Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

le blog lintegral

actualités, économie et finance, nouvelle technologie, entrepreneuriat, histoire et colonisation...


AH ! CES SACRES MAROCAINS DE 1900......

Publié par medisma sur 3 Septembre 2006, 17:54pm

Catégories : #lintegral

 

                                                        

LES GRANDS TRAITS DE CARACTERE DES MAROCAINS
DU DEBUT DU SIECLE DERNIER

 

 

                                                         

 

 




Nous allons brosser pour le lecteur les grands traits de caractère de la population du pays en l'an 1900.
Pour ce faire, nous ferons appel à Paul Odinot. Un militaire français de formation, écrivain, qui s'est installé au Maroc au début du siècle où il s'est baigné dans le milieu musulman. Son mariage à une marocaine musulmane qui lui a donné six enfants et son métier des affaires 'indigènes' plus tard, l'ont mis tôt aux prises avec les passions du monde arabo-berbère. Il a essayé de comprendre le mécanisme de l'âme de ce peuple, pour brosser en fin de compte les principaux traits de caractère de cette population.
Ses interprétations, quoique contradictoires et parfois erronées, dégagent d'une façon imparfaite, une description collective d'un monde marocain particulièrement complexe. Avec un style personnel, des phrases incisives et une secrète sympathie, il peint le marocain avec une certaine sévérité, voire 'impartialité' comme il l'affirme : « je dirai le mal et je dirai le bien, et ce faisant, je me croirai encore l'ami des marocains. Ils ne peuvent m'en vouloir. S'ils sont comme je dis, la vérité ne peut blesser et ils me remercieront de les aider à se connaître :
Le marocain, en un peu de mots, je lui attribuerai de l'orgueil et de la platitude, de la susceptibilité et de la patience, de l'ignorance et de l'intelligence, du courage, de l'endurance et aussi de la lâcheté, de l'apathie, de la pudeur et de l'impudeur.
Il est intéressé, aime l'argent et donnant parfois pour le service de Dieu tout ce qu'il possède. Menteur par tempérament, par obligation. Voleur par goût, par nécessité, par avidité ; chicaneur, batailleur, plus coléreux que brave....Je ne dirai pas charitable et hospitalier. Je dirai tout simplement qu'il craint Dieu, s'adonne au culte des saints, mais néglige souvent les prescriptions coraniques....
Et notre narrateur de fournir quelques explications :
....Le marocain est orgueilleux. Le plus pauvre, le plus misérable exige de la part de ses amis, de ses voisins, des témoignages de respect auxquels il croit avoir droit....Et dans mille circonstances de la vie, j'ai vu des marocains jaloux des préséances, même dans un village, et se froissant d'un manque d 'égard.
Le marocain est-il brave ? Oui, dira-t-on, il va au combat avec impétuosité, sans penser à la mort....Non, répondrai-je, ce courage n'est que colère, goût d'homme chicaneur et batailleur.... Certes, comme partout, il y a des exceptions....
Le marocain aime l'argent. Qu'il augmente son cheptel ou son pécule, il s'en réjouit et défend âprement son avoir. Un des plus amusants spectacles, est d'observer la physionomie de l'indigène quand il reçoit de l'argent et son rictus quand il en donne. L'argent est vraiment un morceau de sa chair ; il n'est rien que le marocain ne sacrifie pour conserver sa fortune....
L'homme ne confie à personne la cachette où il met son trésor, et s'il meurt subitement l'argent est perdu. Mais si un homme tombe malade, vite ses héritiers lui amène un fkih et des témoins et le contraignent à dire quelles sont les gens à qui il a prêté, ce qu'il possède en association avec ses amis ; l'homme impressionné comprend qu'il va mourir et cependant il hésite et c'est une lutte tragique entre le moribond et ses parents....
Les marocains sont aussi les maîtres dans l'art de mentir. Je me suis souvent demandé si leur mensonge était le résultat d'une réflexion préliminaire ou s'il sortait tout naturellement de leur esprit. A peine s'ils hésitent. Cependant quand on les interroge, ils prétendent avoir mal entendu, n'avoir pas compris, ils font répéter et gagnent ainsi du temps.
Deuxième procédé, ils ne répondent pas à la question, ce qui déroute leur questionneur et leur donne du temps.
Troisième procédé, ils ne répondent pas.
Quatrième, ils nient.
Cinquième, ils sourient et disent : Toi tu sais tout !
Sixième, ils jurent qu'ils sont incapables du forfait dont on les accuse (ce qui, pour eux, ne veut pas dire qu'ils ne l'ont pas commis).
Septième, ils jettent le soupçon sur un autre.
Huitième. Mais je n'en finirai pas, leurs ressources sont inépuisables.
