoire européenne, va avoir des conséquences récessionnistes comme on n’en a jamais vues. Comme toujours, il va falloir du temps pour qu’elles se matérialisent pleinement - le pire des effets peut être attendu à partir d’un horizon de deux ans, et entre-temps ce sera une longue et irrésistible descente....

Sources :  Frédéric Lordon - jeudi 20 

Les oligarques et les peuples

La violence des oligarques contre les peuples

 « Depuis le début de la grande crise, rien n’a été fait pour empêcher les financiers de spéculer », et pire encore, c’est aujourd’hui « avec l’argent versé par les Etats pour les renflouer que les mêmes spéculateurs s’en prennent aux Etats » constate Bertrand Renouvin, qui dénonce un « scandale majeur » : les peuples « vont payer la facture. Ils vont même payer toutes les factures : celle de la spéculation financière, celle du libre-échange, principale cause de la crise, celle du traité de Lisbonne, qui interdit l’aide de la Banque centrale européenne aux Etats, celle de la confusion croissante des organes de l’Union européenne. »

Face à la crise de la monnaie unique, les oligarques de tous les pays concernés, leurs experts et les chroniqueurs accrédités de la presse écrite et radiotélévisée ont tous tenu le même discours et lancé les mêmes mots d’ordre. L’abondance et la cohérence des messages impressionnent. Leur contenu est scandaleux.

Les oligarques dénoncent les grandes banques américaines et deux fonds de pension américains qui spéculent sur les emprunts d’Etat grecs et risquent de déstabiliser la zone euro. Mais c’est avouer que, depuis le début de la grande crise, rien n’a été fait pour empêcher les financiers de spéculer. L’an dernier, la rapacité des banquiers avait failli emporter tout le système. Cette année, c’est avec l’argent versé par les Etats pour les renflouer que les mêmes spéculateurs s’en prennent aux Etats : après la Grèce, ils visent le Portugal, l’Espagne, l’Italie... Pendant un an, les gloires du G 20 ont tenté d’abuser les peuples par de belles promesses sur la moralisation du capitalisme, ce qui n’empêche pas la banque suisse UBS de verser deux milliards d’euros de bonus pour 2009 alors qu’elle est déficitaire. Ils n’ont rien fait. Ni pour changer le système, ni même pour le réguler quelque peu. Et ce sont les peuples américain et européens qui vont, une fois de plus, payer les dégâts provoqués par le laxisme et la complaisance des maîtres. Premier scandale.

Saisis d’angoisse à l’idée que la zone euro pouvait éclater sous la pression des « marchés », les oligarques ont lancé leur contre-attaque verbale. Thème commun : l’Europe doit montrer sa solidarité, afin que « les marchés » soient rassurés. Terrible aveu : ce sont « les marchés » (les banques, les fonds de pension qui spéculent à mort) qui commandent aux Etats et aux divers organes de l’Union européenne : Eurogroupe, Banque centrale européenne, Commission européenne, Conseil européen. Pour Monsieur Sarkozy, pour Madame Merkel, pour Monsieur Barroso, pour Monsieur Van Rompuy, le problème est d’envoyer aux « marchés » un « signal fort » - suffisamment fort pour qu’ils se calment. Ce signal, c’est la mise au point de programmes d’austérité qui seront appliqués avec une froide brutalité aux peuples de la zone euro. D’où un deuxième scandale que personne, à ma connaissance, n’a jusqu’à présent dénoncé :

Le peuple grec a porté au pouvoir les socialistes. Leur chef, Georges Papandreou, avait présenté un programme de gouvernement qui comportait des mesures de réduction de la dette publique et du déficit budgétaire, c’est vrai : mais le chef du Pasok avait aussi promis que son gouvernement prendrait « des décisions difficiles, non pas contre les salariés et les retraités, mais contre les grands intérêts » [1] . En majorité, les Grecs ont voté pour ce programme de centre gauche. Ils auraient pu aussi bien choisir l’abstention puisque la volonté exprimée au suffrage universel n’a pas été prise une seconde en considération : c’est un programme ultralibéral, impitoyable pour les salariés et les retraités, qui va être mis en application. Ceci par décision arbitraire de Georges Papandreou, qui a devancé les désirs des eurocrates. Qu’on ne dise pas que le chef socialiste n’avait pas le choix : la sortie de l’euro, ou la menace d’une telle décision, lui aurait donné la possibilité de négocier avec Bruxelles une aide effective et immédiate.

Troisième scandale, mineur, provoqué par la propagande imbécile qui a précédé la réunion en urgence, le 11 février, du Conseil européen : confrontés à l’échec de la prétendue « monnaie unique », enfin reconnu dans maints articles, les oligarques de Paris et de Bruxelles, relayés par leurs commis de la grande presse, ont réclamé un « gouvernement économique » européen. Il s’agit d’une ânerie naguère proférée par Jacques Delors : gouverner est un acte politique qui ne peut pas conduire à séparer le domaine économique des enjeux sociaux, monétaires, culturels. Or un gouvernement européen impliquerait une constitution fédérale qui réduirait à peu de choses les souverainetés nationales. Le traité de Lisbonne ne permet pas cette « fédéralisation » (le mot a été employé ces jours derniers) ce qui signifie qu’il faudrait négocier, rédiger et faire adopter une « Constitution européenne ». Cela prendrait des années et il faudrait que les peuples soient consultés par référendum, sinon le déni de démocratie serait trop patent. Bien entendu, on ne fera rien, de peur de désaveux encore plus cinglant. Donc on disserte à vide, pour sauver la façade idéologique d’une construction européenne ébranlée dans ses fondements. Mais il fallait bien préparer les formidables décisions qui devaient résulter de la réunion bruxelloise du 11 février. Un envoyé spécial annonça même qu’un directoire était en train de se mettre en place ! Un directoire prêt à « voler au secours de la Grèce » selon l’expression cent fois entendue au cours de cette journée qui promettait d’être historique.

