La planète économique dans la tourmente, la Finance dans l’incertitude, l’Europe dans l'angoisse, la locomotive américaine en panne et les PVD dans
l’expectative !
Les nouvelles sont mauvaises, particulièrement mauvaises. Incertitude, tourmente,
angoisse, crainte, méfiance, inquiétude et panique ébranlent le ressenti d’une large majorité d’économistes et financiers de par le monde.
Comment pourrait-il en être autrement ?
Spectre d’une crise bancaire mondiale, retour de l’hydre inflationniste, « hard landing » de l’économie américaine, renchérissement du prix de brut et des cours de matières premières, flambée des métaux précieux, probabilité d’une guerre des changes, voracité des fonds souverains faisant main basse sur la fine fleur des entreprises occidentales….
Enclenchée par des faillites de crédits hypothécaires Subprime, la crise bancaire n’en finit pas de révéler sa gravité rehaussée d’un cran suite aux déboires de Nothern Rock et de la Société Générale.
L’incroyable laxisme qui avait permis l’essor de la titrisation, les rachats d’entreprises par endettement ( LBO ), l’octroi des crédits aux personnes insolvables, l’endettement des ménages aux Etats-Unis, au Royaume Uni et ailleurs, les spéculations folles sur les places boursières, dans l’immobilier et le foncier, les stimulations monétaires par injection massive de liquidités dans le système bancaire, les baisses successives des taux directeurs….., cet ensemble d’«ingrédients » ne pourra probablement plus faire repartir la croissance.
Certes, les banques et les marchés financiers portent une lourde responsabilité dans cette crise. Néanmoins, les premiers responsables de cette situation sont les investisseurs eux-mêmes, souvent dépourvus du sens de jugement du risque et uniquement à l’affût de la moindre nouveauté pour des instruments financiers sans la moindre traçabilité. Ils sont davantage préoccupés par la plus value qu’à l’évolution du revenu de l’actif qu’ils achètent.
Quant aux financiers, censés prodiguer conseils et prudence, ils ont cette propension à raconter des « conneries ». Propension par ailleurs en diapason avec leur soif de l’argent facile et leur souci de leur richesse personnelle. Et leur « baratin » rabâché en permanence n’avait d’autre finalité que d’accélérer cette gigantesque arnaque.
Et Malcolm Knight, directeur de la Banque des Règlements Internationaux ( BRI ), qui croyait fermement dans ses prespectives
économiques, prédisait en août 2007 l'« âge d’or » de l’économie mondiale. Deux mois plus tard, les principales places boursières de la planète plongeaient dans une
violente tourmente évoquant des lendemains difficiles !
Mêmes les grandes agences de notation (Standard & Poor's, Moodys, Fitch Raiting et d'autres) croyaient que les affaires allaient continuer comme
précedemment. Oh! elles se sont lourdement trempées .
Elles, qui se sont vues conférerer un rôle de qusi-régulateur sur la base de la convention de Bâle II sur la régulation bancaire, se
sont 'bernées' dans l'évaluation des risques hypothécaires et des dettes de nombreuses organisations. Car, sans les notes favorables(AAA et BB+) octroyées , sans le dénoncement du
surendettement de certaines sociétés, sans les bonus accordés à Enron, à Parmalat et à d'autres entreprises qui ont connu par la suite une faillite retentissante, le monde de la Finance
serait peut-être mieux loti.
Mais depuis, la peur envahit la planète qui commence à guetter l’explosion…..
Une chose est cependant sûre : Le rétrécissement de l’octroi des crédits par les Banques et la contraction de la liquidité qui en résultera ne se fera pas sans accident. Ainsi va la vie des bulles et de leurs apprentis sorciers.
La flambée des prix pousse déjà les consommateurs à se serrer la ceinture. La vie est devenue chère et sera dans l’imminence, trop chère. Et le spectre de l’hyper inflation commence à ressurgir …. Et les prévisions d’une croissance soutenue se fanent.
La panne de la locomotive américaine qui représente25 à 30% de l’économie mondiale
entraînera celle du reste du monde : Le Subprime, la mécanique de recyclage des risques hors bilans bancaires, l’émergence du Sud et ses fonds souverains qui moissonnent les actifs et les
technologies du Nord, l’exacerbation des tensions autour des parités monétaires :Dollar, Yen, Yan et Euro, la course à l’accès à l’énergie, aux matières premières et aux denrées agricoles,
la dégradation de l’environnement ont ébranlé l’idée selon laquelle l’économie mondiale était garantie par les EU et provoqué des ruptures dans l’économie de la
planète.
A cela s’ajoutent sur le plan politique la chute du leadership américain et
l’effondrement de l’hyperpuissance de l’Oncle Sam à la suite des revers enregistrés en Afghanistan, en Iraq et ailleurs, de son impuissance face à l’Iran et du basculement des Etats de l’Amérique
Latine : Vénézuella, Bolivie, Equateur, Nicaragua, Argentine, Chili….
Et quant à l’idéologie néoconservatrice qui domine l’Amérique d’aujourd’hui, elle a mis en péril la poursuite du développement
dans une société ouverte, les libertés publiques et l’influence US dans le monde.
Eu égard à cette situation pessimiste, l’année 2008 devrait confirmer ces nouvelles tendances.
Le monde doit se préparer à affronter une conjoncture dégradée et l’enjeu déterminant demeure toutefois l’issue de la crise financière de l’été 2007 et ses prolongements avec la menace d’un choc systémique en cas de faillites en chaine.
L’époque de Bretton Woods est révolue. A présent les réformes s’avèrent nécessaires et devront passer par une thérapie de choc et non par une stratégie de contournement qui n’est plus adaptée à la dureté de ces temps de ruptures économiques.
Quant aux pays en voie de développement, dits PVD, hors jeu et sans influence sur la situation décrite, qu’ils sachent d’abord préserver leurs richesses naturelles, leurs terres agricoles, leurs entreprises les plus performantes. Qu’ils évitent au mieux de recourir à un endettement excessif, aux grands emprunts destinés aux infrastructures géantes et aux projets mirobolants qui ne rapporteront pas avant longtemps, sinon jamais. Qu’ils s’abstiennent d’ouvrir sans restriction leurs marchés pour ne point courir le risque d’un effondrement de leurs propres et fragiles tissus économiques.
Les pays du Nord, à la recherche de marchés vitaux pour leurs entreprises prônent à ces pays de s’ouvrir davantage aux investissements étrangers jusqu’à leur proposer des accords de libre-échange. Accords qui prônent « une compétition sur un terrain plat sans avantage déloyal ».
Mais quand le fort attaque le faible, même sur un terrain plat, la partie n’est-elle pas jouée d’avance ?
Medisma