Quand
les médiocres se retouvent investis d'énormes responsabilités
Cette ‘Force de l’intuition’ est du domaine spécialisé des neuro-sciences et de biologie des émotions.
L’étude de Gladwell, qui est un texte provocateur et divertissant, est susceptible de changer votre manière de penser et d’agir.
Il y livre, parmi nombre d’histoires, celle d’un certain Warren Harding qui deviendra Président des Etats-Unis de 1921 à 1923 :
Mais Warren Harding n’était pas particulièrement intelligent. Il aimait boire, adorait jouer au poker et au golf et surtout, il raffolait des femmes. Aussi, son appétit sexuel était-il légendaire.
A l’époque il exerçait en tant que rédacteur en chef d’un journal d’une petite ville de l’Ohio.
Une semaine plus tard, Harding remporta les élections sénatoriales pour lesquelles il avait fait campagne.
En 1914, alors âgé de 50 ans, et quoique sénateur, il ne se prononça ni sur la prohibition, ni sur le droit de vote des femmes. Deux thèmes qui occupaient l’opinion publique américaine et constituaient les deux questions essentielles de l’heure.
« Lorsqu’il atteignit la cinquantaine, écrit Francis Russel, biographe de Harding, ses larges épaules et son teint mat respiraient la santé. Ses sourcils noirs et brillants formaient un contraste saisissant avec ses cheveux gris acier, et l’ensemble dégageait une grande force. Vêtu d’une toge, il aurait été très convaincant dans un spectacle de Jules César. »
Harry Daughery s’arrangea en 1916 pour que Harding prononce un discours devant les membres du Parti républicain réunis en congrès en vue de l’élection présidentielle. Quatre années plus tard, exactement en 1920, sous l’insistance de son épouse Florence et les manigances de Daughery, Warren accepta à contrecoeur d’être candidat à la Maison Blanche.
« Un beau et grand président. »
Quelques mois plus tard, après avoir fait campagne depuis le balcon de sa résidence de Marion, le candidat Harding devint le président Harding.
‘ Harding dirigea les Etats-Unis pendant deux ans avant de mourir subitement d’un accident vasculaire cérébral. La plupart des historiens s’entendent pour dire qu’il fut l’un des pires présidents de l’histoire de ce pays’.
L’erreur Warren Harding illustre bien le côté sombre de la compréhension immédiate, dira Malcolm Gladwell. Elle est pour lui à l’origine de bien de préjugés. Elle permet de comprendre pourquoi il est difficile de choisir le bon candidat pour un poste et pourquoi - plus souvent qu’on ne veut bien l’admettre - des médiocres se retrouvent investis d’énormes responsabilités. Prendre le balayage superficiel au sérieux signifie qu’il faut accepter que l’intuition puisse parfois être plus efficace qu’une longue analyse. Mais cela suppose également qu’il faille reconnaître les situations où cette compréhension immédiate induit en erreur.
Certes, il n’est pas facile de vaincre les préjugés qui sont à l’origine des erreurs Warren Harding
car mêmes les délégués républicains n’imaginaient pas qu’ils se faisaient berner par la prestance d’un certain Warren Harding !