Il y eut en effet proclamation solennelle du résultat de plusieurs jours d’agitation : décision est prise de ne rien faire. Des « mesures déterminées et coordonnées » seront prises « si nécessaire » mais, contrairement à ce que l’on avait cru comprendre, il n’y a pas urgence parce que Madame Merkel s’est opposée à un soutien rapide de la Grèce pour des raisons juridiques et par principe si l’on en croit le « Guardian ». Le Premier ministre grec n’a demandé « aucun soutien financier » mais il s’est engagé à durcir son programme sous la surveillance de la Commission européenne. La mise en tutelle de l’Etat grec se fera par voie de « recommandations » de la Commission qui agira en liaison avec la BCE et « en s’appuyant sur l’expertise technique du FMI ». Cela signifie qu’on appliquera les techniques du FMI sans l’intervention directe du FMI : les fonctionnaires, les salariés, les retraités grecs vont être pressurés et la même opération punitive se prépare au Portugal et en Espagne.

Tel est le scandale  majeur : les peuples, je l’ai dit, vont payer la facture. Ils vont même payer toutes les factures : celle de la spéculation financière, celle du libre-échange, principale cause de la crise, celle du traité de Lisbonne, qui interdit l’aide de la Banque centrale européenne aux Etats, celle de la confusion croissante des organes de l’Union européenne.

Pas d’autre solution que la mobilisation populaire et le blocage, dans la rue, du train de mesures criminelles que des gouvernements qui ont violé leurs engagements démocratiques se préparent à imposer.

Bertrand Renouvin

12 février 2010

 

Les banques contre nous ?

Les banques ont parié contre nous tous

 Pendant la bulle financière, Goldman Sachs ainsi que d’autres établissements du secteur ont créé des produits financiers sophistiqués, adossés à des créances hypothécaires, les ont vendus à leurs clients, puis ces firmes ont parié à la baisse sur ces investissements. Ces pratiques, détaillées par Gretchen Morgenson et Louise Story dans un article publié par le Times, ont permis à Wall Street de s’enrichir grassement pendant que ses clients s’enfonçaient. Elles ont aussi amplifié la crise financière, en provoquant une diffusion des pertes quasi généralisée.Ces opérations font désormais l’objet de plusieurs enquêtes menées par le gouvernement et par le privé. Il pourrait s’avérer que tout ou partie de ces produits et ces pratiques n’étaient pas illégales, en partie parce que les produits dérivés, qui étaient au cœur de ces transactions, ont été largement déréglementés depuis l’an 2000.

Ces faits sont scandaleux à plus d’un titre. Malgré les promesses de mettre un frein aux excès, les lois réformant la finance ne seront pas soumises au Parlement avant plusieurs mois. La Chambre a voté un texte qui imposerait des contrôles sur les produits dérivés, mais on ignore encore s’il mettra fin à cette pratique. Le Sénat n’a pas encore rédigé de projet de loi. Et ni la Maison Blanche ni le Capitole n’ont traité de façon adéquate la grande question de savoir comment enrayer les opérations de négoce à haut risque que les banques réalisent à leur compte, et qui ont créé des conflits d’intérêt avec leurs clients et mis en danger l’économie dans son ensemble.

Pendant ce temps, Wall Street continue de défendre des pratiques qui nous apparaissent comme étant de la spéculation financière de bas étage. Si l’on en croit les explications fournies par les génies de la finance, prendre un pari contre un de ses clients ne serait que l’une des nombreuses techniques permettant de se prémunir prudemment contre des pertes.

L’article du Times souligne que le volume inhabituellement élevé des paris à la baisse pris par Goldman et d’autres ne relevaient pas fondamentalement de positions défensives. Selon les experts du secteur interrogés, ces paris mettaient les intérêts des entreprises « manifestement en contradiction avec les intérêts de leurs clients. » Goldman explique que ses clients savaient que la banque pouvait parier contre eux. Mais est-ce une excuse pour prendre ces positions ? Quels étaient les objectifs de ces pratiques, à part se remplir les poches ?

Les données dont on dispose n’ont pas permis de répondre à une autre question : Goldman, ainsi que d’autres entreprises, ont-elles créé des titres qui étaient voués à l’échec, afin d’augmenter leurs chances que les paris à la baisse pris contre leurs clients seraient un investissement rentable ? Certains de ces titres étaient tellement fragiles qu’ils ont perdu de l’argent quelques mois seulement après avoir été émis.

Pour être exhaustives, les enquêtes sur ces questions et d’autres, devraient remonter jusqu’au ministère du Trésor de l’administration Obama. L’un des émetteurs les plus déterminés de ces investissements discutables était une entreprise nommée Tricadia, dont la société mère a été supervisée par Lewis Sachs, qui est aujourd’hui conseiller principal auprès du Secrétaire au Trésor Timothy Geithner.

Ces pratiques déplaisantes et dangereuses, telles que celles d’entreprises qui parient contre leurs clients, doivent faire l’objet d’investigations approfondies. Elles ne prendront pas fin avant que le Congrès n’adopte d’ambitieuses réformes financières.

Editorial du New York Times, 28 décembre 2009

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