Tout homme, tout enfant, si borné qu'il soit, sait mentir habilement et, point capital, ils se contredisent rarement ; mais si on les surprend en flagrant délit de contradiction, ils disent : 'je n'ai pas dit cela, tu as mal entendu'....
Ainsi qui peut savoir quand il dit la vérité et quand il ment ? Y-a-t-il un indice qui permette de juger de la valeur d'une assertion ? Peut-être, quand il est séduit par une promesse, effrayé d'une menace, poussé par la colère ou le désir d' une vengeance, il laisse filtré quelques bribes de vérité, mais il ne dit jamais tout.
Est-il hospitalier ? Sans remords, je réponds non. Certes, les marocains savent recevoir, ils savent sourire, ils savent mettre à l'aise leurs hôtes et oublier leurs soucis pour que leur mauvaise humeur n'inquiète pas les invités. Mais il faut songer que ces invitations sont prononcées le plus souvent par intérêt ou par orgueil.... C'est pour solliciter ultérieurement un service ou pour acquérir la réputation d'être aimable, hospitalier, important ; cette considération a un prix pour lui....J'ajouterai que le marocain fait la charité, surtout par crainte de Dieu....
D'ailleurs les mendiants sont trop nombreux et les portes des villes sont assiégées sans répit d'aveugles, d'estropiés, d'orphelins, de porteurs d'encens, de joueurs de tambourins, de chorfas derrière leur bannière qui demandent l'aumône....
La pudeur et l'impudeur ?
Pour bien comprendre la mentalité du marocain, il faut le voir à deux moments : d'abord quand il salue son ami, ils se baisent la tête, l'épaule, se font des compliments, échangent des formules de politesse pendant deux minutes. Puis la discussion s'aigrit, s'envenime. Alors, Adieu la politesse et les baisers ; les mots malséants arrivent rapidement et les injures s'entrecroisent. Les pires grossièretés éclatent ; l'insulte ne ménage rien, ni les parents, ni les enfants. Et il en est ainsi dans toutes les relations entre eux....
Politesse extérieure apparente, coutumes consacrées par l'usage et intangibles, tout cela recouvre souvent la grossièreté, la brutalité....
En outre, les marocains sont des sensibles, des hyper- sensibles....Un rien les froisse, un rien les émeut. Les larmes leur montent aux yeux, sans qu'ils puissent les retenir, parce qu'on évoque devant eux un souvenir, parce qu'on touche la corde sensible, jamais enfouie profondément sous leur écorce rude, sous leur impassibilité apparente....Il faut craindre l'agitateur qui saura les émouvoir, les troubler.
La timidité est la véritable cause de leur pudeur. Si l'on parle d'une femme, d'un âne ou d'un être impur, d'une chose grossière, il faut ajouter, sauf votre respect ( Hachak ).
De même, le marocain est généralement imprécis et indécis. Il compte toujours sur l'aide de Dieu pour dénouer favorablement les difficultés, les différents, et si cette aide ne vient pas, il est désemparé.
Pour finir avec les défauts des marocains que j'ai jugés, je crois, sans faiblesse, je dirai qu'il est maladroit de ses mains. Bien qu'il y ait au Maroc d'habiles artisans, ils sont l'exception, et ils ne sont guère aptes qu'à leur métier, dans une routine sacrée....
Cependant, je ne crois pas impossible de voir le Maroc se transformer en un nouveau Japon ; mais je ne fais que peindre une époque....
Quoi qu'on dise, ils sont travailleurs ; ce qui a fait croire qu'ils étaient paresseux, c'est qu'ils ne s'agitent pas inutilement : je ne puis appeler paresseux des gens qui labourent depuis quatre heures du matin jusqu'à quatre heures du soir....des gens qui font dix lieues pour vendre une douzaine d'œufs, des gens qui vont couper des arbres d'un mètre de diamètre pour s'y tailler un plat à couscous....
Et l'esprit démocratique apparaît au Maroc plus nettement qu'ailleurs car ils aiment cette indépendance, cette égalité des sociétés à vie patriarcale. Et même chez les citadins et dans les tribus, il reste une grande liberté entre le puissant et le faible : Les chorfas, si vénérés, vivent prés des gens du commun.... En un mot, il n'y a pas de castes.
Les marocains ont aussi le sens du comique et celui de l'imitation : D'ailleurs, chaque caid a ses bouffons ; chaque village a ses conteurs, ses diseurs de plaisanteries et ses farceurs.... ».
Je suis impartial disais-je, et je veux l'être, confirme Odinot au terme de sa description : Si les marocains sont comme je dis, la vérité ne peut les blesser et ils me remercieront encore une fois de les aider à s'épurer de leurs scories, de les aider à devenir des hommes sincères et à abandonner cette duplicité qui, dans leur société est la tare principale.

Medisma

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents